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#Santé : Daniel Gautheret – La bio-informatique, véritable mutation du métier de chercheur

Econocom 23 Déc 2015

Daniel Gautheret est le directeur de la plateforme de bio-informatique de Gustave Roussy (IGR), le premier centre de lutte contre le cancer en Europe. Sa mission ? Développer des outils à l’attention de la recherche fondamentale et clinique. Son équipe intervient par exemple dans ICE (Interpretation of Clinical Exome), un projet collaboratif qui vise à élaborer un logiciel scientifique d’assistance à l’interprétation des données de séquençage génomique pour améliorer le diagnostic des patients atteints d’un cancer et leur proposer des traitements plus ciblés et mieux adaptés.

 

Comment travaillent les bio-informaticiens de Gustave Roussy ? Le big data est-il devenu une technologie indispensable pour la recherche contre le cancer ?  Comment assurer la sécurité des données des patients ? Daniel Gautheret a répondu à nos questions.

 

 

Toujours plus de données… et de bio-informaticiens

 

En quoi consiste votre activité ?

 

A Gustave Roussy, nous développons des programmes permettant de caractériser les altérations génomiques des patients. Nous travaillons notamment sur le projet ICE, centré sur la réalisation d’un logiciel d’analyse de données génomiques pour la cancérologie. A l’heure actuelle, le logiciel final n’est pas encore déployé auprès des patients : il sera disponible mi-2016. Certaines de ses briques sont cependant déjà utilisées dans des essais cliniques traités à Gustave Roussy.

 

La plateforme de bio-informatique de Gustave Roussy existe depuis 4 ans. Nous sommes huit en tout, ingénieurs et docteurs en bio-informatique. Les outils que nous réalisons reposent beaucoup sur des programmes open source conçus dans différents centres de recherche à travers le monde. Notre rôle consiste à réaliser des chaînes de traitement, c’est-à-dire des pipelines permettant d’enchaîner ces différents programmes de façon optimisée pour répondre aux besoins des cliniciens et des chercheurs de Gustave Roussy. Autrement dit, nous développons des interfaces qui permettent d’utiliser ces programmes de façon simple et conviviale.

 

Le séquençage de génome double ses capacités chaque année : les ordinateurs doivent donc pouvoir multiplier leur potentiel et leur puissance de stockage à peu près tous les ans. Il faut aussi que les logiciels puissent continuer à traiter des données dans un temps raisonnable.

 

« C’est une course-poursuite permanente après le volume de données… Les bio-informaticiens doivent s’adapter à cette augmentation incessante. » 

 

 

Une communauté active, ouverte… et en veille constante

Qui sont les autres acteurs de cet écosystème ? Comment collaborez-vous avec eux ?

 

La bio-informatique est une communauté très ouverte où les informations circulent assez facilement. Des rencontres sont régulièrement proposées pour que les bio-informaticiens de différents organismes puissent collaborer. L’Institut National du Cancer (INCA) organise par exemple des réunions qui permettent de partager des bonnes pratiques et de développer ensemble des réponses aux besoins des différents hôpitaux. La Cancéropôle d’Île-de-France met également en place des séminaires qui nous donnent la possibilité de travailler avec plusieurs centres anti-cancer, tandis que l’Institut Français de Bio-informatique (IBF) nous permet de d’échanger des outils.

 

Le projet ICE est un cas particulier puisque nous collaborons avec des industriels qui veulent, à terme, développer un outil commercial.

 

« La bio-informatique est un domaine très proche de la recherche : il évolue très vite, si bien que nous avons du mal à nous arrêter sur un outil, le fixer et le commercialiser. Lorsque nous prenons le temps de développer une version commercialisable, entre-temps plein de nouveautés apparaissent… Ça nous oblige à rester en veille permanente. »

 

 

Aider les medecins à prendre les meilleurs décisions possibles

 

Vous travaillez avec des volumes de données considérables : les technologies big data sont-elles les outils privilégiés du bio-informaticien ?

 

Nous faisons bien sûr du big data puisque nos volumes de calcul sont importants. Nous utilisons également des techniques d’apprentissage pour rechercher de nouveaux gènes impliqués dans le cancer ou, lorsqu’on a identifié des mutations, rechercher à quelles pathologies elles ont déjà été associées. Cela dit, si nous recourons à des technologies big data assez régulièrement, ce n’est pas non plus systématique. Certaines parties de nos logiciels sont juste de l’interface ou du traitement de données de séquence de génome.

 

Et du côté des professionnels de santé ? Les médecins s’appuieront-ils bientôt tous sur le big data pour réaliser leurs diagnostics ?

 

Pas forcément. Ce qu’il faut surtout, c’est que les médecins comprennent ce que leur apporte le big data et ça, ce n’est pas inclus dans leur formation médicale.

 

« Nos outils apportent des informations très fines sur les caractéristiques de la tumeur d’un patient : tous les médecins ne sont pas encore formés à les interpréter et à les utiliser comme une aide décisionnelle. »

 

Le travail du bio-informaticien, c’est de fournir au médecin un rapport final qui soit lisible, interprétable et actionnable pour qu’il puisse prendre des décisions en étant le mieux informé possible.

 

Rencontrez-vous parfois des réticences du côté des médecins ?

 

Nous sommes encore dans un cas de recherche clinique et non pas de traitement au quotidien des patients. Nous travaillons avec des médecins qui sont impliqués dans les essais et sont donc demandeurs de ces données. Mais, bientôt, tous les patients et donc tous les médecins seront amenés à prendre des décisions sur la base des données issues des plateformes de bio-informatique. D’ailleurs, ce n’est pas réservé à la cancérologie, la génétique familiale se développe énormément et concerne un grand nombre de maladies : là aussi il y a du big data et donc, des besoins de formation des médecins.

 

 

Une urgence : la question du partage des données

Comment assurez-vous la sécurité et la confidentialité des données avec lesquelles vous travaillez ?

 

Nous n’utilisons pas le cloud : à l’heure actuelle, il n’existe pas en France de centre qui soit à la fois accrédité pour l’hébergement de données médicales et suffisamment dimensionné pour nous. Pour l’instant, nos données sont hébergées dans notre propre data center. Nous faisons nos calculs sur des serveurs installées localement. Nous avons notamment reçu une grosse donation de Dell pour une grappe de calcul très puissante, qu’on utilise pour analyser des données de patients.

 

Autre problématique : la question du partage. Si on veut faire du « vrai » big data, il faut pouvoir confronter les résultats des patients de plusieurs centres, de façon à avoir des plus grandes quantités de données possibles. Cela permet de faire des statistiques de meilleure qualité et d’identifier des évènements rares, impossibles à voir sur un petit nombre de patients.

 

« La vraie valeur du big data vient quand on peut accumuler un grand nombre de patients de différents centres et faire des analyses assez rapides. »

 

Pour l’instant, aucun cadre légal d’accord n’a été signé. C’est en cours de discussion en France et à l’étranger. Plusieurs questions se posent : quelles données partager ? A quel format ?  Par quels moyens ? Nous utilisons des données anonymisées mais le niveau d’information que les centres peuvent partager est néanmoins à discuter…. Et nous espérons que ça va venir rapidement car c’est en partageant des données que l’on peut faire de la recherche.

 

La recherche va-t-elle désormais nécessairement passer par la bio-informatique ?

 

La biologie est en train de devenir une science quantitative.  Il y a de plus en plus de bio-informaticiens dans les laboratoires biomédicaux et les plateformes vont certainement grandir… C’est une véritable mutation du métier de chercheur en santé !

 

 

 ==> Découvrez d’autres portraits de digital makers du secteur de la santé :

– Chambre domotisée à l’hôpital de Falaise : décryptage d’un projet innovant !

– A l’hôpital Saint-Joseph, moins d’attente aux urgences grâce à l’informatique décisionnelle !

– Olivier de Fresnoye – Quand l’open innovation fait avancer la recherche contre le cancer

– Raphaël Mastier, Microsoft France : Le secteur hospitalier doit industrialiser sa modernisation numérique

 

 

Crédit photo : flowcomm / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

#Transfodigitale : des collaborateurs mieux équipés… mais encore des efforts à faire !

Econocom 21 Oct 2015

La mobilité est entrée dans l’entreprise : les salariés sont de plus en plus nombreux à disposer d’un smartphone ou d’une tablette fournis par l’entreprise… C’est en tout cas ce qu’indiquent les résultats du baromètre des pratiques digitales des entreprises. Pour la réalisation de cette enquête inédite, publiée par Econocom, SIA Partners et l’Ifop, 400 décideurs appartenant à 330 grandes entreprises ont été interrogés. Parmi les grands axes étudiés, l’expérience collaborateur. Le point sur les résultats !

