Tous les articles par Nora Guelton

Géolocalisation par LED : Carrefour illumine le parcours client

Econocom 2 Juin 2015

C’est une première mondiale. Dans l’hypermarché Carrefour Euralille, les clients peuvent désormais se laisser guider par la lumière… Point de gourous ni d’autels au rayon fruits et légumes, c’est un dispositif de géolocalisation par LED, mis au point par Philips, qu’expérimente l’enseigne de distribution.

 

 

C’est dans un hypermarché nouvellement rénové que Philips vient d’achever l’installation de 2,5 kilomètres de LED. Au-delà de leur seule fonction d’éclairage, ces diodes électroluminescentes forment un véritable réseau de positionnement dont l’objectif est de permettre aux clients de Carrrefour Euralille de localiser les promotions dans le magasin.

Carrefour et la géolocalisation par LED Philips

Grâce à l’application « Promo C-où », disponible gratuitement sur l’App Store, en quelques clics, les clients font des listes de courses incluant les promotions en cours. Ensuite, une fois en magasin, l’application les aide à retrouver très facilement les produits choisis. Marlène Tissé, Retail Marketing Manager chez Philips, explique :

« Notre technologie utilise le VLC (Visible Light Communication). Chaque diode émet des codes uniques qui sont détectés par tous les terminaux incluant une caméra, sans qu’il y ait besoin d’accessoires spécifiques. »

Le dispositif agit comme un GPS d’intérieur : les LED transmettent un signal à sens unique vers les smartphones équipés de l’application dédiée.  Pour cela, les diodes s’éteignent et se rallument très rapidement pour effectuer une modulation de la lumière invisible à l’œil nu… Mais détectée par la caméra frontale des terminaux mobiles.

 

 

Une innovation brillante !

Pour Carrefour, le VLC est l’opportunité d’offrir à ses clients des services localisés qui rendent leur expérience en magasin plus interactive et personnalisée.  Mais l’enseigne profite aussi de l’économie d’énergie permise par l’installation des LED… Ce qui devrait lui permettre de rentabiliser très rapidement son investissement.

 

 

Pour aller plus loin :

#Retail : vous reprendrez bien une tranche de beacon ?

Frédéric Granotier : « La LED est une technologie de rupture qui va remplacer rapidement l’éclairage traditionnel »

Ouvrez les yeux sur les aspects innovants de l’éclairage LED

 

 

Crédit photo : Dylan_Payne – fun at the supermarket! / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

Salons Santé Autonomie : Big Data, Business Intelligence, Serious Games… Bienvenue dans l’hôpital 2.0

Econocom 1 Juin 2015

Salons Sante Autonomie

C’est sur ces mots de la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes que se sont ouverts les salons Santé Autonomie, à Paris, les 19, 20 et 21 mai derniers. Objectif de l’évènement : réunir les professionnels de la santé autour de plusieurs problématiques. Parmi les différents focus métiers, Health-ITExpo, un espace dédié à la transformation des usages liée au digital. Hôpital numérique, big data, sécurité des données… La révolution digitale est en marche et offre aux établissements de santé de véritables opportunités pour optimiser leur gestion et améliorer le parcours patient. Tour d’horizon avec des acteurs rencontrés sur place.

 

Salons Santé Autonomie

LA DATA, au cœur de la transition vers l’hôpital numérique

Les hôpitaux génèrent énormément de données, des données liées à la santé, évidement, mais aussi des données financières ou administratives. Le premier défi des DSI des établissements de santé est donc souvent d’homogénéiser le format de ces datas de manière à pouvoir les exploiter par la suite.

Pour cela, l’apprentissage automatique (machine learning) et l’informatique décisionnelle (business intelligence) pénètrent les couloirs des hôpitaux. Dans un contexte d’optimisation des coûts et de recherche de compétitivité, les établissements de santé sont de plus en plus nombreux à mettre en place des plateformes décisionnelles, c’est-à-dire des logiciels permettant de structurer et d’organiser les données et de mettre en place des indicateurs de suivi qui peuvent aider à faire les meilleurs choix stratégiques et organisationnels.

C’est le cas par exemple de l’hôpital Saint-Joseph à Paris qui, grâce à un outil d’analyse des données, a réduit le temps d’attente de ses services d’urgences et optimisé le taux d’occupation de ses lits.  Christine Berthelier, Contrôleur de gestion à Saint-Joseph explique :

« L’hôpital n’est que partiellement prévisible. Il est très difficile de prévoir le nombre de patients, l’activité, les différentes pathologies. C’est pour ça que nous avons besoin d’indicateurs de suivi pour prendre les bonnes décisions. Cela peut aussi bien concerner la gestion que l’optimisation du parcours de soin du patient. L’objectif final est toujours d’améliorer le service rendu. »

Si l’hôpital Saint-Joseph a été équipé par Microsoft, les géants de l’informatique ne sont pas les seuls sur le marché. A Lyon, PSIH conçoit et développe des logiciels et modules de pilotage permettant d’analyser les données en direct. Plusieurs établissements de santé ont connecté BI Query, un outil de requêtage ad hoc destiné à les aider à améliorer leur gouvernance grâce à des tableaux de bord faciles à prendre en main.

 

BI Query de PSIH

BI Query de PSIH

 

Mais l’informatique décisionnelle peut aussi aller beaucoup plus loin. On parle ainsi parfois de « watsonisation de la santé », du nom du programme d’intelligence artificielle d’IBM. Plusieurs projets ont déjà été entamés comme à l’hôpital Bumrungrad de Bangkok ou à la Mayo Clinic où Watson vient faciliter l’orientation des patients vers des essais cliniques. Interrogé par DSIH, Pascal Sempé, directeur Business développement chez IBM France s’est exprimé sur la place que pourraient prendre ce type d’outils d’aide à la décision :

« L’arrivée de Watson va probablement modifier la place traditionnellement accordée aux experts. Quoiqu’il en soit, les médecins auront la capacité d’accéder à beaucoup plus d’informations. Watson va augmenter leur capacité d’analyse et les aider à mieux appréhender les champs du possible. »

 

Lutter contre les risques informatiques

Avec la question des données vient celle de leur protection. Selon la revue du MIT, la sécurisation des données hospitalières sera sans doute le combat de 2015. A l’heure où les cyber-attaques sont en recrudescence, il est nécessaire que les personnels de l’hôpital prennent conscience des risques potentiels.

 

Salons Santé Autonomie

Atelier Cyber-attaques, le mal informatique du 21ème siècle avec Anne Dorange et Serge Priso, du groupe Econocom

 

 

Les actes malveillants peuvent prendre plusieurs formes : vol de données, phishing, backdoor, attaque par brute force, spyware ou abus de privilèges. Ils ont pour conséquence la perturbation des systèmes d’information, l’extraction (de données ou d’argent) ou la manipulation avec l’ajout ou la suppression d’informations clés.

 

Pour Cédric Cartau, Responsable Sécurité Système d’Information (RSSI) du CHU de Nantes, interviewé par Technologies & Innovations hospitalières, l’enjeu majeur de la cyber-sécurité concerne l’intégrité de la donnée, dans un système d’information protégé contre les attaques et dysfonctionnements. En milieu hospitalier, une information erronée peut en effet avoir des conséquences dramatiques : administration d’une mauvaise dose de médicament à un patient ou panne système ayant des conséquences sur la sécurité des malades.

« A ce jour, le coût de la sécurité informatique est estimé à environ 7% du budget SI d’un établissement. Bien sûr, ce chiffre peut varier considérablement en fonction de l’âge et de la maturité du SI, mais aussi de la sensibilisation des acteurs de la décision. »

 

Serious games : l’hôpital s’amuse

Sur une note plus légère, on trouvait également à Health-ITExpo plusieurs studios de création de jeux vidéo. Voilà en effet plusieurs années que les serious games, ces jeux vidéo à vocation pédagogique, ont pénétré l’univers de la santé. Nous avons pu rencontrer le studio CCCP qui présentait une de ses dernières réalisations, le Secret de l’Amarante.

Le secret de l'Amarante

Cette BD interactive qui s’adresse aux patients et à leur famille a été imaginée pour prévenir les maladies nosocomiales. On y suit Zoé, une petite fille venue rendre visite à son grand-père. Guidée par une aide-soignante, Alice, elle découvre en même temps que le joueur plusieurs conseils visant à éviter les risques d’infection. Le jeu est actuellement déployé au CHRU de Lille, un hôpital équipé de terminaux multimédia depuis plusieurs années.

 

Un peu plus loin, la start-up Dowino présentait GlucoZor, un jeu réalisé pour le prestataire de santé DinnoSanté et l’AJD, l’Aide aux Jeunes Diabétiques. Il s’agit ici de s’occuper d’un petit dinosaure souffrant de diabète en le nourrissant, le divertissant et en surveillant son taux de glycémie. Destinée aux enfants, l’application vise à les informer, les accompagner et les responsabiliser. Promu auprès des médecins qui peuvent ainsi le conseiller à leurs jeunes patients, le jeu est disponible gratuitement sur Google Play où il rencontre déjà un certain succès.

