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Ludwine Probst : Apprendre la culture digitale pour faire tomber les barrières !

Ludwine Probst 7 Jan 2015

Nouveau langage peu accessible, représentations sociales sexistes, conservatisme vis-à-vis du numérique… : ils sont encore trop nombreux, les obstacles qui empêchent une étudiante en mathématiques d’être une révolutionnaire ! Loin de décourager Ludwine Probst, prix Excellencia 2014, ces défis l’ont au contraire encouragée à mener une vie professionnelle et associative engagée : la jeune femme milite pour que le langage de la révolution digitale soit accessible à toutes et tous. Rencontre.

 

En 2010, Ludwine Probst, master de mathématiques sans aucune expérience dans l’informatique, se voit proposer un poste dans une entreprise digitale. Au lieu de se laisser intimider par la difficulté, la jeune femme examine le problème pour y trouver des solutions :

« On a souvent tendance à dire que Google est notre pire ennemi… mais quand on lui pose de bonnes questions, il nous fournit des réponses géniales ! »

Ludwine Probst de découvrir les « MOOC », ces cours en ligne gratuits tels qu’Openclassrooms ou Coursera, où l’on apprend le langage de demain : le code informatique.

 

Le code ? Aussi accessible que l’anglais !

Apprendre tout seul, n’est-ce pas trop difficile ? Ludwine Probst souligne, au contraire, combien l’entraide et le partage, des valeurs récurrentes de la culture numérique, sont présents sur les forums des cours en ligne et ont contribué à sa progression. Pour la jeune femme, cet enseignement est formellement très proche de l’apprentissage d’une langue étrangère :

« L’informatique est ouverte à tout le monde ! Bien sûr il y a des affinités mais c’est aussi accessible que d’apprendre une autre langue. Une fois qu’on connaît les bases, comme la syntaxe ou le vocabulaire, on peut faire énormément de choses ».

Les équipements à l’école sont-ils à la hauteur de la promesse ? Pas toujours, mais le problème peut être contourné par la mise en place progressive d’outils informatisés adaptés :

« Appréhender l’informatique et le code avec une feuille et un crayon est un premier pas, et disposer ensuite d’un écran permet de découvrir d’autres choses, comme la création de pages web. »

L’enjeu n’est pas l’outil, c’est de découvrir une autre façon de former l’esprit et de résoudre les problèmes : « une nouvelle arme » indispensable, soutient la jeune femme. Mais dans un milieu souvent très homogène, aménager des conditions d’éducation valables aussi bien pour les enfants que pour les seniors est un problème d’une taille bien plus imposante, auquel nul moteur de recherche ne fournit de solution. Ludwine Probst décide alors de se saisir de ce combat.

 

Partager ses connaissances, « c’est surtout ça qui peut faire tomber les barrières »

A la tête de Duchess France, Ludwine Probst décide de mettre en avant des « rôles – modèles » féminins pour changer la donne. Cette association met ainsi en relation les femmes de l’IT, afin de leur donner plus de visibilité et les inciter à prendre la parole lors de conférences.

 

« Peu de femmes sont présentes actuellement dans les milieux techniques de l’informatique et elles se retrouvent souvent isolées », expliquait-elle lors de la remise de son prix Excellencia, visant à promouvoir les femmes des milieux high-tech. « Il y a encore aujourd’hui pas mal de blocages », nous confie-t-elle ensuite. Tout en réaffirmant sa foi de digital maker :

« Quelqu’un qui est déjà dans le digital et partage ses connaissances promeut le milieu, c’est surtout ça qui peut faire tomber les barrières. Aujourd’hui, les femmes n’osent pas se projeter dans le milieu informatique pour de mauvaises raisons, et c’est seulement en cassant certains préjugés qu’on pourra le combattre. »

Casser les préjugés, donner un éclairage nouveau sur le numérique et porter une société plus juste : le digital maker n’est pas seulement un révolutionnaire du verbe, il milite en actes pour que le changement profite à tous. Avec vous ?

 

Crédits photo : A computer class at a rural secondary school in La Ceja del Tambo par World Bank Photo Collection (Flickr, Licence CC by 2.0)

Vous aussi prenez la parole et partagez avec nous votre histoire de Digital Maker !