 

 

Des collaborateurs toujours mieux équipés

 

L’équipement mobile est devenu une norme, du moins en haut de l’échelle hiérarchique (96% des top managers et 87% des managers équipés) et chez les forces de vente (85%)… Près d’une entreprise de plus de 500 collaborateurs sur 3 a choisi d’équiper l’ensemble de ses collaborateurs d’un terminal mobile, smartphone ou tablette.

 

Dans deux tiers des entreprises, ces équipements permettent d’accéder à des applications internes ou outils métier. C’est par exemple le cas à La Poste où Facteo, le smartphone qui est en train d’être distribué aux 85 000 facteurs du groupe, est un véritable couteau-suisse digital. Outre la téléphonie et les accès Internet et intranet, il leur permet d’accéder à un store d’entreprise dans lequel ils peuvent trouver plusieurs applications métier. Si le déploiement de cet équipement, d’une ampleur colossale, a posé quelques difficultés techniques – liées aussi bien à des questions matérielles comme la durée de la batterie qu’à la création de la liaison avec les applications historiques du groupe – il est néanmoins envisagé comme une véritable opportunité de croissance, permettant de développer de nouveaux services.

 

Dans les enseignes de la marque de parfumerie l’Occitane, ce sont des tablettes qui ont été mises entre les mains des vendeurs. Objectif : faciliter leur travail et offrir aux clients une expérience enrichie grâce à une application d’aide à la vente développée en interne.

 

A l’heure où les clients demandent toujours plus de digital – en 2017, les canaux digitaux devraient avoir supplanté le téléphone en matière de relation client – l’interaction avec les clients n’est cependant possible que dans 56% des cas. Elle est surtout développée dans les entreprises ayant une clientèle B2B ou mixte :

Transformation digitale et expérience collaborateur

Des outils pratiques et à la pointe !

Dans l’ensemble, la perception de ces outils digitaux est plutôt positive puisqu’ils sont jugés pratiques et faciles d’utilisation dans plus de 60% des cas. 61% des répondants les considèrent même à la pointe de l’innovation !

 

A la Société Générale, Françoise Mercadal-Delasalles a en tête une idée bien précise : fournir aux collaborateurs les équipements qui leur permettront d’inventer la banque de demain. Pour cela, la Directrice des Ressources et de l’Innovation a accéléré la mue numérique du groupe. Premier volet : remettre des tablettes aux collaborateurs et déployer le WiFi dans la plupart des implantations pour permettre leur utilisation. Mais le plan de transformation ne s’arrête pas aux terminaux. La SoGé mise sur des outils collaboratifs, des moocs et un réseau social d’entreprise pour décloisonner les échanges et favoriser le partage. Pour ces différents chantiers, Françoise Mercadal-Delasalles n’hésite pas à s’inspirer de l’écosystème :

« Il faut apprendre des Gafa qui ont réussi, d’une manière extrêmement intelligente à créer des relations quotidiennes, voire multiquotidiennes avec leurs clients […]. Il faut également apprendre des start-ups, de leur hyper-agilité, afin de garder, précisément, un esprit de start-up dans une entreprise qui a 150 ans et qui compte 150 000 collaborateurs. »

 

Chez le géant du CAC 40 Pernod Ricard, le digital s’insère dans tous les projets, comme nous l’expliquait début octobre Antonia McCahon, CDO du groupe :

« Le digital est vraiment intégré dans tout ce qu’on fait et dans toutes les équipes ‘’traditionnelles’’. Pour nous, c’est vraiment très important : nous avons constaté que cela contribuait à casser les silos et que les gens avaient moins peur de tout ce qui était digital. Avant, ils voyaient ces acronymes et ces mots inconnus, avec lesquels ils n’étaient pas très à l’aise et pour eux, c’était un monde un peu mystérieux. Mais, à partir du moment où ils travaillent sur des projets liés au digital, qu’ils utilisent beaucoup le mobile, les réseaux sociaux…  Bref, à partir du moment où ils vivent le digital, tout devient plus facile. »

 

Si la moitié des entreprises de plus de 500 collaborateurs ont mis en place des formations au digital – sur les outils, les pratiques ou les enjeux –, seules 15% à 20% les destinent à l’ensemble des collaborateurs. Ce sont dans les secteurs de la banque et de l’assurance que les entreprises sont les plus actives, puisque les 3/4 d’entre elles ont mis en place des formations. Là aussi les cadres dirigeants et managers (34%) et les commerciaux (29%) sont les collaborateurs les plus concernés.

 

Patrick Hoffstetter, CDO du groupe Renault, préconise pourtant d’embarquer l’ensemble des salariés dans la transformation numérique et de faire de la digitalisation un véritable projet transversal :

« Ce que nous voyons, quels que soient les entreprises et les secteurs d’activité, c’est l’importance du “change management’’, c’est-à-dire, au-delà de la seule pédagogie, faire que les habitudes quotidiennes changent, et que, de la direction générale jusqu’à l’employé lambda, tout le monde s’imprègne de cette culture digitale… Ce n’est pas simple car, dans le digital, il y a une toute une dimension qui peut être perçue comme très anxiogène, une dimension de rupture, de vitesse inhabituelle créant le sentiment d’être toujours dépassé par les évènements. »

 

Une transformation orientée collaborateurs… et clients !

Transformation numérique orientée clients et collaborateurs 

La transformation digitale de l’expérience client et celle de l’expérience collaborateur sont deux chantiers que les entreprises mènent souvent en parallèle : la majorité d’entre elles estime que leurs efforts sont autant orientés vers les employés que vers les clients.

 

>>> A lire aussi : Transformation digitale de l’expérience client : des entreprises encore timides ! <<<

 

Comme la réinvention de l’expérience client, la digitalisation de l’expérience collaborateur est un enjeu essentiel puisqu’elle permet à la fois de booster l’efficacité opérationnelle de l’entreprise mais également d’innover en matière de management de manière à briser les silos, faciliter la collaboration et promouvoir l’intelligence collective. En effet, la transformation de l’expérience collaborateur va souvent au-delà du seul déploiement de nouvelles technologies et implique une véritable réflexion sur les processus, les compétences, la culture et même le business model de l’entreprise. La construction d’une véritable culture digitale en interne permet aux entreprises de gagner en productivité et d’engager toujours davantage les collaborateurs. Des bénéfices bien réels, donc, en faveur d’une transformation qui doit se faire… NOW !

 

 

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Le Baromètre des pratiques digitales 2015 Sia Partners – Econocom – Ifop

#Transfonum : quel « digital player » votre entreprise est-elle ?

Quelle gouvernance pour la #transfonum ?

 

Transformation digitale de l’expérience client : des entreprises encore timides !

Econocom 19 Oct 2015

Econocom, SIA Partners et l’Ifop ont publié récemment leur baromètre des pratiques digitales 2015. Objectif ? Réaliser un état des lieux de l’avancée de la transformation numérique dans les grandes entreprises. Pour cela, plus de 400 décideurs, représentants les fonctions clés de 330 entreprises de plus de 500 salariés, ont été interrogés.

L’un des 4 axes de cette étude – et axe majeur de la transformation numérique – porte sur l’expérience client. Personnalisation du parcours, cross canal, Big Data… Les résultats du baromètre permettent de mettre des chiffres sur ces sujets dont tout le monde parle et qui, pour les entreprises, sont des moteurs de développement cruciaux.

A l’heure où la concurrence est toujours plus intense, le digital est essentiel pour capter et fidéliser des clients pressés, exigeants et de plus en plus sollicités. Si certaines entreprises sont déjà bien avancées sur le sujet, d’autres restent encore en retrait… et prennent le risque de se faire distancer.

 

 

Les entreprises sont présentes sur Internet… Mais initient peu les échanges

Si la quasi-totalité des grandes entreprises (97%) sont présentes sur l’Internet fixe, seules 2/3 d’entre elles le sont également sur mobile. Lors du dernier salon ROOMn, le Directeur associé de McKinsey partageait pourtant une donnée qui pourrait convaincre le tiers restant de passer à la mobilité numérique :

« Le résultat opérationnel des entreprises qui ont réussi leur virage mobile est supérieur de 40% à celui des entreprises qui ne l’ont pas encore initié ou finalisé. »

 

>>> A lire aussi : Relation clients : du digital, sinon rien <<<

 

Côté réseaux sociaux, c’est Facebook qui l’emporte : 3/4 des entreprises sont sur au moins un réseau social et, pour 57%, il s’agit de celui de Mark Zuckerberg. Globalement, les entreprises ayant une clientèle B2C ou mixant le B2C et le B2B sont les plus présentes.