 

 

#Digitalforallnow à l’hôpital ? Le mouvement est déjà en marche !  Pas de doute,  l’hôpital est entré dans la course du numérique pour tous : avec l’essor sans précédent des technologies numériques, les établissements de santé peuvent développer des systèmes d’information toujours plus performants et proposer à leurs patients un parcours plus fluide dans lequel ils sont mieux pris en charge, mieux informés… et même divertis !

 

Pour aller plus loin : 

Santé, le meilleur des mondes avec les Big Data

Repousser les murs de l’hôpital… à coups de tablettes !

Dassault Systèmes aide les jeunes pousses du digital à prendre leur envol

Econocom 1 Juin 2015

Outscale, l’opérateur cloud de Dassault Systèmes, veut propulser des start-ups numériques jusque dans les nuages ! En créant son incubateur, Scaledome, le spécialiste de l’IaaS (infrastructure as a service), soutient les futurs champions du digital… et renforce sa compétitivité face aux géants américains.

 

L’incubateur Scaledome, ouvert il y a quelques jours, est situé au sein même des locaux d’Outscale, à Saint-Cloud. Cédric Joly, responsable du projet, explique :

« L’idée d’accueillir dans nos locaux les jeunes pousses du numérique est exaltante. Nous avons beaucoup à leur apporter, en termes de ressources, de connaissances et d’expérience, mais nous sommes tout autant impatients de pouvoir échanger et apprendre d’eux » 

Pendant les 12 semaines d’incubation, les start-ups sélectionnées vont pouvoir profiter gratuitement des services de cloud computing de la filiale de Dassault Systèmes… A terme, ces jeunes pousses des secteurs du machine learning, du big data ou encore de l’IoT deviendront donc vraisemblablement des clientes payantes des services d’Outscale.

L’accompagnement personnalisé comprendra aussi des formations sur les aspects financiers, commerciaux ou marketing. Elles seront assurées par des experts maison ou issus d’entreprises associées au projet, comme Cisco.

 

500 000 euros d’investissement

Si, cette année, 500 000 euros ont été investis dans le projet, la note 2016 devrait dépasser le million d’euros pour l’accompagnement de 12 start-ups. Une somme réunie grâce à plusieurs partenaires dont la maison-mère Dassault Systèmes.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 17 juin 2015. Les entrepreneurs préselectionnés « pitcheront » devant un jury de 20 experts lors des Cloud Days d’Outscale, le 25 juin. Quatre start-ups seront alors retenues pour rejoindre Scaledome dès septembre 2015. Après 3 mois, l’incubation se conclura par une présentation devant des investisseurs. Objectif : permettre aux « incubées » de prendre leur envol.

 

Des jeunes pousses pour faire naitre l’innovation

« Nous vivons une époque charnière où il devient crucial de repérer et aider les champions du numérique de demain. Les initiatives se démultiplient aujourd’hui en France et nous sommes ravis de contribuer à ce grand mouvement » 

Pour Laurent Seror, CEO d’Outscale, la cohabitation avec des start-ups démultipliera les capacités d’innovation d’Outscale et viendra donc consolider sa compétitivité par rapport aux géants du cloud… Il faut dire que l’entreprise a des rêves de grandeur et souhaite passer de 10 à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2018. A l’heure actuelle, Outscale dispose de deux centres de données en France, deux autres aux Etats-unis et un à Hong-Kong.

 

En mars dernier, c’est Partech Ventures qui venait financer les start-ups digitales innovantes avec Partech Entrepreneur II, un fonds d’amorçage d’un montant record de 60 millions d’euros abondé par plusieurs partenaires, dont Econocom. La société capital-risque avait aussi ouvert il y a quelques semaines le Partech Shaker, un campus de l’innovation installé en plein cœur de la capitale… Pas de doute, l’esprit entrepreneurial souffle sur le mouvement #Digitalforallnow !

 

 

Crédit photo : Brian Mullender – Dassault Rafale B / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

Raphaël Mastier, Microsoft France : Le secteur hospitalier doit industrialiser sa modernisation numérique

Raphaël Mastier 29 Mai 2015

Les  établissements hospitaliers ont-ils entamé leur transformation numérique ? Quelles sont les dernières innovations digitales dans le secteur de la santé ? A quoi ressemblera la médecine de demain ? Où en est la France en matière d’e-santé ? Etat des lieux du numérique à l’hôpital avec Raphaël Mastier, en charge du développement du secteur santé chez Microsoft France.    

 

 

Le numérique, véritable atout pour les hôpitaux

 

Où en sont les hôpitaux sur la question du numérique ?

« Historiquement, le numérique n’a pas été considéré comme quelque chose de stratégique dans le monde hospitalier. » 

Raphaël Mastier : Au fil du temps, les hôpitaux ont accumulé du retard sur le sujet. Du fait d’investissements assez faibles, des solutions ont été mises en place sans être renouvelées par la suite et sont devenues complètement obsolètes. Leur très forte fragmentation a complexifié le déploiement et l’interopérabilité et a fait qu’aujourd’hui, il est nécessaire de transformer beaucoup de choses.

 

 

Quid de la data dans le secteur hospitalier ?

 « La santé est un des secteurs qui produit le plus de données mais qui, paradoxalement, en exploite le moins. »

Nous avons trois types de données : la donnée médicale, la donnée administrative et la donnée financière. Si ces données étaient mieux exploitées, nous pourrions apporter une aide précieuse aux médecins et aux directions mais aussi participer à l’effort global de prévention Nous proposons des solutions d’analyse et de pilotage. A l’hôpital Saint Joseph, par exemple, des outils de business intelligence ont permis d’optimiser le taux d’occupation des lits et le temps d’attente aux urgences. Les personnels ont ouvert les yeux sur les données qu’ils avaient à disposition et cela leur a permis de beaucoup mieux piloter, surveiller et anticiper sur le fonctionnement de l’hôpital.

« Ce qui va arriver de plus en plus, c’est l’analyse prédictive, que l’on appelle aussi le machine learning, c’est-à-dire la capacité à analyser un certain nombre d’informations en amont pour améliorer le fonctionnement d’un système ou d’une organisation. »

Avec l’analyse prédictive, le temps d’attente aux urgences pourra être calculé à partir d’une analyse effectuée sur plusieurs années. Il sera ainsi possible d’anticiper les équipes et ressources nécessaires. Autre exemple : avec le machine learning, en analysant les données de tous les patients ayant une pathologie et étant hospitalisés pour la traiter, nous pourrons déterminer le meilleur moment pour les faire sortir de l’hôpital… Et éviter ainsi qu’ils soient ré-admis une semaine après. Grâce au machine learning, il sera possible de s’organiser beaucoup plus efficacement.

 

 

Vers une mutualisation des systèmes d’information de l’hôpital 

 

Autre sujet dont on parle beaucoup : le cloud.

 « La sécurisation des données va paradoxalement passer par leur externalisation. »

Ce n’est pas le métier premier de l’hôpital de sécuriser des données. Le cloud apporte cette capacité de sécurisation mais aussi de la souplesse pour les déploiements. Il n’est plus nécessaire de développer des services dans l’hôpital, il s’agit juste de les « consommer » au niveau des environnements de travail. Ce mode de fonctionnement va changer l’organisation des établissements hospitaliers dans le futur.

 

 

Quelle est votre méthodologie ? Comment travaillez-vous avec les hôpitaux ?

Nous avons un écosystème de partenaires, comme Econocom par exemple, qui couvre l’ensemble du territoire. Les solutions Microsoft sont souvent intégrées dans les hôpitaux par ces mêmes partenaires. Lorsqu’une validation éditeur est nécessaire, nous avons des consultants qui peuvent intervenir pour la mise en place.

Nous avons aussi des établissements qui viennent nous voir avec leurs problématiques spécifiques. C’est le cas de l’hôpital Saint Joseph qui souhaitait pouvoir analyser ses données pour optimiser son organisation.

Le collaboratif et les réseaux sociaux privés, c’est aussi un sujet très important puisqu’il faut trouver des solutions pour faciliter la communication entre les différents acteurs de l’hôpital. Nous sommes force de proposition et pouvons montrer ce qui fonctionne ailleurs. Souvent, nous prenons des exemples qui ne sont même pas dans le secteur de la santé pour expliquer ce que nous pouvons faire d’un point de vue technologique et ce que ça apporte aux équipes en place. Après, une fois que nous avons donné ces idées, nous travaillons sur un projet concret avec nos partenaires ou avec le client en direct.

 

 

 

Des personnels parfois frustrés par les retards de déploiement des nouvelles technologies

 

Comment ces transformations numériques sont-elles vécues par les personnels ?

« Au niveau des équipes, nous sommes souvent face à un problème d’obsolescence numérique. »

Un professionnel de santé qui travaille à l’hôpital s’attend à utiliser des solutions qui sont au standard de ce qu’on fait aujourd’hui en matière de numérique. Or, souvent, il y a une frustration causée par le retard de déploiement qui s’est accumulé au fil du temps puisque les solutions proposées dans son environnement numérique de travail ne sont pas forcément dernier cri.