Néanmoins, seules 2 entreprises sur 10 ont pris l’initiative de créer des communautés de clients en ligne… Et un quart des entreprises ayant une communauté ne semble pas vraiment l’animer ou la solliciter. Nous sommes donc encore loin de l’exemple de la Sécurité sociale belge, où les salariés sont encouragés à communiquer sur les réseaux sociaux et où la politique de publication est plutôt surprenante pour une institution publique. Frank Van Massenhove, l’homme qui a fait entrer la Sécu belge dans l’ère digitale, la décrivait en ces termes :

« Nous avons une règle toute simple : toujours dire la vérité. Et si la vérité n’est pas flatteuse, ce n’est pas grave : si c’est la vérité, les salariés peuvent la dire. »

Nos entreprises et institutions ne sont cependant pas toutes à la traîne : nous vous parlions en septembre du plan d’action du Pôle emploi. Au programme : encouragement de l’usage des canaux digitaux avec notamment la mise en place de salon virtuels…. et d’ateliers destinés à faciliter la maîtrise de ces outils numériques.

 

 

Le digital a passé la porte  de 60% des points de vente

 

Et concernant l’expérience en magasin ? Plus de 60% des entreprises possédant des points de vente y offrent une expérience digitale, via l’accès à des écrans tactiles (44%), la géolocalisation en interne (24%) – grâce à des beacons, par exemple – ou le paiement par smartphone (14%).

Si certaines entreprises ont du mal à suivre les innovations technologiques, toujours plus rapides, d’autres ont su se mettre au diapason. C’est le cas par exemple d’Optic 2000 qui, grâce à un partenariat avec la start-up Step-in a mis en place un dispositif alliant balises ultrason et application mobile-to-store pour géolocaliser ses clients et leur offrir des cadeaux pour récompenser leur entrée dans les magasins de la chaine. Chez Carrefour, ce sont les LEDs qui illuminent le parcours client et permettent à l’enseigne de rendre l’expérience en magasin plus interactive et personnalisée. La marque de chaussons de danse Repetto, elle, a choisi de digitaliser ses vitrines avec un dispositif qui déclenche des petites scènes vidéo grâce à la technologie Kinect. Mais le champion toutes catégories reste Miliboo. L’ancien pure-player, spécialisé dans la vente de meubles sur Internet, inaugurait en octobre 2014 une boutique hyperconnectée dans laquelle écrans tactiles, cartes NFC et lunettes 3D permettent aux clients de vivre une expérience unique.

 

Miliboo : kiosques

Kiosques tactiles au sein de la boutique Miliboo

 

Le big data émerge difficilement…

Le cross canal – le fait, par exemple, de commencer un achat sur un site mobile pour le terminer en magasin – n’est rendu possible que par 34% des entreprises. Et, alors que la moitié des entreprises accèdent à des informations clients en temps réel, seules 45 % d’entre elles sont capables de créer de nouvelles offres ou des offres sur mesure en temps quasi réel. La « vision client » se généralise cependant puisque 78% des entreprises utilisent ces données pour affiner la segmentation client et 58% pour évaluer leur rentabilité.

 

Big data dans les grandes entreprises

 

Une grande entreprise sur 2 effectue des exercices de prédiction de comportements clients, notamment dans le secteur du commerce (56%). L’utilisation de données « massives » issues de tous les canaux – le big data – reste finalement assez marginale (17%).

Pourtant, nous savons qu’aujourd’hui le machine learning n’est plus de la science-fiction : les algorithmes sont capables d’apprendre… et de rendre de grands services aux entreprises ! Si ces usages les plus courants se font dans le secteur de l’e-commerce (analyse prédictive d’un panier d’achat, cross-selling, recommandations, estimations des frais de port…), il peut aussi permettre de détecter certaines fraudes à la carte bancaire ou même de déterminer si un lancement produit sera un succès ou un échec. A l’hôpital Saint-Joseph, des outils de business intelligence permettent même d’optimiser le temps d’attente aux urgences et le taux d’occupation des lits.

 

>>> A lire aussi : Big Data pour Big PME : mode d’emploi <<<

 

Dans tous les cas, la sécurité des données récoltées est prise très au sérieux, puisque 81% des entreprises ont instauré une charte de protection des données. Il faut dire que l’enjeu est majeur… et menaçant. L’an dernier déjà, Stanislas de Maupou, directeur conseil en cyber-sécurité chez Thalès, chargé notamment de suivre les centrales nucléaires françaises expliquait l’ampleur de la tâche :

« Chez un de nos grands clients, nous collectons plus de quatre milliards d’événements de sécurité par jour. Nous en tirons cinquante alertes incidents quotidiennement. »

Pas étonnant donc que, pour les grandes entreprises, la sécurité soit – avec les problématiques de budget – l’un des freins majeurs à la digitalisation. Un obstacle que les profils les plus « conquérants » ont cependant su surmonter pour mener de front leur transformation digitale.

 

Pour proposer une expérience client personnalisée, fluide et optimisée, il faut savoir être à l’écoute des besoins, déceler l’insatisfaction, trouver des leviers d’amélioration et ne pas avoir peur d’innover (quitte à, parfois, se tromper !). Souvent, cela nécessite de repenser complètement la culture de l’entreprise pour davantage l’orienter sur l’expérience client.

La mutation est complexe puisqu’elle exige des efforts convergeant d’évolution des process et modes de gestion, voire une refonte du business model… Elle est cependant indispensable pour conquérir de nouveaux segments et se différencier face à des concurrents toujours plus rapides… Pas de doute, le digital pour l’expérience client, c’est NOW !

 

 

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#Transfonum : quel « digital player » votre entreprise est-elle ?

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Quelle gouvernance pour la #transfonum ?

Econocom 14 Oct 2015

Le digital est-il une fonction personnalisée dans votre entreprise ? C’est l’une des questions qui a été posée à plus de 400 décideurs de 330 grandes entreprises françaises. Le résultat est encourageant : dans 4 entreprises sur 10, la fonction est incarnée par un responsable digital, un CDO ou un data manager. Un fait loin d’être anecdotique : la mise en place de ce type de postes, surtout s’il est rattaché au Comex, a un impact fort sur l’avancement de la transformation digitale.

 

Econocom, SIA Partners et l’Ifop ont récemment publié leur Baromètre des Pratiques Digitales 2015. Cette étude d’une ampleur exceptionnelle a permis de mesurer l’agilité digitale des grandes entreprises à travers quatre grands axes d’analyse : l’expérience client, l’expérience collaborateur, la gouvernance et les relations avec l’écosystème.

 

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Transformation numérique et création de nouveaux postes

Le digital est incarné par un CDO dans 40% des entreprises

Quatre grandes entreprises sur 10 ont déjà mis en place une fonction directement liée au digital (CDO, responsable digital, data manager…). Dans le secteur du service, ce pourcentage est encore plus important (50%). La fonction est souvent rattachée à l’IT (42%) ou à la direction marketing (39%) et, dans une moindre mesure, à la DRH (13%).

La moitié de ces responsables du digital sont membres du Comex de l’entreprise et 20% reportent directement à un membre du Comex : au total, dans 28% des grandes entreprises, le digital s’incarne dans un membre du Comex ou dans une fonction qui y est rattachée.

Pourtant, l’implication du Comex n’est jugée très forte que dans 16% des entreprises. Si les entreprises du CAC 40 ne se distinguent pas particulièrement (14%), l’implication du Comex est particulièrement développée dans le secteur des services : 30% d’implication jugée « très forte » et 63% de « forte » implication.

Dans tous les cas, l’implication du Comex et la mise en place d’un responsable digital, surtout s’il est rattaché au comité exécutif, ont un impact clair sur tous les axes de la transformation digitale :

CDO et implication du Comex = impact sur la #transfonum

 

Les fonctions tournées client sont les plus avancées

Quand on demande aux décideurs quels sont les domaines qui ont pu être transformés grâce au digital, les plus cités sont la communication et publicité (78%), le marketing (75%), le service client (75%) et le commerce (75%). Les process liés aux fonctions régaliennes et aux fonctions de support – ressources humaines et logistique – sont cependant cités par plus d’une entreprises sur deux.