Nous avons aussi le cas inverse, des hôpitaux qui sont très en avance et qui proposent des technologies avec lesquelles les personnels ne sont pas forcément à l’aise. C’est le cas par exemple des réseaux sociaux privés. Lors de la mise en place, il y a parfois un vrai travail de transformation interne à mener. L’accompagnement au changement se fait alors plutôt avec nos partenaires qui travaillent avec les ressources humaines ou avec les équipes de déploiement des systèmes d’information.

 

 

Et côté patient ? Que peuvent apporter les nouvelles technologies ?

« La vision qu’a le patient de l’hôpital est fonction de ce qu’il voit quand il est hospitalisé. La chambre est donc une véritable vitrine. »

Plus on aura des chambres connectées, plus la perception de l’hôpital qu’auront les patients sera positive. On peut citer l’exemple du CHRU de Lille qui propose un terminal patient dans la chambre. Le patient peut profiter d’un certain nombre de services. Il peut téléphoner, aller sur Internet, regarder la télévision… Des services à valeur ajoutée qui apportent du confort et l’aident à réduire son stress. Et lorsqu’un personnel soignant vient dans la chambre, il peut basculer sur l’application métier, sur ce même périphérique tactile.

L’information est un besoin qui sera aussi de plus en plus demandé. Quand un patient est admis pendant plusieurs jours, il est souvent dans un tunnel en matière d’information : on doit lui faire des examens et des soins mais il n’a pas forcément une vision très claire de l’heure de ces soins ou du nom du médecin qui les pratique.

« Le scénario du futur, c’est peut-être que, lors de chaque admission à l’hôpital, une application sur smartphone informe sur le parcours et les traitements, en temps réel. »

Aux Etats Unis, on travaille sur l’ouverture au patient lui-même du dossier informatisé. Le patient devient alors acteur du flux d’information articulé autour de son dossier. En France, c’est encore nouveau.

Pour analyser la perception qu’ont les patients ou les usagers d’une ville ou d’une région des services de santé qu’il développe, l’hôpital peut aussi faire de l’analyse des sentiments sur les réseaux sociaux. Il en tire ainsi des informations qui lui permettront de piloter ses transformations par rapport à la perception qui a été mesurée.

 

 

Faciliter l’hospitalisation à domicile 

 

Pour des raisons de compétitivité, le temps d’hospitalisation va se réduire et on va développer de plus en plus l’hospitalisation à domicile (HAD). A Paris, l’APHP a choisi des tablettes Windows  pour optimiser le suivi du patient au domicile en permettant la coordination entre plusieurs acteurs. Les infirmières qui interviennent au domicile peuvent utiliser la tablette qui devient en quelque sorte un cahier de suivi dématérialisé et synchronisé avec le système d’information de l’hôpital

« La chambre d’hôpital va devenir le maillon d’une chaine dans laquelle le numérique servira de liant. »

Nous sommes à la fois sur des sujets numériques en amont de l’hospitalisation pour la préparer et pour qu’elle soit optimisée en fonction du profil du patient. En aval de l’hospitalisation, les objets connectés vont prendre le relais pour le suivi à distance du patient.

 

 

Où en est la France par rapport au reste du monde sur ces thématiques ?

En France, nous souffrons d’une réglementation très complexe qui n’encourage pas forcément le développement de start-ups. Aux Etats-Unis, c’est peut-être un peu plus facile de démarrer sur des sujets comme la santé.

« Nous avons des sociétés très innovantes dans le secteur de la santé et encore plus dans le bien-être. Sur la partie matériel médical, salles d’opération, cœurs artificiels… Nous sommes très en avance. Mais, paradoxalement, quand on regarde la donnée numérique et le taux d’équipement informatique dans l’hôpital, nous sommes souvent sur des usages datés voire encore au papier. Il y a un vrai décalage. »

Dans d’autres pays, notamment les pays nordiques, les investissements sont beaucoup plus forts sur le numérique, les systèmes qui sont plus à jour. Or, à partir du moment où les socles numériques sont modernes, il est possible de construire des services beaucoup plus facilement.

« Aujourd’hui, un accent est donné sur le numérique… Cela va permettre d’accélérer de grands projets de transformation numérique dans les hôpitaux. »

 

 

Pour aller plus loin :

La télémédecine pour une santé accessible à tous, partout : regards croisés de Pierre Simon et Nicolas Vaillant

Santé : « Avec une tablette dans la chambre, je me sens comme à la maison »

Santé mobile et connectée : l’utilisateur au cœur des innovations

 

 

Crédit photo : GotCredit – Health / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

CCI Normandie : un « serious game » pour sensibiliser à l’intelligence économique

Econocom 18 Mai 2015

Les serious games, ces jeux vidéo pédagogiques, ont débarqué dans nos entreprises et organisations depuis plusieurs années déjà. Des RH à la santé en passant par l’éducation, nombreux sont les secteurs qui utilisent ces supports interactifs et ludiques pour faire passer des messages ou vulgariser des informations. Il y a quelques semaines, c’est la Chambre de commerce et d’industrie Normandie qui s’est lancée. Objectif de son jeu sérieux ? Former les dirigeants d’entreprises et leurs collaborateurs à l’intelligence économique en abordant des thématiques aussi sensibles que la sécurisation des données, les réseaux sociaux ou le piratage informatique…

 

Serious game - CCI Normandie 

Dans CCI intelligence économique, le jeu sérieux, le joueur incarne Henri ou Marie, employé(e) chez ZDONG innovation, un spécialiste des ressorts électroniques gonflables multicouches.  Huit scénarios permettent d’être mis face à des sujets qui concernent nombre d’entreprises : vol d’information ou de prototypes, piratage de site Internet, escroquerie…

Chacune des courtes saynètes interactives est un prétexte pour communiquer sur une ou plusieurs bonne(s) pratique(s) : clauses de confidentialité, sauvegarde des données, appareils mobiles en déplacement… Des liens vers des sites et d’organismes de référence sont également proposés. Et, s’il désire en savoir plus, l’internaute peut aussi s’adresser à la CCI Normandie pour un effectuer un audit sur le sujet.

 

Serious Game CCI Grand Hainault

Ce n’est pas le premier serious game lancé par une CCI. L’année dernière, la CCI Grand Hainault avait développé Ma Ch’tite entreprise, un jeu destiné à promouvoir l’esprit entrepreneurial. Le joueur devait alors endosser le costume d’un entrepreneur pour valider les notions indispensables à la gestion d’une entreprise.

 

La rencontre du jeu vidéo et l’e-formation

Les serious games des CCI de Normandie et du Grand Hainault s’inscrivent dans la sous-famille des learning games, c’est-à-dire des jeux dont l’objectif premier est la formation. La forte attractivité de ce type de dispositifs permet de stimuler l’engagement et la motivation du public visé de manière à favoriser l’apprentissage. Cette tendance à la gamification a d’ailleurs le vent en poupe puisque le jeu vidéo touche aujourd’hui des secteurs dont il était auparavant exclu comme l’assurance, l’agriculture ou la science… Et avec la digitalisation de la société, ce phénomène pourrait encore s’accélérer dans les prochaines années !

Exhauss, exosquelettes de travail : « L’engouement contre la résistance au changement »

Econocom 13 Mai 2015

Bientôt, tous des « Iron Man » ?  Peut-être. Aujourd’hui, le concept d’homme augmenté, c’est-à-dire aux performances améliorées par la technologie, est devenu une réalité.

Exhauss est la première société au monde à commercialiser des exosquelettes de travail. Ces structures d’assistance à l’effort sont destinées à renforcer les capacités physiques des travailleurs tout en préservant leur capital santé. Les exosquelettes Exhauss se présentent sous la forme de harnais mécaniques ou électromécaniques qui, une fois portés, donnent aux ateliers ou chantiers des allures de films de science-fiction.

Comment fonctionnent ces exosquelettes ? Comment convaincre entreprises et salariés de bouleverser leurs habitudes de travail ? Comment lutter contre les résistances au changement ? Réponses avec Pierre Davezac, Directeur Général d’Exhauss.

 

 

Des exosquelettes pour prévenir les troubles musculo-squelettiques

Pouvez-vous nous présenter votre activité et vos produits ?

Pierre Davezac : Une de nos particularités vient de notre histoire. Exhauss est une marque de la société L’Aigle, le seul fabricant français de stabilisateurs de caméras pour le cinéma et la télévision… En fait, cela fait 12 ans que nous fabriquons des exosquelettes qui n’en avaient pas encore le nom !

« La grande spécificité de notre approche, c’est que nous utilisons notre savoir-faire en mécanique pour faire des exosquelettes qui sont déjà fonctionnels plutôt que de passer par des techniques encore immatures à ce jour comme la robotique, l’hydraulique ou l’électrique… Ces techniques sont encore dans des phases de laboratoire alors que nous sommes déjà en phase commerciale depuis quasiment deux ans. »

Nous avons plusieurs modèles. Le plus simple, le modèle H (Hanger) est une potence installée sur un harnais porté par l’opérateur de manière à le transformer en une sorte de grue humaine. Il peut ainsi mettre en suspension devant lui n’importe quel outil de travail ou charge à transporter avec une sensation d’absence totale d’effort physique. Nous déclinons ce modèle avec un treuil électronique : L (Lifter) permet d’arrimer une charge au sol pour ensuite la voir se soulever devant soi simplement en appuyant sur un bouton.

Exosquelettes de travail EXHAUSS

D’autres modèles sont interfacés avec les membres de l’opérateur. Avec l’exosquelette W (Worker), les bras sont portés et renforcés par la structure mécanique. L’opérateur peut donc effectuer toutes ses tâches quotidiennes et manipuler des outils de travail sans en ressentir le poids… Ce qui donne une sensation de confort assez étonnante ! Le tout dernier modèle, le S (Stronger)  est lui mécatronique, c’est-à-dire qu’on trouve au niveau des bras une balance (ou peson) associée à une carte électronique, un moteur et une batterie. Ainsi, lorsque l’opérateur saisit quelque-chose, le poids est mesuré et des petits moteurs sont actionnés pour adapter la capacité de portage mécanique des bras.

« Quand l’opérateur est à vide, les « exobras » n’ont aucune force et, dès qu’il saisit un objet, l’exosquelette augmente sa force pour lui permettre de porter sans aucun effort. »

Pour le moment, nous nous occupons des parties les plus faibles et les plus fragiles du corps, les bras et le dos, mais cela va changer d’ici la fin de l’année puisque que nous allons rajouter des jambes mécaniques pour faire des exosquelettes « complets ».

 

BTP, logistique, automobile… Un carnet de commandes bien rempli !

Qui sont vos clients ?

La plupart du temps, ces programmes sont assez confidentiels. Le premier secteur à avoir passé commande, c’est le BTP. Nous travaillons aussi avec des acteurs importants de l’industrie automobile, de la logistique, notamment des enseignes de grande distribution, et avec beaucoup d’entreprises qui font de la manipulation répétitive. Nous avons aussi comme clients des préparateurs de commande du domaine de la cosmétique : ils mélangent des produits et doivent donc porter des seaux de matières chimiques plutôt pesants…

« Notre spectre de clients est très large puisqu’il y a dans pratiquement toutes les sociétés un moment où quelqu’un porte quelque chose de lourd. »

Dans la majorité des cas, nous avons affaire aux chargés HSE (Hygiène, sécurité, environnement) ou QSE (Qualité, sécurité, environnement) ou à des ergonomes… Bref, des gens qui sont payés pour faire de la veille technologique. En général, le contact vient d’un pilote de projet au sein de l’entreprise et est suivi d’un processus d’achat, souvent extrêmement long.

 

Lutter contre la résistance au changement

Quels sont les freins que vous devez lever ?

« Quand nous nous déplaçons pour présenter nos solutions, nous nous retrouvons face à des dizaines de cadres, HSE, QSE, CHSCT, médecins, ergonomes, direction des achats, directeurs d’usines… qui sont réunis pour améliorer les conditions de travail des salariés… Et c’est souvent ce dernier qui dit «  Oh non, je ne veux pas me mettre ça sur le dos ! ».

Il existe vraiment un a priori sur les exosquelettes, en tout cas chez certaines populations. Les jeunes sont davantage sensibilisés au fait de protéger leur santé et ont souvent vu des films de science-fiction comme Iron Man ou Alien… Ils sont donc plus réceptifs. Pour les gens qui travaillent depuis 10 ans ou plus avec les mêmes habitudes, le parcours est beaucoup plus long. Pour faire accepter les exosquelettes, on se repose sur les équipes d’encadrement.  Le changement se fait en douceur avec une présentation du concept et des journées au cours desquelles les personnels peuvent venir essayer les exosquelettes et donner leurs avis…

 

Assurez-vous la formation des personnels ?

Nous nous déplaçons systématiquement pour faire une mise en place des exosquelettes sur site. Nous assurons quelques briefs techniques le fonctionnement du matériel  et faisons beaucoup d’éducation posturale. Très souvent, nous remarquons les mauvaises habitudes qui sont implantées et que, finalement, plus personne ne voit.

« La mise en route des exosquelettes s’accompagne d’une réflexion sur la manière de travailler. »

Récemment, nous avons mis en place un exosquelette pour un sableur qui tenait une lance assez lourde. Ce sableur avait déjà à sa disposition une table élévatrice pour faire tourner ses pièces sur elles-mêmes mais il ne s’en servait pas, il préférait se contorsionner ! Lors de cette formation, nous avons insisté sur le fait que l’exosquelette permettait d’être soulagé du poids de la lance mais nous avons aussi alerté sur la nécessité de se servir du matériel disponible.

 

Avez-vous des premiers retours d’utilisation ?

Oui, nous en avons beaucoup. Notamment un exemple assez parlant dans le milieu du BTP. Un salarié devait poncer les 1 000 mètres carrés  du plafond du lobby d’un palace parisien. Ce ponçage devait se faire à la main pour une meilleure qualité de finition… Un travail absolument terrible ! Avant l’exosquelette, la personne ponçait 10 ou 15 minutes bras levé et faisait ensuite 20 minutes de pause… Ce qui donnait environ 4 mètres carré de plafond poncé par jour. Grâce à l’exosquelette, les chiffres sont plutôt de 18 mètres carré par jour, sans forcer. Le fait de ne plus se fatiguer les bras dans cette position très difficile a permis au salarié de travailler beaucoup mieux et beaucoup plus vite, donc avec un meilleur rendement. On nous a raconté qu’avant, le soir, il rentrait chez lui et se jetait sur le canapé absolument exténué… Alors qu’aujourd’hui, il s’occupe de sa famille !

 

Avez-vous des concurrents sur ce marché ?

« Dans le monde, nous sommes les seuls à faire ce que nous faisons. » 

Il existe des gens qui sont sur le thème des exosquelettes mais  plutôt avec une approche thérapeutique ou médicale, c’est-à-dire pour permettre à des gens qui sont sur un fauteuil roulant de se remettre à marcher. Il y aussi tout ce qui est militaire avec l’américain Sarcos ou l’université de Berkeley … Nous sommes les seuls à œuvrer pour les travailleurs d’aujourd’hui, pour ces gens qui s’abiment vraiment la santé… Mais nous savons bien que la concurrence ne va pas tarder à arriver !

 

Demain, les particuliers seront-ils tous équipés d’exosquelettes pour effectuer chez eux des travaux d’entretien ou de bricolage ?

Nos exosquelettes coûtent entre 4 et 10 000 euros. Ça rentre dans les budgets des entreprises mais, pour les particuliers, c’est une somme conséquente… Donc, l’essor de l’exosquelette dépendra du déploiement sur le terrain car c’est ce qui fera baisser les prix.

« Techniquement, nous sommes prêts mais il faut aussi habituer l’œil à voir quelque chose d’aussi spécial que les exosquelettes dans les usines ! »

 

 

Pour en savoir plus :

De l’industrie aux services, le « savoir-faire » des robots évolue

Et si votre futur collaborateur était un « cobot » ?

Un robot mobile dans les hôpitaux américains

 

Crédit photo : wwwuppertal – Iron man / Flickr.com / Licence CC BY-NC 2.0

Le #télétravail pour lutter contre l’exode rural ?

Econocom 7 Mai 2015

Le département du Gers n’est pas uniquement un champion de la gastronomie, c’est aussi un pionner dans le domaine du télétravail. Depuis 2008, Soho Solo facilite l’intégration des travailleurs indépendants et télésalariés dans la région. Imaginé par la Chambre de commerce et d’industrie du département, ce programme vise à dynamiser l’économie locale en attirant des professionnels de nombreux domaines : numérique, communication, traduction, arts… Comment ? En les accompagnant dans leur installation, en les soutenant dans leur parcours et en leur offrant les moyens de rester connectés.

 

Entre l’Atlantique et les Pyrénées, le Gers est un département dans lequel il fait bon vivre. Pourtant, ces dernières années, il a vu partir nombre de ses habitants… Et a donc dû réagir. Audrey Fievet, Chargée de développement économique à la chambre de commerce et d’industrie du Gers témoigne :

 « Les petits villages se dépeuplaient… Il fallait donc trouver une nouvelle cible de gens qui aient envie de s’installer à la campagne. Nous nous sommes dit : pourquoi pas les indépendants ? » 

C’est suite à cette réflexion qu’est né Soho Solo – Small Office Home Office -, un programme innovant d’aide à l’installation de télétravailleurs. Outre l’information, l’accueil et l’accompagnement du projet professionnel, la CCI à l’origine du projet a mis en place des dispositifs destinés à permettre à ces nouveaux gersois de travailler à distance dans les meilleures conditions possibles.

 

Connexion aDSL, télécentres et espaces de coworking

Maillon indispensable : la connexion. 94 % des 6 257 km² du Gers sont aujourd’hui couverts par l’ADSL. L’infrastructure est financée par les collectivités locales (région et département). Pour les communes trop éloignées des centraux de télécommunication pour être desservies, un projet de déploiement de réseaux Wifi est en cours.

 

Huit télécentres ont également été installés un peu partout dans le département. En offrant un accès ponctuel gratuit à des bureaux équipés, ces espaces de travail permettent aux entrepreneurs de recevoir des clients ou d’organiser des réunions professionnelles. Les télétravailleurs qui le souhaitent peuvent également louer un bureau sur la durée dans un des deux espaces de coworking.