Côté veille, 3/4 des entreprises ont mis en place une veille active autour des innovations digitales. Là encore, c’est le secteur des services qui est le plus actif (82%). Pour les entreprises du CAC 40, la veille digitale est même presque systématique (87%).

 

Innovation et transformation digitale

 

Plus de la moitié des entreprises ont recours à l’innovation ouverte, souvent par le biais de partenariats avec des entreprises innovantes. Le nombre de ces partenariats a d’ailleurs tendance à augmenter : plus de 60% des entreprises expliquent avoir augmenté le nombre de partenariats depuis 3 ans. Un chiffre qui confirme que l’open innovation est bien plus qu’une mode et que les entreprises sont en train de se réinventer… L’occasion sans doute de relire les bonnes pratiques que nous vous proposions cet été !

 

 

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#Transfonum : quel « digital player » votre entreprise est-elle ?

Econocom 8 Oct 2015

En matière de transformation digitale, votre entreprise est-elle plutôt conquérante, observatrice, facilitatrice ou planificatrice ? En analysant l’agilité digitale de 330 grandes entreprises françaises, grâce à la participation exceptionnelle de plus de 400 décideurs, Econocom, SIA Partners et  l’Ifop ont identifié quatre profils de « digital players ».

 

Econocom, SIA Partners et l’Ifop ont publié fin septembre leur Baromètre des Pratiques Digitales 2015. Pour cette étude d’une ampleur inédite, quatre grands axes d’analyse ont été identifiés :

 

> l’expérience client : quelle est la variété des expériences digitales, leur intégration pour offrir une expérience cross-canal? Quelle capacité d’action à partir des données clients ?

> l’expérience collaborateur : quels outils digitaux et quelles fonctionnalités sont mis à disposition des employés ? Quelle est leur qualité perçue ? Quelles formations aux outils, enjeux et pratiques du digital ?

> la gouvernance et les process : quelles initiatives pour revisiter les process ? Le digital s’incarne-t-il dans une fonction ? Quel est le niveau d’implication de la Direction Générale?

> l’écosystème: l’entreprise exploite-t-elle les possibilités accrues de partenariats avec le digital ? L’innovation ouverte est-elle pratiquée ponctuellement, de manière généralisée ?

 

Un score d’avancement sur ces quatre thématiques a été attribué à chacune des entreprises concernées par l’enquête, en fonction des réponses apportées au questionnaire. Il a ainsi été possible de définir quatre profils types, en fonction des similarités de leur approche et de leurs réalisations en matière de transformation digitale.

 

Baromètre des Pratiques Digitales

 

Les observatrices : Un œil sur le digital… mais pas plus !

Surreprésenté dans les secteurs de l’industrie (33%) et du BTP (56%), le profil d’observateur concerne 24% des entreprises. Avec une digitalisation peu avancée sur les quatre axes thématiques , ces « curieuses » ont peu de moteurs de transformation identifiés et visibles.

Ce qu’elles souhaitent ? Réagir face à la concurrence et voir comment elles peuvent optimiser leurs process. Malheureusement, le manque de ressources financières et les problématiques liées à la sécurité sont de véritables freins dans leur mutation. Elles ont également du mal à mesurer le retour sur investissement que pourrait représenter un passage au digital ou bien prévoient un ROI faible.

 

 

Les planificatrices : une vision bien définie et une démarche ouverte

Dans 22% des entreprises, la transformation digitale passe principalement par la mise en place d’une gouvernance et de nouveaux modes de pilotage davantage tournés vers le numérique. Les liens et partenariats avec l’écosystème digital sont un peu plus nombreux qu’ailleurs.

L’approche du digital y est à la fois transverse, plutôt bien organisée en interne et tournée vers l’avenir… Un vrai profil de planificateur !

 

 

Les facilitatrices : le digital pour dynamiser l’image de l’entreprise

Pour les entreprises « facilitatrices » (27%), ce sont les expériences clients et collaborateurs qui tirent la transformation digitale : la priorité est donnée aux usages et à l’optimisation des pratiques.

Obstacles principaux ? Si, comme chez les observatrices, les ressources financières sont souvent problématiques, la résistance au changement est un  frein particulièrement cité par les répondants de cette catégorie.

 

 

Les conquérantes : gagner du terrain et innover

Avec une transformation digitale bien engagée sur tous les axes, ces entreprises (27%) sont  de vraies conquérantes de nouveaux espaces. Présentes dans le CAC 40 (41%) et le secteur des services (38%), ces championnes du digital se caractérisent aussi par un engagement fort de la direction générale.

Poussées par un désir de croissance et l’envie de gagner de nouveaux territoires en proposant de nouvelles offres ou de nouveaux modes d’achat, les conquérantes mènent de front les projets nécessaires à une transformation globale, avec un souci  d’excellence sur tous les axes.

Si elles sont les seules à ne pas évoquer le budget comme frein à la digitalisation, les entreprises conquérantes rencontrent néanmoins elles aussi des difficultés, en premier lieu desquelles la sécurité des données, un manque d’agilité au sein de l’entreprise et  de leurs systèmes d’information.

 

 

Si la révolution numérique est partout en marche, les entreprises ne prennent pas le même trajet et n’adopte pas le même rythme. Loin d’être un buzzword, la transformation digitale change profondément la donne et implique une réflexion poussée, volontaire ou non, sur les business models, les process internes et externes mais aussi sur la nature des relations avec clients, collaborateurs et partenaires… Une réflexion à peine entamée chez certaines et déjà bien réelle chez d’autres, qui,  gagnent dès à présent des nouvelles positions sur les marchés  Alors, demain, tous conquérants ?

 

 

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Pratiques digitales dans les grandes entreprises : Baromètre 2015

Econocom 29 Sep 2015

La transformation digitale, enjeu vital pour notre économie, est en marche. Le baromètre Econocom- IFOP- Sia Partners révèle des pratiques très différentiées d’une grande entreprise à l’autre. Une accélération du processus de transformation en cours s’impose pour répondre aux attentes des clients et aux exigences de la concurrence mondiale.

Les entreprises sont d’ailleurs conscientes du chemin qui reste à parcourir : 58% des répondants autoévaluent l’avancement de la transformation digitale de leur entreprise entre 1 et 6, sur une échelle de 1 à 10.

 

Ce premier sondage de grande ampleur sur le sujet  a été réalisé auprès de 417 cadres issus de 330 entreprises de 500 salariés et plus. Enquête terrain menée en juin 2015 par téléphone (385 individus) et en ligne (32 individus).

PratiquesDigitalesGrandesEntreprises-Barometre2015-Econocom

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#OpenInno : Quelles clés pour réussir à innover ?

Econocom 30 Juil 2015

Casser les silos et rendre les frontières de l’entreprise plus perméables… L’open innovation bouscule les organisations ! Pour conserver une place dans la course à la compétitivité, les grands groupes doivent se réinventer. Pour certains, cela passe par davantage d’écoute accordée à leurs collaborateurs et clients, pour d’autres, cela consiste à s’inspirer de l’agilité des start-ups ou à collaborer avec des structures innovantes.

 

Quelle que soit la forme que prend un programme d’open innovation, un certain nombre de « bonnes pratiques » peuvent aider à faire jaillir la créativité et à booster l’inventivité. Dans les colonnes de Forbes, Jonathan Salem Baskim, Président du laboratoire de communication Arcadia, évoque les différents points qu’il a retenus du dernier sommet des Chief Innovation Officer.

 

 

Le concept d’innovation regroupe plusieurs notions qui vont du partenariat avec des fab labs à la conception collaborative en passant par l’acquisition de start-ups, la création de structures d’incubation ou même par le simple fait d’écouter sa clientèle… Toutes ont cependant un point commun : elles sont fondées sur l’intelligence collective et la mise en place de synergies stimulantes.