 

Autre lieu destiné à créer des synergies, le Club Soho Solo rassemble chaque mois la communauté des indépendants et télésalariés pour leur permettre d’éviter l’isolement professionnel, d’échanger… et d’étoffer leurs carnets d’adresses ! Sur le web, un extranet met à leur disposition un annuaire interne et une newsletter.

 

En tout, ce sont 47 villages d’accueil et 31 villages associés qui ont été impliqués dans la démarche Soho Solo et s’engagent donc à offrir les meilleures conditions d’installation et d’intégration aux télétravailleurs.

 

70 % des « Soho SOlo » sont des acteurs de l’économie numérique

La plupart des télétravailleurs du Gers sont des indépendants ou des entrepreneurs qui bénéficient de l’accompagnement de la CCI du Gers dans leur projet professionnel. Mais certains sont aussi des salariés qui ont su convaincre leurs employeurs de passer au télétravail. Dans ce cas, leur contrat est modifié par un avenant qui spécifie toutes les informations liées à leur activité de télétravailleur dans le Gers.

Depuis le lancement du programme, plus de 200 « Soho Solo » sont venus s’installer dans le Gers avec leur famille… soit un total de plus de 500 nouveaux Gersois qui participent à la dynamique économique locale. Pour eux, plus de pics de pollution, de métros bondés ou d’immobilier inaccessible : en quittant les grosses agglomérations, ces télétravailleurs bénéficient d’une vie plus confortable… Un changement qui ne pourrait pas avoir lieu sans le numérique !

 

Pour aller plus loin : 

« Plus personne n’a de bureau » à la Sécurité sociale belge

– Le télétravail chez Econocom et Michelin

 

Crédit photo : Shereen M – Day 88 | June 28 2008 | Yay! / Flickr.com / Licence CC BY-NC-ND 2.0

Grand Lyon : la Métropole intelligente qui fait rugir l’innovation

Karine Dognin-Sauze 6 Mai 2015

Comment se saisir des nouvelles technologies pour en faire une source de progrès ? Comment organiser la mutation industrielle du territoire et construire un espace qui réponde à la contrainte énergétique, à la forte congestion du trafic et garantisse une vie heureuse en ville ? Réponses avec Karine Dognin-Sauze, Vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l’Innovation, de la Métropole intelligente et du Développement numérique.

 

Grand Lyon Métropole Intelligente

 

Karine Dognin-Sauze vient du monde de l’entreprise. Après une vingtaine d’années à travailler dans le secteur des jeux vidéo pour l’américain Electronic Arts, elle a intégré le groupe GL Events où elle a mis en place une structure dédiée à l’innovation. Ses premières responsabilités politiques sont arrivées en 2007. Dès le départ en charge d’une délégation portant sur les nouvelles technologies, elle a travaillé à positionner le numérique comme une priorité pour le territoire et s’est intéressée à la question de la mutation industrielle par le digital. Karine Dognin-Sauze a ouvert le grand chantier de la ville intelligente à Lyon il y a déjà 7 ans. Aujourd’hui, sur son nouveau mandat de vice-présidente de la Métropole de Lyon, elle est en charge des questions qui touchent au numérique et à l’innovation.

 

  « Il me semble absolument essentiel que, sur cette question de la ville intelligente, la vision politique puisse prendre place : nous sommes sur une vision qui consiste à préparer un territoire à son avenir et notamment à son entrée dans le 21ème siècle. »

 

En quoi la Métropole de Lyon est-elle « intelligente » ?

 

 Karine Dognin-Sauze : Nous sommes une ville avec une très forte croissance territoriale. Lyon Confluence est une véritable vitrine technologique en termes de standards énergétiques et des quartiers comme celui de la Part-Dieu vont connaitre une phase de rénovation intense sur les 10-15 prochaines années. Nous avons ouvert de grands projets urbains pour donner place à des expérimentations dans les champs de l’énergie, de la mobilité, de la santé ou de l’intelligence collective. Aujourd’hui, 40 projets d’expérimentation, organisés sur des cycles courts de 3 à 5 ans, viennent chercher des innovations de rupture et donnent une facette très tangible de ce que peut être une ville intelligente, au-delà du seul concept.

 

Nous souhaitons permettre à notre tissu économique d’engager sa mutation. Un des préalables a été de consolider notre force de frappe dans le champ du numérique pour pouvoir travailler avec des acteurs de différents domaines, industrie des contenus digitaux, logiciel ou innovation web, et de mêler ces expertises à celles d’acteurs d’autres domaines comme la chimie ou la santé.

Quartier Lyon Confluence

 

Aller Chercher l’innovation en réunissant des acteurs très différents

 

Justement, qui sont les acteurs qui participent aux différents projets de la Métropole de Lyon ?

 

 Tous les projets mis en place intègrent systématiquement des consortiums d’acteurs venant d’horizons très différents. La démarche du Grand Lyon Métropole Intelligente est à la fois un accès marché donné à des créateurs d’entreprise et la possibilité pour des grands groupes de confronter leurs solutions avec d’autres.

« Nous cherchons à dépasser la seule logique d’innovation pour accéder à des expertises dans des domaines différents et à mélanger les genres d’acteurs : grandes entreprises et acteurs entrants, acteurs locaux et acteurs internationaux. » 

Nous ne sommes pas simplement sur des projets qui visent à transformer la ville, ce sont aussi des projets qui, au travers de la transformation de la ville, doivent produire de l’innovation et stabiliser des modèles économiques. La chaîne de valeur est en train de se recomposer et, nombre d’acteurs proposant des services, que ce soit des services énergétiques ou des services de mobilité, sont en recherche de ces modèles économiques.

« En tant que collectivité, nous avons complètement repensé notre façon de faire la ville : nous sommes sortis de la logique d’appels à projets pour une logique « bottom up » dans laquelle nous organisons les conditions de l’innovation. » 

Dans cette optique, nous avons orienté nos ressources sur la gouvernance et sur la création de lieux d’innovation. Nous avons par exemple travaillé sur la mise en réseau de l’ensemble des espaces de coworking pour permettre à ces communautés d’innovation de se regrouper.

Il y a maintenant quelques mois, nous avons inauguré TUBÀ – tube à expérimentation urbaine -, un Living Lab qui associe données publiques et privées pour co-concevoir directement avec les usagers finaux, c’est-à-dire intégrer des acteurs d’horizons différents qui seront force de proposition sur les nouveaux services. TUBÀ a d’ailleurs été implanté à proximité de la gare de la Part-Dieu, un quartier qui attire une population diversifiée, sollicitée très en amont dans la conception de ces nouveaux services urbains.

 

 

Pouvez-vous nous citer des exemples concrets de « projets intelligents » ?

 

Nous intervenons dans différents domaines. Le premier c’est l’énergie. Un des projets  smart grids les plus remarquables est probablement celui qui prend place dans le quartier Lyon-Confluence : Lyon Smart Community, financé à hauteur de 50 millions d’euros par le NEDO, une agence paragouvernementale japonaise. Une cinquantaine de partenaires sont impliqués dans la réalisation de ce projet qui consiste en la construction d’un lot de bâtiments à énergie positive, Hikari, que les premiers habitants intégreront d’ici juin. Le surplus d’énergie produit par ce lot de bâtiments alimente Sunmoov’, une flotte de voitures en auto-partage qui tournent en boucle dans le quartier et permettent aux nouveaux arrivants de ne pas forcément être propriétaires d’un véhicule.

 

Nous avons un autre projet qui s’appelle Smart Electric Lyon, conduit par EDF, dont l’objectif est notamment de créer des services énergétiques qui seront adossés aux compteurs communicants Linky.

 

Concernant la mobilité, le projet Optimod’ rassemble l’ensemble des données de mobilité de  tous les opérateurs : transports en commun, taxis, parkings, services en auto-partage Bluely mais également bike sharing puisque Vélov existe maintenant au sein de l’agglomération depuis plus de sept ans. L’objectif est de produire une centrale de mobilité qui permette de faire du prédictif de trafic à une heure. C’est une innovation de rupture mondiale, sans équivalent. Cette centrale de mobilité permet de donner naissance à tout un faisceau de services, à la fois pour la mobilité individuelle mais également sur le fret de marchandises à l’échelle de l’agglomération. Très concrètement, à Lyon, l’application Onlymoov’ vous permet de calculer votre trajet multimodal d’un point A à un point B en intégrant les données de trafic et de congestion.

Transports à Lyon

Sur l’intelligence collective, nous avons lancé il y a une dizaine de jours un projet qui s’appelle City Remix : sur des lieux de flux, comme par exemple à la gare Saint Paul à Lyon, nous mobilisons des citoyens pendant quelques jours pour leur faire produire des propositions de services, des idées sur les nouvelles façons de vivre en ville…

 

 

Comment communiquez-vous sur ces projets auprès des citoyens ?

 

Au niveau de la population, nous communiquons projet par projet parce qu’il y a un effort d’éducation extrêmement important à faire sur la thématique globale de la smart city.

« En tant que telle, la ville intelligente ne signifie rien pour les citoyens»

 Nous essayons d’être très pragmatiques en montrant comment ces projets peuvent changer la vie de tous les jours. La question de l’innovation est en permanence présente dans l’agglomération : en marchant dans une rue, vous pouvez croiser un véhicule sans chauffeur ou voir de nouveaux panneaux dynamiques en phase de test. Nous essayons d’habituer la population à ces nouveautés et nous utilisons aussi beaucoup l’évènementiel, c’est-à-dire nos grands évènements d’agglomération comme la Fête des Lumières et ses 4 millions de visiteurs, pour montrer ce que l’interactivité peut apporter.

« Nous évitons de mettre les nouvelles technologies au centre des propos, nous parlons plutôt de ce que cela peut permettre. » 

Pour l’instant, les retours sont plutôt positifs. Mais c’est vrai que sur certains projets d’expérimentation et notamment sur le volet habitat social de Lyon Smart Community, il a vraiment fallu expliquer à des personnes qui sont dans des logements parfois un peu obsolètes, pourquoi l’énergie est une question importante. Il faut alors les convaincre de l’utilité d’un projet qui porte sur autre chose que sur leurs besoins essentiels… C’est un travail au cas par cas.

 

 

Donner du sens et s’inscrire dans une démarche globale

Sur la thématique de la ville intelligente, où situeriez-vous la France dans l’échelle mondiale ?

 

En France, le contexte est très particulier : nous devons faire avec des bâtis existants, nous avons toute une culture qu’il faut intégrer, ce qui n’est pas toujours le cas à l’étranger.

Nous sommes aussi probablement moins tombés dans des démarches purement commerciales avec des acteurs du numérique qui ne connaissent pas véritablement les paradoxes d’une ville et cherchent à placer des solutions pensées hors-champ sans forcément appréhender correctement l’acceptation de la population ou la correspondance avec des aspirations dans la vie quotidienne.

« Ma conviction, c’est qu’en Europe, et en France en particulier, nous avons vraiment une voie alternative à proposer sur ces concepts de villes intelligentes. En tout cas, c’est ce que l’on cherche à faire à Lyon. » 

La façon dont la ville intelligente doit être réappropriée par les habitants est un sujet à part entière : la question est de savoir en quoi cela représente un progrès et comment ceux à qui sont destinées ces villes intelligentes se les approprient vraiment, quelles sont leurs envies, comment intégrer ce qu’ils souhaitent au travers de projets conséquents… Les médias commencent à évoquer les villes intelligentes et c’est une bonne chose car, souvent, la perception n’est pas forcément si positive que ça… Il faut trouver de nouvelles façons d’en parler.

« Inéluctablement, aujourd’hui, les nouvelles technologies imprègnent la façon de vivre en ville, viennent percuter les modèles d’organisation, remettent en question les modes de faire et les modes d’administrer… Et nous n’en sommes qu’au début ! »

 

 

Pour aller plus loin :

Eric Legale d’Issy-les-Moulineaux: « L’innovation est dans notre ADN »

Cit’Ease de GDF SUEZ : « Accompagner les villes dans la transformation numérique de leur territoire »

Jean-Louis Missika : « Une smart mairie pour une smart city »

 

Crédit photo : K.G.Hawes – Faux Tilt-Shift: Lyon, Laury Rouzé -Passerelle de la Confluence et Connie Ma – Greater Lyon looks pretty confusing… / Flickr.com / Licence CC BY-NC-ND 2.0 et Alpaca / Métropole de Lyon

Les professeurs veulent faire entrer l’école dans l’ère digitale, NOW !

Econocom 30 Avr 2015

Généraliser l’usage des outils et ressources numériques est une des mesures clés du projet de loi pour la refondation de l’Ecole. Pour le gouvernement, comme pour beaucoup de professionnels de l’éducation, la transformation numérique est une ambition forte qui doit être au service d’une Ecole plus juste et plus égalitaire. C’est en effet grâce au digital que nous pourrons trouver des réponses aux défis que doit aujourd’hui relever l’Education nationale : réduction des inégalités, lutte contre le décrochage scolaire, ouverture de l’Ecole sur le monde…

C’est dans cette optique qu’a été lancée en début d’année la Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation. Objectif : éclairer les choix politiques à venir en interrogeant les enseignants, collectivités, acteurs associatifs mais aussi parents et élèves. Les premiers résultats ont été publiés la semaine dernière.

Concertation nationale sur le numérique pour l'éducation

Ecole numérique = élèves plus motivés ?

Les outils et ressources numériques contribuent à multiplier les situations d’apprentissages et sont donc de véritables atouts en matière de pédagogie. Nous vous parlions récemment de la twictée, cette dictée interactive qui se fait sur Twitter, mais les exemples sont nombreux : classes inversées, robots intelligents, tableaux blancs interactifs…  Avec les outils digitaux, les élèves sont incités à publier et échanger davantage sur Internet. Dans un lycée non loin de Poitiers, les jeunes sont ainsi invités à créer et à partager leur WEBfolio, un portfolio numérique destiné à regrouper leurs travaux scolaires et personnels. Pour 82% des professionnels ayant répondu à l’enquête, les dispositifs numériques permettent aux enfants d’essayer, de se tromper et de recommencer. Le digital fait naitre chez les élèves une relation au savoir plus stimulante en les aidant à développer leur créativité – 77,8% des professionnels estiment en effet que le numérique permet aux jeunes de créer et produire par eux-mêmes – et en les impliquant davantage dans leurs apprentissages.

Concertation nationale sur le numérique pour l'éducation

La formation des enseignants au numérique, une nécessité

Si plus de neuf professionnels sur 10 souhaitent bénéficier d’une connexion Internet simplifiée et sécurisée en classe et avoir accès à des ressources pédagogiques numériques variées et de qualité, ils sont aussi 97,5 % à vouloir disposer des équipements nécessaires pour préparer leurs cours dans de bonnes conditions. Autres désidératas : un catalogue de ressources et de services dédiés à l’éducation (95,5 %), des formations aux usages pédagogiques du numérique (93,4 %) et à la culture digitale dans son ensemble (90,3 %) ainsi qu’un accompagnement de proximité pour l’utilisation quotidienne du numérique (93,3 %).

Les enseignants ne sont cependant pas encore tous pour la dématérialisation des manuels scolaires : plus de la moitié d’entre eux souhaite conserver les ouvrages papier.

Concertation nationale sur le numérique pour l'éducation

Au final, pour les enseignants et les professionnels de l’éducation, le numérique va permettre d’ouvrir l’Ecole vers le monde extérieur, notamment en facilitant l’accès à différents fonds documentaires (CDI, médiathèques…) et à de multiples ressources en ligne (94,4 %), en favorisant les échanges internationaux (85 %) et en permettant de tisser des liens avec des pôles scientifiques et technologiques (80,2 %).

 

Les résultats complets de l’enquête de la Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation sont disponibles en ligne.

 

 

Pour aller plus loin :

Réponses de Syntec Numérique à la Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation

Reportage au lycée général et technologique Sainte Marie où le pari du digital a démarré il y a plus de 10 ans

Sans digital à l’école aujourd’hui, pas d’emploi demain

 

Crédit photo : Leonardo Augusto Matsuda – Amigos do Planeta – Inclusão Digital é isso aí! / Flickr.com / Licence CC BY-NC 2.0

Eric Legale d’Issy-les-Moulineaux: « L’innovation est dans notre ADN »

Eric Legale 28 Avr 2015

A Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, les enfants apprennent avec des vidéos interactives, leurs parents payent le stationnement depuis leurs smartphones et les seniors entraînent leur mémoire grâce à un robot. Si cette ville de plus de 65 000 habitants fait partie des plus connectées de France, elle a aussi déjà bien entamé sa réflexion sur la thématique de la smart city : ouverture des données, mise en place d’un smart grid, projets de smart mobilité… Découverte et entretien avec Eric Legale, Directeur Général d’Issy Média, l’entreprise publique locale en charge de la communication et des projets d’innovation de la ville.

 

Issy-les-Moulineaux, ville connectée

 

issy-Les-Moulineaux, une ville totalement Digital for all now !

Quand on évoque la ville intelligente, on pense souvent à Issy-les-Moulineaux, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Eric Legale : A Issy-les-Moulineaux, nous avons démarré notre stratégie numérique il y a très longtemps : cette année, nous célébrons le 20ème anniversaire du premier pont d’accès Internet gratuit pour les habitants. Nous avons toujours investi dans le numérique pour développer notre tissu local et pour renforcer notre attractivité économique en attirant de nouvelles entreprises et de nouveaux habitants. L’innovation est dans notre ADN : nous cherchons à conserver le temps d’avance dont nous profitons en expérimentant, en étant pragmatiques et en accompagnant les usages auprès de nos habitants.

 

Quelles sont les innovations dont peuvent dès maintenant profiter les isséens ?

Aujourd’hui, un habitant d’Issy-les-Moulineaux peut accéder à tous ses services administratifs en ligne : tout ce qui est possible d’une manière numérique est à sa disposition. Il peut par exemple payer la cantine de ses enfants par Internet, réserver les créneaux des centres de loisirs le mercredi après-midi ou le week-end, payer son stationnement avec son téléphone mobile ou emprunter un DVD dans une des médiathèques de la ville et le retourner un dimanche soir s’il le souhaite grâce à un système de remise électronique. A l’école, les enfants travaillent avec des vidéos numériques interactives. Cette semaine, nous venons aussi de mettre à disposition des seniors de la ville un robot NAO qui fait avec eux des cours de gymnastique et des exercices de mémoire.