Le recours à l’open innovation peut venir d’une frustration interne (manque d’émulation au sein des équipes, baisse des ventes d’un produit ou service phare, allongement du time to market…) ou d’un questionnement lié à un évènement externe. Parfois, il peut même s’agir de répondre à une problématique à très grande échelle. Alexis Bonnell, spécialiste de l’innovation de l’USAID, le laboratoire du développement global des Etats-Unis raconte ainsi la façon dont il a traité l’épidémie d’Ebola :

 

« Pour faire face à la crise Ebola, le gouvernement américain a contacté des ‘’innovators’’ partout dans le monde et leur a demandé des idées pour améliorer les outils utilisés par les soignants sur le terrain. En deux mois, nous avons reçu 1 500 suggestions. Si nous avons pu collaborer avec ces partenaires issus des quatre coins du globe, le vrai challenge a été d’établir des bases de travail communes pour travailler tous ensemble ! »

 

 

Des OBJECTIFS précis pour une base de travail solide

Dans tous les cas, en amont d’un programme d’innovation, il est nécessaire de définir ce que l’on souhaite accomplir et de bien clarifier le « problème » qui doit être résolu. Les objectifs finaux peuvent être très variés :

  • Collecter et traiter des idées disruptives
  • Débloquer une problématique interne ou externe
  • Booster la R&D et sortir des sillons techniques
  • Détecter les signaux faibles et les nouveaux usages
  • Valoriser une image d’acteur innovant
  • Fédérer les équipes autour d’une démarche d’innovation

Pour Carlos Barroso, Senior vice-président chargé de la R&D chez Campbell Soup, c’est un enjeu primordial :

 

« Définir clairement le problème à résoudre incite à l’innovation, qu’elle soit ouverte, ou non. Parfois, c’est dû à une crise externe, parfois, c’est une réponse à un changement des comportements des consommateurs…. Dans tous les cas, la partie la plus compliquée n’est jamais le ‘’comment’’ mais le ‘’pourquoi’’. »

 

Encourager la créativité

Jonathan Salem Baskin reprend également les propos de Jeremy Gilman, Directeur de la stratégie et de l’innovation chez DMI :

 

« Une fois que vous connaissez votre problème, il est essentiel de faire un pas de côté pour laisser émerger les idées. Offrir cet espace incite à la participation : c’est comme ça que les innovations inattendues et disruptives naissent. »

 

Pour faire émerger les idées, il est nécessaire de réunir les « bonnes » personnes, des profils variés en termes de compétences mais aussi de personnalités. Amazon recommande de travailler avec des 2-pizza team, c’est-à-dire des équipes comprenant entre 5 et 12 personnes pouvant être rassasiées avec 2 grandes pizzas… Une forme d’organisation reconnue comme étant particulièrement efficace !

 

Proposer une « boîte à outils » peut par ailleurs faciliter le développement de la créativité : séances d’idéation, systématisation du partage des connaissances, hackathons… Toujours dans un esprit très « GOOB » (getting out of the building) !

 

 

Rester dans le ‘’flow’’ !

Jeremy Gilman explique :

 

« Quand on ouvre sa marque à des gens qui sont intéressés, de bonnes choses arrivent ! Vous bénéficiez de solutions que vous n’auriez pas imaginées seul et vous engagez une communauté qui intègre peut-être des futurs vendeurs, employés ou même évangélistes ! »

 

Au-delà de la seule question des process, l’open innovation est aussi un état d’esprit. Certaines entreprises sont plus enclines que d’autres à favoriser l’innovation ouverte et ont dans leur ADN un véritable souffle entrepreneurial. Pour celles-ci, le recours à l’open innovation sera sans doute plus facile. Pour les autres, la démarche sera peut-être plus complexe… mais tout aussi indispensable !

 

 

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Crédit photo : Pexels / Licence CC0

Start-ups & innovation : Paris voit grand et double la mise !

Econocom 24 Juil 2015

C’était l’un des objectifs de campagne d’Anne Hidalgo : disposer dans Paris de 200 000 m² d’incubateurs, de centres de télétravail et d’espaces de coworking d’ici 2020 en créant un « Arc de l’Innovation » allant de la Porte de Versailles aux Batignolles. Le contrat est déjà à moitié rempli, puisqu’on compte à l’heure actuelle plus de 100 000 mètres carrés d’incubateurs de start-ups dans la capitale. Et ce n’est pas près de s’arrêter : en novembre, Le Cargo, un incubateur financé par la ville de Paris et la région Ile-de-France, ouvrira son espace de 15 000 m² à une centaine de start-ups et à une cinquantaine d’entreprises, tandis que, courant 2016, les 33 000 m² de la Halle Freyssinet, plus grand incubateur numérique du monde, seront inaugurés à quelques mètres de la gare d’Austerlitz.

 

 

Paris, nouvelle Silicon Valley !

Depuis une quinzaine d’années, dans la capitale, les lieux destinés aux start-ups du numérique se multiplient. L’écosystème compte aujourd’hui plus de 40 structures d’accompagnement, ouvertes ou en projet : des incubateurs pour aider les jeunes pousses à éclore et des accélérateurs pour les soutenir dans leur croissance et faciliter les premières levées de fonds.

 

A l’heure où la tendance est à l’open innovation et où les grands groupes cherchent plus que jamais à  collaborer avec des start-ups, beaucoup de ces lieux sont privés, comme Le Village du Crédit Agricole qui accueille une centaine de start-ups ou le We Are Innovation de BNP Paribas et ses 1 600 m² en plein cœur de Paris… Mais la ville compte également nombre de structures publiques comme Welcome City Lab, premier incubateur mondial dédié au tourisme, ou Le Tremplin, une plateforme centrée sur le sport et l’innovation.

 

Consultez TechOnMap, la carte collaborative de l’écosystème numérique de Paris et sa région !

 

 

 

LE CARGO, HALLE FREYSSINET… L’INcubation à grande échelle !

 

C’est dans le 19ème arrondissement, dans l’ancien entrepôt MacDonald, un des plus grands bâtiments de Paris, que Le Cargo accueillera bientôt ses premières start-ups. A terme, ce sont plus de 1 000 personnes qui pourront trouver une place dans les 15 000 m² du lieu. En partie financé par Paris, la région et le bailleur social RIVP, le projet est porté par Paris&Co, l’agence chargée de l’attractivité et de l’innovation de la capitale. Pour Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l’urbanisme et du développement économique :

 

« Il s’agira du vaisseau amiral de notre politique en faveur des start-ups ainsi que du plus grand incubateur que compte la capitale. »

Halle FreyssinetEt Le Cargo ne devrait pas rester longtemps le plus grand incubateur français. Courant 2016, Xavier Niel, le très médiatique serial entrepreneur, inaugurera le projet Halle Freyssinet, plus grand incubateur du monde. Avec 1 000 start-ups couvées sur 33 000 m², cet ancien bâtiment ferroviaire du 13ème arrondissement deviendra la locomotive de l’entrepreneuriat numérique en France et dans le monde !

 

 

Crédit photo : 1000 start-ups

Elise Nebout, NUMA : « Il existe 1 000 et 1 façons d’entreprendre ! »

Elise Nebout 24 Juil 2015

Quel est le profil des entrepreneurs et des start-ups qui recherchent l’accompagnement d’un accélérateur ? De quelles qualités doivent-ils faire preuve ? Quels sont leurs besoins ? Est-il facile aujourd’hui d’entreprendre ?

 

Elise Nebout a dirigé NUMA Sprint – anciennement Le Camping – l’accélérateur de start-ups du NUMA, pendant trois ans. Aujourd’hui, elle s’occupe de structurer le réseau de mentors en France et à l’international… et a accepté de partager avec nous sa vision de l’entrepreneuriat !

 

Il y a déjà 15 ans d’histoire derrière le NUMA. Née en 2000, sous le nom de Silicon Sentier, cette association non-profit (devenue une société par la suite) était au départ un regroupement d’entrepreneurs décidés à se connecter pour éviter l’isolement. Quelques années plus tard, en 2007, La Cantine – aujourd’hui NUMA Cowork – premier espace de coworking français, a vu le jour. L’idée ? Ouvrir un lieu dans lequel les indépendants et les entrepreneurs peuvent venir travailler, partager et échanger, rencontrer des clients potentiels… ou plus simplement chercher l’inspiration !

 

L’association a ensuite détecté certains entrepreneurs avec lesquels elle a eu envie de pousser plus loin la collaboration, notamment en leur ouvrant un réseau d’experts et en les accompagnant jusqu’à la levée de fond… D’où la création du Camping (aujourd’hui NUMA Sprint). D’abord situé au Palais Brongniart, cet accélérateur a été intégré en 2013 dans le bâtiment du NUMA afin d’opérer davantage de synergies entre les différents projets.

 

NUMA : start-ups et open innovation

 

Numa : coworking, accélération et open innovation !

 

Quelles sont les actions du NUMA en faveur de l’entrepreneuriat ?

 

Elise Nebout : Aujourd’hui, le NUMA, ce sont plusieurs activités liées entre elles. La première, c’est de proposer à de jeunes entrepreneurs des espaces dans lesquels ils peuvent venir travailler, se rencontrer ou organiser des évènements et des meet-ups.

 

La deuxième consiste à travailler en corps-à-corps avec des start-ups sélectionnées et de leur permettre d’atteindre leurs objectifs, qu’il s’agisse de levée de fonds, de croissance ou d’acquisition de clients. C’est là qu’intervient notre accélérateur où des start-ups françaises et étrangères viennent fixer leur roadmap et se développer. Pour cela, nous les connectons avec nos ressources : des mentors – top entrepreneurs, chefs d’entreprises expérimentés ou experts de leur domaine – qui pourront les conseiller mais aussi des corporates, c’est-à-dire des grands groupes avec lesquels les start-ups vont pouvoir faire des tests, imaginer des collaborations ou même signer des marchés.

 

Enfin, nous travaillons avec des grands groupes sur la transformation digitale grâce à l’open innovation. Nous faisons ainsi travailler ensemble deux pans de l’activité économique : les corporates et les start-ups.

 

« A travers la transformation digitale, nous évoluons vers l’entreprise du XXIème siècle, celle qui jongle avec l’intelligence collective, la génération Y, les nouveaux outils et les nouveaux marchés. Les grands groupes ont besoin de se connecter à des écosystèmes innovants tel que celui du NUMA pour réfléchir, tester, interagir, grandir sur tous ces sujets ! »

 

L’objectif du NUMA est donc aussi de faire avancer la société dans cette phase de transition numérique forte, un moment historique et inédit au cours duquel une nouvelle économie est en train de remplacer l’ancienne.

 

« Tous les acteurs de l’économie, main dans la main et de façon intelligente, doivent créer une société économiquement viable, avec une logique d’intégration où la transition numérique est assurée de façon ‘’non violente’’. »

 

NUMA : start-ups et open innovation

 

Le créateur de start-up ? Un homme jeune ayant fait de longues etudes !

Quel est le profil des entreprises que vous accompagnez ?

 

A l’heure actuelle, l’accélérateur du NUMA compte 22 start-ups, entrées en juin 2015 et qui vont rester jusqu’au 30 octobre. Au total, 100 start-ups ont déjà bénéficié d’un accompagnement.

 

En 2014, nous avons épluché les dossiers des 763 entrepreneurs qui souhaitaient intégrer l’accélérateur. Nous avons ainsi constaté qu’il s’agissait de profils plutôt masculins : seuls 11,5 % des candidats sont des femmes, même si nous essayons d’être très proactifs sur ce sujet. La plupart sont relativement jeunes, avec une moyenne d’âge de 27 ans, et ont fait de longues études de commerce, d’ingénierie ou de design dans des grandes écoles comme l’ESSEC ou HEC. 83 % d’entre eux viennent de Paris ou de la région parisienne et 10 % de l’étranger (Etats-Unis, Royaume-Uni, Brésil, Inde…).  S’il s’agit d’une équipe, les fondateurs se connaissent souvent depuis plus de deux ans (64 %) et ont déjà monté plusieurs projets ensemble.

 

Selon vous, quelles sont les qualités qui sont nécessaires à ces entrepreneurs pour mener à bien leur projet ?

 

« Il existe des milliers de profils d’entrepreneurs et de façons d’entreprendre… L’entrepreneuriat est avant tout un état d’esprit ! »

 

Nous rencontrons des profils très divers, avec des motivations qui sont vraiment très différentes. On peut quand même lister quelques qualités essentielles pour entreprendre comme la ténacité, la pugnacité, la confiance en soi, mais aussi le fait de savoir écouter. En fait, le profil du « top entrepreneur » est plus rare qu’il n’y paraît puisque, d’un côté, il faut être extrêmement perméable à l’environnement capable d’écouter les conseils, les signaux faibles, le marché, les clients, les investisseurs… pour ne pas s’enfermer dans des schémas de pensées et pouvoir prendre les bonnes décisions. De l’autre côté, il est nécessaire d’être têtu et arrimé à sa vision : l’entrepreneur est le pilote de son avion, il doit donc être solide, ne pas changer d’avis tous les deux jours et avoir une vision profonde.

 

« Pour entreprendre, il faut presque être un ‘’illuminé’’, c’est-à-dire être habité d’une lumière intérieure qui pousse à continuer même si ce n’est pas facile ! »

 

L’entrepreneuriat est une véritable montagne russe : un jour tout va bien et le lendemain c’est l’inverse ! Cela exige énormément d’énergie et une capacité d’abnégation et de sacrifice assez colossale puisqu’il faut pouvoir mobiliser toutes les ressources possibles pour son entreprise. En résumé, pour monter un projet ex-nihilo, il faut être créatif, déterminé tout en étant ouvert, souple et agile tout en étant solide.

 

Autre point important : il est essentiel de savoir se faire accompagner et aider. Ambition et lucidité sont donc indispensables pour s’entourer des bonnes personnes, celles qui sauront compléter les qualités dont on dispose… C’est difficile, surtout quand on est jeune car la lucidité s’acquiert souvent avec le temps. Parfois, nous voyons des entrepreneurs qui sont un peu trop drivés par leur égo, qui montent leur boîte mais ne supportent pas qu’on les conseille car ils pensent tout savoir sur tout… Résultat : ça ne marche pas ! Cela dit, paradoxalement, il faut quand même des gens qui soient un peu égotiques… Ce qui est aussi une qualité ! L’entrepreneuriat nécessite une bonne dose d’audace et de culot : il faut se lever tous les matins et être son propre moteur.

 

Incubation de start-ups au NUMA

 

De quoi a besoin un entrepreneur ?

 

« L’entrepreneur a besoin de croire en lui et de suivre sa vision… Ce qui implique de la définir très clairement avec ses associés de façon à être raccord collectivement sur cette vision. »

 

Quand les entrepreneurs arrivent à l’accélérateur, la première chose que nous leur proposons, c’est de partir seuls 5 jours dans une maison de campagne et de dessiner leur vision sur le papier sous forme d’un arbre avec ses racines, son tronc, ses feuilles et ses fruits… et d’en discuter ensuite avec leurs associés. Pour moi, la clarification de la vision est donc le premier besoin.

 

Entrepreneuriat : définir sa vision

 

Arrive ensuite un deuxième besoin, qui consiste à construire les différents modèles économiques qui constitueront la structure de la start-up : Comment va-t-on faire de l’argent ? Quels seront les canaux de distribution ? Qui est le client ? Pourquoi achète-t-il ? Quelle valeur ajoutée propose-t-on ?

 

Le troisième besoin, c’est acquérir des clients et tester les hypothèses de développement, une méthode que l’on appelle le lean start-up.

 

« Cela ne sert à rien de dessiner une vision tout seul dans sa grotte pour ensuite se dire que c’est parfait et que l’on va pouvoir se confronter à son marché… Faire des roadmaps sans suffisamment se confronter au terrain est une erreur classique. »

 

Une fois que les hypothèses sont validées et que les premières preuves de traction (« proof of concept ») sont là, arrive un quatrième besoin : la levée de fonds. Pour accélérer et lutter contre les concurrents, souvent nombreux, il faut recruter et pour recruter, il faut de l’argent !

 

Nous accueillons des start-ups qui sont en amorçage, une période qui va de la création de la société jusqu’aux 3 ou 4 ans qui suivent. Cela couvre donc beaucoup de sujets sur le management, le recrutement, la mise en place de process… Nous apportons une communauté de pairs, d’entrepreneurs, qui peuvent donner des conseils et partager des ressources mais aussi de la visibilité, de la crédibilité, de la structuration et de la méthodologie… Le tout, dans un environnement challengeant et porteur !

 

NUMA : open innovation et entrepreneuriat

 

Est-ce que c’est facile aujourd’hui d’entreprendre en France ?

 

Socialement, pendant longtemps, entreprendre était assez marginal. C’est beaucoup plus commun et plus accepté aujourd’hui, notamment grâce aux lieux de l’écosystème numérique : les coworkings et les accélérateurs ont diffusé la « bonne parole » et ont fait que le public, les médias et les politiques se sont ouverts à la culture de l’entrepreneuriat. Cela fait maintenant 15 ans que ces lieux évangélisent et portent la parole entrepreneuriale.

 

Après, si l’existence d’un écosystème très fortement mobilisé facilite la création d’entreprise, c’est finalement l’entrepreneur qui aura le mérite et la capacité à réaliser ses rêves. Or, réaliser ses rêves demande de se battre !