« Des services numériques sont proposés dans tous les secteurs d’activité, pour toutes les catégories de population, pour tous les âges. »

En ce moment, nous travaillons beaucoup sur les projets de mobilité en testant notamment des applications smartphone qui permettent aux habitants de rechercher une place de stationnement, d’utiliser un parking privé ou encore de visualiser les bus en temps réel et donc de pouvoir attraper le leur parce qu’il arrive au coin de la rue.

 

Comment les habitants d’Issy-les-Moulineaux vivent-ils la digitalisation de la ville ?

La population est massivement connectée à Internet et ce, depuis maintenant de longues années. Les habitants sont très utilisateurs et très demandeurs : si les gens se plaignent, ce n’est pas en raison des services proposés, c’est plutôt parce qu’ils n’ont pas encore suffisamment de très, très haut débit (Issy-les-Moulineaux sera néanmoins la première ville de plus de 50 000 habitants à être fibrée à 100% à la fin de cette année). Concernant les services numériques, les gens les utilisent à leur rythme, s’ils en ont besoin :

« Notre envie, ce n’est pas d’imposer, c’est de dire : ces services numériques existent et peuvent vous faciliter la vie, vous pouvez les utiliser ou non… C’est très pragmatique comme stratégie. »

 

Quelle est la politique de la ville en matière d’open data ?

Nous avons démarré notre stratégie open data il y a maintenant trois ans. Nous avons commencé par les données du budget municipal… L’acte le plus fort qu’une municipalité puisse faire !  Nous venons récemment de nous doter d’une nouvelle plateforme, via Open Data Soft,  pour faciliter la visualisation des données. En effet, l’une des principales difficultés de l’open data, c’est qu’il s’agit de données brutes ! Aujourd’hui, plusieurs dizaines de jeux de données sont en ligne et nous travaillons pour mobiliser les habitants et les développeurs.

 

Issy-les-Moulineaux

 

la smart city ne doit pas être une vision uniquement technique

Comment définiriez-vous la smart city ?

Il existe plusieurs définitions de la smart city. Celle que j’aime le plus, c’est celle du bon sens :

« Pour nous, une smart city, c’est une ville qui est soucieuse de son environnement, qui est capable d’éviter la congestion en matière de transports, qui maitrise ses consommations en matière d’énergie et d’eau et qui est dotée de moyens de communication qui facilitent l’accès des citoyens à l’ensemble de ses services. »

On cite parfois les 6 leviers qu’ont les villes pour devenir intelligentes. Parmi ces leviers, celui que je préfère, c’est celui du social : la smart city, c’est d’abord une communauté d’hommes et de femmes qui doivent avoir accès à l’éducation, à la culture et à des services. Ensuite, avec les infrastructures et grâce au numérique, on peut améliorer la gestion de la ville, sa consommation énergétique et ses transports. D’ailleurs, dans le futur, c’est vraiment ça qui fera la différence entre les villes connectées et les autres : dans les villes connectées,  nous aurons sensibilisé la population à la consommation énergétique et lui aurons donné les outils nécessaires pour la maitriser.

Je vais prendre un exemple très concret. Depuis maintenant trois ans, nous avons un projet qui s’appelle Issy Grid. Au départ, il consistait à voir comment, au niveau d’un immeuble de bureaux, on pouvait économiser de l’électricité lors des pics de consommation. Aujourd’hui, ce dispositif est en train de s’élargir aux logements, notamment au Fort d’Issy. Dans cet éco-quartier, tous les habitants disposent d’un système de domotique qui leur permet de visualiser leur consommation d’électricité et donc de pouvoir agir pour, par exemple, réguler la température plus facilement. Ils peuvent ainsi faire baisser leur consommation et donc le montant de leurs factures. Dans le domaine des transports, on travaille sur le sujet et on essaye de montrer l’exemple. Avec le numérique, il y a une opportunité intéressante pour réduire les embouteillages et donc améliorer la qualité de l’air et lutter contre la pollution et le changement climatique…

« Notre vision à nous, c’est de penser que la smart city ne peut se faire que s’il y a une coopération entre public et privé particulièrement forte car personne aujourd’hui n’est capable de la mettre en œuvre seul. »

Issy Grid a été mis en place grâce à un consortium de dix grandes entreprises qui vont de Bouygues à Microsoft en passant par Total, EDF ou Schneider Electric. Concernant les transports, nous sommes encore à l’étape de réflexion mais nous travaillons avec beaucoup de start-ups et nous réfléchissons aussi avec des grands groupes comme Cisco, Microsoft ou Transdev

 

Pouvez-vous déjà mesurer les premiers résultats des actions mises en place ?

C’est encore difficile de faire ça. Le meilleur résultat, c’est le fait qu’en 20 ans, le nombre d’emplois à Issy-les-Moulineaux a plus que doublé, que le nombre d’habitants a augmenté de 35% alors que nos taxes d’habitation ont baissé elles, de 30%. Cela permet de démontrer, chiffres à l’appui, qu’en investissant dans le numérique, on assure un développement économique et social qui est performant. La smart city, c’est un concept nouveau. L’énergie, ça fait trois ans, les transports, c’est encore tâtonnant… Il faut se laisser le temps de produire des résultats.

 

Où situeriez-vous la France par rapport aux autres pays, sur la thématique de la smart city ?

Il n’existe pas d’exemples vraiment probants de smart cities dans le monde : les exemples qu’on montre comme étant les plus réussis sont en général des projets qui sont sortis de nulle part, c’est-à-dire des villes nouvelles, souvent en Corée du Sud ou dans la péninsule arabique. Ce sont des villes qui sont techniquement performantes mais qui n’ont pas d’âme. Une ville, c’est d’abord les hommes et les femmes qui y vivent, ce sont eux qui font ce qu’elle est. Si vous construisez juste des buildings avec beaucoup de connexions et que vous y mettez ensuite des humains, c’est froid.

« Quand on parle de villes intelligentes, il faut insister sur le fait qu’on construit d’abord une ville pour les habitants et non pas pour se faire plaisir. On ne fait pas une ville assistée par ordinateur mais on met en place des outils qui permettront d’être plus efficaces et de faciliter la vie des citoyens. Je crois qu’il faut répéter ça en permanence : la smart city n’est pas une vision technique mais un lieu de vie qui, grâce au numérique, devient plus performant. »

Aujourd’hui, les projets de smart grids se multiplient un peu partout, des projets de smart mobilité sont en train de se mettre en place… Ça fait 20 ans qu’Internet existe, dans le monde, il y a maintenant plusieurs milliers de collectivités qui sont avancées en termes d’usages numériques…  Et la France est aujourd’hui dans la bonne moyenne !

 

 

Pour aller plus loin :

Cit’Ease de GDF SUEZ : « Accompagner les villes dans la transformation numérique de leur territoire »

Jean-Louis Missika : « Une smart mairie pour une smart city »

Laurent Kocher de Keolis : « Le travail en open source avec les voyageurs nous permet d’améliorer nos services dans la ville »

 

 

 

 

 

E-santé : des médecins et des patients toujours plus connectés !

Econocom 24 Avr 2015

Capteurs connectés, logiciels d’aide au diagnostic, systèmes robotisés… Les outils de télémédecine se démocratisent, notamment pour diagnostiquer, comprendre et traiter des maladies chroniques, mieux gérer les hospitalisations à domicile ou répondre à des problématiques de désert médical.

Le cabinet de conseil Linkidoc vient de publier la deuxième édition de son rapport sur les tendances en la matière, en se basant sur le contenu de Link-e-doc, son moteur de recherche des solutions e-santé. Principal constat ? Si certaines disciplines comme le dentaire, la gastroentérologie ou la réanimation comptent encore très peu de dispositifs numériques de télémédecine, la cardiologie ou la médecine générale bénéficient d’un grand choix d’outils, notamment grâce au boom des appareils de mesures connectés, de plus en plus miniaturisés, évolués et performants.

 

 

la cardiologie, star de la santé digitale ?

Dans son rapport précédent, Linkidoc avait recensé des outils de télémédecine pour une quinzaine de maladies. En 2015, ce nombre a doublé et des pathologies comme l’acné, l’épilepsie ou encore la sclérose en plaque sont désormais prises en charge… Mais ce sont les affections cardio-vasculaires qui sont les plus concernées avec plus de 70 solutions référencées. Un chiffre qui s’explique par l’explosion des outils de mesures non invasifs type bracelets connectés et des applications comme Ads Télésuivi, qui collecte les données des objets connectées, ou encore Cardio Test, qui permet de prévenir les risques cardiovasculaires.

Des spécialités comme l’hématologie, la gastroentérologie  ou le dentaire voient arriver cette année les premières solutions qui leur sont destinées. Sur la plateforme de Linkidoc, on trouve ainsi e-Celsius, une gélule qui, une fois avalée, transmet les données de mesure de températures par télémétrie, ou bien e-Dent, une caméra intra-buccale qui permet de réaliser le schéma dentaire du patient.