 

« La facilité n’est pas non plus le but, nous essayons de ne pas trop assister nos entrepreneurs car, in fine, c’est à eux de se battre ! »

 

L’entrepreneuriat est une nouvelle façon de concevoir notre société, une conception dans laquelle l’individu est proactif et n’est pas sous la tutelle d’un État qui l’assisterait. Cela correspond d’ailleurs à l’état d’esprit d’une génération Y qui a envie de réaliser des choses, qui aspire à une certaine liberté et qui n’a pas forcément envie de se lever tous les matins pour aller au même bureau !

 

« C’est plus facile d’entreprendre aujourd’hui parce que l’écosystème s’y prête mieux… Mais l’entrepreneuriat reste une véritable aventure ! »

 

En France, c’est particulièrement facile d’entreprendre car beaucoup de structures sont là pour aider : des fonds et des business angels,  des lieux comme des coworkings et des accélérateurs… Avec Berlin et Londres, Paris est dans le top 3 des capitales où il fait bon entreprendre en Europe !

 

 

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Crédit photos : NUMA

Véronique Torner : « En intégrant la galaxie Econocom, Alter Way s’ouvre à de nouveaux horizons »

Econocom 23 Juil 2015

En 2006, Véronique Torner et Philippe Montargès créaient Alter Way, une ESN spécialisée dans l’open source qui conçoit, développe, héberge et assure la maintenance de projets web. Après bientôt 10 ans d’existence, Alter Way compte aujourd’hui près de 120 collaborateurs et travaille avec des clients aussi prestigieux que la SNCF, France Télévision éditions numériques et les services du Premier ministre.

Pour mettre en œuvre Born2run, leur plan de développement ambitieux, Véronique Torner et Philippe Montargès ont choisi de se tourner vers un nouvel investisseur, un véritable partenaire industriel, capable d’ouvrir à la PME les portes de grands comptes européens. En juin 2015, Alter Way a donc rejoint la galaxie Econocom.

 

Pourquoi avoir choisi de s’associer avec Econocom ? En quoi Alter Way et son expertise dans l’open source peuvent-ils offrir au groupe de nouvelles perspectives ? Rencontre avec Véronique Torner, co-fondatrice et co-présidente d’Alter Way.

 

 

ALTER WAY : l’Open source comme ADN !

Alter Way propose une offre globale articulée autour de quatre pôles d’activité : design (conception, ergonomie, UX design et accessibilité…), build (ingénierie et développement), run (infrastructures, hébergement, support logiciels libres…) et train (formations autour du numérique ouvert).

Point commun ? Outre leur orientation web, tous ces services sont mis en œuvre avec des technologies open source.

 

La clientèle d’Alter Way compte des grands comptes emblématiques comme Renault, Safran, Total ou Prisma Presse, des pure players comme Allo Resto ou La Ruche qui dit oui mais aussi des grandes administrations publiques puisque l’entreprise héberge tous les sites internes des services du Premier ministre.

 

 

 

« Entreprendre, C’est Incarner une vision »

 

En 1998, Véronique Torner crée sa première entreprise, une start-up technologique qu’elle vend au bout de quelques années pour rejoindre Philippe Montargès et travailler sur un projet commun qui, lui aussi, sera finalement vendu.

 

Pour cette entrepreneure expérimentée, plusieurs qualités sont nécessaires pour se lancer dans la grande aventure de l’entrepreneuriat. Un chef d’entreprise doit notamment disposer d’une grande confiance en lui et être suffisamment fédérateur pour réunir autour de lui une équipe qui croit en son projet. Courageux, il doit avoir les épaules assez solides pour se confronter aux obstacles qui peuvent se dresser sur sa route, comme la lourdeur administrative ou la rigidité du droit du travail…

 

 

C’est en 2006 que Véronique Torner et Philippe Montargès lancent Alter Way. Tous deux sont très engagés dans la promotion des valeurs de transparence, d’interopérabilité, d’expertise et d’excellence technique du numérique ouvert. En 2013, Véronique Torner devient d’ailleurs administratrice du Syntec Numérique tandis que Philippe Montargès est nommé président du Conseil national du logiciel libre (CNLL) en juin 2015.

 

Si l’ambition qui préside à la création d’Alter Way est de devenir un acteur de l’open source et du logiciel libre, c’est seulement progressivement, au fil du développement de l’entreprise, que les dirigeants décident de se concentrer sur le monde du web.

 

 

« L’association avec Econocom est d’abord l’histoire d’une rencontre »

Lors de ses trois premières années d’existence, Alter Way s’est construite par croissance externe avec l’acquisition de plusieurs sociétés. C’est après six années de consolidation de ces rachats et de croissance organique que Véronique Torner et Philippe Montargès ressentent le besoin de construire un projet pour l’avenir. C’est ainsi qu’est né Born2Run, un plan de développement qui est à la fois un challenge en termes de chiffre d’affaires (il s’agit de passer de 11 à 40 millions de CA) mais aussi une vision stratégique à dimension européenne.

 

La rencontre avec Jean-Louis Bouchard, Président et fondateur d’Econocom, et avec Bruno Grossi, Directeur exécutif chargé de la stratégie, des acquisitions, de la communication et du marketing stratégique du groupe, a été décisive. Les dirigeants d’Alter Way ont compris qu’Econocom pourrait les accompagner dans leur stratégie de développement tandis qu’eux-mêmes seraient en mesure d’apporter leur valeur ajoutée à la galaxie Econocom.  En effet, à l’heure du cloud, du big data, de la mobilité et de l’IoT, l’open source est prédominant et, dans la vision portée par Econocom sur les enjeux du digital, la place du numérique ouvert est cruciale :

 

« Aujourd’hui, le web, c’est 80 % de solutions open source. Sans ces solutions, il n’y aurait pas de Google ou de Twitter… Tous les GaFa sont construits à partir de briques open source ! »

 

 

Relayé dans la presse, l’investissement d’Econocom dans le capital d’Alter Way a donné énormément de visibilité à la PME et a permis de créer un climat de confiance rassurant pour ses clients et partenaires… Pour la PME aux ambitions internationales, l’avenir s’annonce donc plutôt « open » !

 

 

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Crédit photo : Pexels / Licence CC0

Programme SI-Samu : Urgence sur le digital !

Sébastien Bachem 9 Juin 2015

C’est en 2010, à la suite de plusieurs rapports dénonçant des fragilités opérationnelles et technologiques préoccupantes dans les infrastructures techniques des SAMU, que la DGOS (Direction générale de l’offre de soin) a initié un programme national de modernisation des Samu-Centres 15, passant notamment par la mise en place d’une solution unique mutualisant l’ensemble des moyens techniques. Ce projet de mutation digitale  d’envergure, baptisé SI-Samu, a été confié à l’ASIP Santé, l’Agence nationale des systèmes d’information partagés de santé, et est conduite par le directeur de projet Sébastien Bachem :

 

« L’ASIP Santé a pour objectif de rationnaliser l’écosystème des systèmes d’information de santé. Entre autres missions, elle met en place des référentiels et  mène des projets de transformation numérique, comme le DMP (Dossier médical personnel), la messagerie sécurisée de santé  ou la construction du portail de déclaration d’incidents de la future Agence nationale de santé publique. Le programme SI-Samu entre dans ce cadre-là. » 

 

Comment moderniser des infrastructures aussi complexes et hétérogènes que celles des SAMU ? Quels bénéfices peut-on attendre de ce programme ? Comment le projet a t-il été accueilli par les personnels ? Réponses avec Sébastien Bachem, que nous avons rencontré à l’occasion des Salons Santé Autonomie qui se sont tenus à Paris les 19, 20 et 21 mai derniers.

 

Chaque jour, partout en France, les SAMU reçoivent et régulent des dizaines de milliers d’appels. Leur rôle va du conseil médical au déclenchement de véhicules d’urgence (les SMUR) et exige une disponibilité permanente ainsi que l’utilisation d’outils fiables, permettant de stocker et de faire circuler l’information entre les différents acteurs impliqués. Parmi les technologies indispensables, la « téléphonie avancée » grâce à laquelle il est possible de traiter et gérer les appels, la radio qui permet de communiquer avec d’autres intervenants, comme les pompiers par exemple, et des applications telles que le LRM (logiciel de régulation médicale) ou des logiciels de cartographie. Ce type de dispositifs exige une intégration complexe et fait que les infrastructures des SAMU sont vraiment à part dans les systèmes d’information des établissements de santé.

 

Le SAMU en quelques chiffres…

 

– 102 centres d’appels et 450 implantations SMUR – Entre 3 et 4 000 ambulances et hélicoptères pour 750 000 interventions par an

 

– Environ 31 millions d’appels chaque année soit plus d’un appel par seconde avec une activité cyclique qui monte en intensité en fin de semaine avec les week-ends arrosés et les bricolages périlleux du dimanche matin !

 

– 5% des appels perdus au niveau national

 

 

 

Modernisation du samu, Le digital à la rescousse !

Le programme SI-Samu a plusieurs objectifs : préparer la France à gérer des crises nationales (comme la grippe H1N1 en 2009), délivrer une très haute disponibilité et améliorer l’interfaçage avec les partenaires. Le tout, en assurant la confidentialité et la sécurité des données de santé.

 

SI-SamuSource : ASIP Santé

 

Depuis septembre 2014, le programme est entré dans sa phase de réalisation puisque l’ASIP Santé est déjà en train de rédiger les marchés qui lui permettront à terme de notifier ses maîtres d’œuvre. L’étape pilote débutera l’année prochaine avec le déploiement dans une dizaine de SAMU. Plusieurs mois plus tard, une évaluation sera réalisée avant d’installer la solution chez d’autres SAMU volontaires.

 

Comment est venue l’idée de ce programme de modernisation ?

Sébastien Bachem : Aujourd’hui, un constat de fragilité préoccupante et persistante concerne une grande partie des SAMU. A côté de ça, nous nous sommes aussi rendu compte qu’ils n’étaient pas en mesure de faire face à une crise sanitaire d’ampleur nationale. Le programme trouve son origine dans ce constat et la nécessité de lui apporter une solution.

 

En quoi consiste exactement SI-Samu ?

Le principe, c’est de remplacer l’ensemble des infrastructures qui sont dans les SAMU par un service externalisé, c’est-à-dire venir concentrer l’ensemble des infrastructures dans plusieurs data centers pour rendre le service disponible via un accès déporté.

 

SI-Samu : présentations du programme, de la stratégie industrielle et de la stratégie d’achat aux industrielsSource : ASIP Santé

 

Grâce à ce paradigme, nous pouvons concentrer les besoins et les financements. Ainsi, nous sommes capables de changer d’échelle dans l’offre technique mise à disposition, un outillage complexe car il couvre à la fois l’informatique, la téléphonie et aussi la radio.

« Dans les régions, les établissements de santé ont beaucoup de mal à rassembler l’ensemble des compétences nécessaires à cette maîtrise technologique. Les acteurs industriels de niche sur lesquels s’appuient les SAMU notamment sur le segment du logiciel de régulation médicale (LRM) ne sont pas en mesure d’offrir un support 24/7 satisfaisant, d’avoir la réactivité attendue en termes d’évolution, de gestion de bugs… C’est tout ce modèle que nous sommes en train de modifier et c’est ça qui constitue le principe fondateur du programme SI-Samu. »

 

Quels sont les bénéfices que peuvent attendre les SAMU de ce programme de modernisation ?

L’objectif et de mettre les SAMU à l’abri des difficultés techniques et de leur apporter un véritable support 24/7, mais aussi mettre à leur disposition des services à forte valeur ajoutée sur des volets innovants comme la gestion de crise ou l’entraide et la coopération entre SAMU. L’idée est aussi d’avoir une base de données sur laquelle on puisse mener des études cliniques et faire des analyses de l’activité pour en tirer des enseignements.

 

En parlant d’innovation, peut-on aujourd’hui communiquer avec le SAMU par photo ou vidéo ?

A l’heure actuelle, on ne peut pas envoyer par SMS sur le 15 une photo pour qu’elle soit traitée correctement. A terme, c’est la fonctionnalité globale de la gestion multicanal qui sera mise en place, mais nous devons d’abord nous concentrer sur les difficultés auxquelles les Samu font face avant de passer aux innovations futures.

 

Comment est perçu le programme de modernisation par les équipes des SAMU ?

« Nous avons opté pour une stratégie fondée sur le volontariat et avons obtenu de très bons retours. »

Le programme connaît aujourd’hui une très belle adhésion de la part des acteurs métier, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle Marisol Touraine, la ministre de la Santé, s’est engagée sur ce programme de modernisation, qui fait désormais partie des projets stratégiques de la DGOS.

Il y a vraiment eu une transformation des états d’esprit tout au long des travaux amonts qui ont été réalisés avec la communauté métier. Si, au début, il y avait des sceptiques, maintenant il y a une véritable adhésion et cohésion autour du programme. Après, c’est évident qu’il y a aussi des projets régionaux qui se sont créés et qui n’ont pas attendu l’arrivée du SI-Samu pour essayer d’apporter des solutions performantes !

 

 

Les 11 SAMU pilotes ont été annoncés à l’occasion des Salons Santé Autonomie (Mulhouse, Albi, Rodez, Besançon, Dijon, Mont de Marsan, Bayonne, Pau, Guéret, Tulle et Limoges). Les autres devront encore attendre quelques années pour, qu’à terme, l’ensemble des services d’aide médicale urgente profite de cet ambitieux programme.

 

 

Pour aller plus loin :

Raphaël Mastier, Microsoft France : Le secteur hospitalier doit industrialiser sa transformation numérique

La télémédecine résiste à la déprime en France

Comment digitaliser la santé en France ? Réponses avec @le_Fing et @CartelReseau

 

Crédit photo : Muffingg – Véhicule du SMUR de Paris / Wikipedia.org / Licence CC BY SA 3.0

 

 

#Start-up : EDF électrise l’innovation énergétique

Econocom 8 Juin 2015

Depuis 2012, avec son fonds d’investissement Electranova Capital, EDF finance des start-ups spécialisées dans les cleantech et, plus précisément, dans les écotechnologies liées à l’énergie. Dernier ajout au portefeuille ? FirstFuel, une plateforme logicielle qui permet de trouver des opportunités d’efficacité énergétique en analysant les données de consommation des bâtiments.

 

Dénicher le Tesla français ?

C’est à l’initiative d’EDF qu’a été créé en 2012 le fonds Electranova Capital, géré par Idinvest Partners. Pour monter cette structure destinée à prendre des tickets minoritaires (entre 1 et 10 millions d’euros) dans des start-ups des secteurs de l’innovation énergétique, le groupe s’est associé à Allianz et Bpifrance. Le fonds est doté de 90 millions d’euros, dont un tiers a été abondé par EDF dans le cadre de sa politique globale de R&D et d’open innovation. L’accompagnement couvre autant le dialogue avec les experts R&D ou décideurs métiers EDF que la mise en place de partenariat commerciaux, par exemple.

Depuis la création du fonds, huit investissements ont été conclus pour financer la croissance de jeunes pousses qui répondent aux problématiques clés de la transition énergétique. Cela va de la fondation gravitaire innovante (structure utilisée pour l’installation d’équipements) pour l’éolien en mer avec Seatower aux capteurs intelligents destinés à l’optimisation de l’éclairage des bâtiments d’Enlighted en passant par l’écoconstruction avec Techniwood et sa solution d’isolation ultra performante.

 

Le big data pour optimiser l’efficacité énergétique

La plateforme FirstFuel analyse les consommations électriques en alliant la capacité de traitement de gros volumes de données à l’intelligence artificielle. Lancée commercialement en 2012, elle est déjà utilisée par plusieurs fournisseurs d’énergie et agences gouvernementales en Amérique du Nord, d’où elle est originaire, et en Europe.

Pour Swapnil Shah, son PDG :

« Le monde énergétique est en pleine mutation du fait des avancées technologiques, de la pénétration des énergies distribuées, d’un environnement régulatoire mouvant et de l’accroissement de la concurrence. Un des facteurs clefs de succès pour les fournisseurs d’énergie historiques sera d’être capable d’aider leurs clients à comprendre et répondre à leurs besoins énergétiques. »

L’appui d’EDF devrait permettre à FirstFuel de pénétrer plus facilement le marché européen de l’efficacité énergétique, un secteur en forte croissance puisque les smart grids sont aujourd’hui au cœur de nombreuses villes intelligentes, comme par exemple à Lyon ou Issy-les-Moulineaux.

 

 

A lire aussi :

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Crédit photo : epSos .de – Beautiful Wind Turbine for Renewable Electricity Generator // Flickr.com // Licence CC BY 2.0