Etude Linkidoc

 

Des outils de plus en plus Discrets

La tendance est clairement à la miniaturisation : les chariots et autres valises de mesures cèdent la place à des solutions type bracelets ou patchs portés (ou ingérés !) par le patient et connectés à des tablettes ou smartphones. Les plateformes et applications permettant de partager, de traiter et/ou d’analyser les données médicales sont également en pleine croissance.

Etude Linkidoc

Certaines entreprises américaines proposent  des « packs » comprenant l’appareil de mesure, le logiciel de traitement et d’aide à la décision et l’appui d’un réseau de médecins téléconseillers. Ces formules n’ont néanmoins pas encore envahi l’hexagone où les principaux fournisseurs de solutions de télémédecine sont des sociétés françaises qui, pour la plupart, se concentrent sur le marché national… il faut dire que nos entreprises sont très actives dans le domaine : au CES 2015 à Las Vegas, on trouvait de nombreux acteurs français comme Visiomed ou Oscadi. Pour la 5ème année consécutive, Withings, spécialiste des objets connectés santé et bien-être, a d’ailleurs été récompensé par plusieurs CES Awards.

 

 

L’étude complète est disponible gratuitement en téléchargement [PDF, 18 pages] : Observatoire 2015 des solutions de télémédecine.

 

 

 Pour aller plus loin :

La télémédecine pour une santé accessible à tous, partout : regards croisés de Pierre Simon et Nicolas vaillant

Santé mobile et connectée : l’utilisateur au cœur des innovations

Santé, médecins et digital : le diagnostic des patients

 

Crédit photo : Eric Peacock – It Is In All of Us – Grape Sketch / Flickr.com / Licence CC BY-NC-SA 2.0

Cit’Ease de GDF SUEZ : « Accompagner les villes dans la transformation numérique de leur territoire »

Econocom 23 Avr 2015

Eau, déchets, énergie, flux de trafic… Les villes génèrent chaque jour des centaines et des centaines de données. Centraliser, connecter et donner du sens à ces datas est devenu un véritable levier de développement et d’attractivité pour les agglomérations. Fort de son expérience de délégataire de services publics, GDF SUEZ a lancé Cit’Ease, une plateforme d’aide au pilotage de ces données, destinée aussi bien aux élus qu’aux services municipaux ou aux citoyens.

A l’occasion du Forum Jeunes Femmes et numérique, nous avons pu poser quelques questions à Nathalie Allegret, en charge du projet Cit’Ease.

 

CIT’EASE, Un outil collaboratif qui facilite la ville

Avec la multiplication des objets connectés, nos villes produisent des datas en permanence. Problème : ces données n’utilisent pas les mêmes formats ni les mêmes protocoles et ne sont pas destinées aux mêmes supports. L’idée de GDF SUEZ ? Les rassembler afin de les transformer en informations véritablement utiles. Nathalie Allegret explique :

 « GDF SUEZ est un délégateur de services publics depuis de nombreuses années. Nous accompagnons les villes depuis très longtemps sur la distribution de gaz et d’eau, sur la gestion des déchets et de l’éclairage public ou même sur des questions de mobilité. Aujourd’hui, notre volonté, c’est de les accompagner dans la transformation numérique de leur territoire.» 

Le groupe a donc imaginé Cit’Ease, un tableau de bord interactif et global, qui rassemble tout ce qu’il est possible de savoir à l’échelle du territoire. Les données viennent à la fois des capteurs installés par les opérateurs d’énergie, d’eau et de déchets, des systèmes d’information des villes et de l’open data (données météo, cartographie, démographie, statistiques INSEE…). Au-delà de la mission de collecte, Cit’Ease favorise les interactions entre les différents réseaux pour donner du sens et de la valeur ajoutée aux datas. Prenons l’exemple concret des boucles de comptage qui, positionnées sur les routes, permettent de recueillir des données sur le trafic routier. Connectées aux feux de circulation ou à l’éclairage public,  ces datas collectées sur les routes peuvent devenir interactives, intelligentes et utiles :

« Cit’Ease est un outil digital à destination des élus, créé pour qu’ils puissent suivre la performance de leur ville grâce à un certain nombre d’indicateurs. Ils peuvent ensuite comparer cette performance à leurs objectifs électoraux et communiquer auprès des citoyens sur l’atteinte de leurs engagements. »

 

Une plateforme créée pour les élus, les services municipaux et les citoyens

Cit’Ease recueille également les données fournies par les habitants eux-mêmes. Grâce à une application qui leur est destinée, ces derniers ont la possibilité d’émettre des suggestions ou échanger sur des sujets relatifs à la ville : horaires de déclenchement de l’éclairage public, accessibilité des chaussées… Ils profitent aussi de nombreuses fonctionnalités. Imaginons par exemple qu’un habitant constate une fuite d’eau dans son quartier. Avec un « connecteur  de données » comme Cit’Ease, en un coup de fil, il peut à la fois informer les travaux publics, alerter les autres habitants et prévenir le responsable du trafic pour mettre en place une déviation. Et les domaines couverts par Cit’Ease ne s’arrêtent pas aux activités historiques de GDF SUEZ :

« Le projet concerne tous les domaines de la ville : l’énergie, l’eau, les déchets, l’éclairage public ou la mobilité qui sont des métiers GDF SUEZ. Mais nous allons aussi sur des métiers qui ne sont pas les nôtres comme la culture, l’éducation ou le sport. » 

Pour cela, le géant de l’énergie s’appuie sur un écosystème efficace, détaillé par Nathalie Allegret :

« Cit’Ease est développé en interne par GDF SUEZ avec des start-ups qui peuvent apporter des briques qui seront différentes d’un territoire à l’autre puisque nous cherchons à promouvoir les start-ups locales. Nous travaillons aussi avec des PME ou des entreprises référentes dans leur domaine. »

En offrant une meilleure connaissance des données générées par la ville, Cit’Ease permet aux élus d’avoir une vision globale qui les aide à engager les bonnes actions puisque la plateforme met en avant les performances de la ville mais aussi d’éventuels dysfonctionnements.

 Cit'Ease de GDF SUEZ

Aider les villes à ouvrir et organiser leurs datas

« Aujourd’hui, toutes les villes de plus de 3 500 habitants sont face à une obligation de mettre à disposition leurs données en open data. Face à cette problématique, les plus petites – et cela représente un grand nombre de communes – se sentent un peu démunies. Du coup, nous essayons de les accompagner à la fois à collecter des données et à organiser les données qu’elles ont déjà. »

La solution de GDF SUEZ n’est en effet pas uniquement destinée aux grosses agglomérations mais s’adresse aux communes de toutes tailles, comme le décrit Nathalie Allegret :

« GDF SUEZ accompagne toutes les villes dans leur transformation numérique, même les plus petites. On ne veut laisser personne de côté. C’est une question d’équité : un citoyen, qu’il habite dans une petite ou grande ville doit pouvoir profiter du même niveau de service numérique ».

Pour déployer sa solution, le groupe mise sur sa proximité avec les collectivités :

« Nous sommes déjà en lien avec les communes grâce à nos métiers historiques. Alors, quand nous sentons une appétence vis-à-vis du numérique, nous en profitons pour présenter Cit’Ease. En général, l’approche plait énormément car les villes se sentent un peu perdues face à la question du numérique. Pour la plupart, elles sont contentes qu’un acteur de confiance anciennement public comme Gaz de France puisse les accompagner sur le sujet. »

A l’heure actuelle, Mulhouse est la première ville à bénéficier d’une plateforme entièrement fonctionnelle mais d’autres projets sont en cours de concrétisation un peu partout en France.

 

Vers une ville entièrement connectée ?

Les problématiques concernant les villes intelligentes vont plus loin que le seul pilotage de données. Aujourd’hui, les avancées technologiques nous promettent des villes rationnelles, durables et totalement sécurisée. Certaines métropoles, comme Amsterdam, sont déjà bardées de capteurs et utilisent la précision du numérique pour optimiser les ressources et améliorer la vie des citoyens.

Dans le documentaire Les villes du futur – Les villes intelligentes de Jean-Christophe Ribot diffusé il y a quelques mois sur Arte, Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation pour l’Internet Nouvelle Génération  partage sa vision de la ville connectée :

«  Derrière cette vision de la smart city, il y a cette idée vraiment juste qui veut qu’il y ait énormément d’informations dans la ville, autour de la ville, produites par la ville, et qu’on peut en tirer beaucoup de choses qui pourraient nous aider à mieux la comprendre, mieux l’organiser, mieux la vivre. »

Croisées et analysées, les données collectées par les capteurs urbains nous permettent de mieux comprendre la complexité de la ville. Grâce au numérique, les communes peuvent dès aujourd’hui gérer leurs ressources de façon optimale et se préparer aux mutations de demain… Digital for all dans nos villes… NOW!

 

 

Pour aller plus loin :

Laurent Kocher de Keolis : « Le travail en open source avec les voyageurs nous permet d’améliorer nos services dans la ville »

Smart City : Des capteurs, des données… et surtout des hommes

Transports et smart grids : les grands chantiers de la smart city

 

Crédit photo : Lloyd Lee – Paris Tilt Shift, Montparnasse / Flickr.com / Licence CC BY-NC-SA 2.0