Digital for all now

Axelle Lemaire : « Il faut créer l’écosystème idéal pour stimuler une innovation ouverte »

Econocom 6 Nov 2014

Grands groupes, start-ups, investisseurs et administrations : ces mondes-là ne parlent pas toujours la même langue, leurs lieux communs sont rares. Les JeuDigitaux, une initiative du Ministère de l’Économie et des Finances, rassemblent justement ces écosystèmes chaque mois. Objectif annoncé : apprendre aux pouvoirs publics le « langage des start-ups », pour mieux les accompagner. Jeudi 30 octobre dernier, nous avons pu constater que bien des barrières tombent !

 

Dans un Hexagone qui cherche un nouveau souffle pour sa croissance, les lieux dédiés au développement des start-ups se multiplient : incubateurs, accélérateurs, etc., témoignent d’un besoin d’accompagnement vital pour les jeunes créateurs d’entreprises. C’est pour aider les administrations à mieux comprendre cet élan et s’imprégner de son esprit qu’Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique, a lancé les JeuDigitaux. L’objectif : hacker les ministères et mettre en contact les start-uppers, administrations, grands groupes et investisseurs.

 

Les usages numériques, « atout économique et source de progrès social » (Axelle Lemaire)

La sphère publique doit apprivoiser l’esprit « Digital for all now », c’est ce qu’explique Axelle Lemaire :

« Le monde des start-up est mal connu lorsqu’on sort des écosystèmes numériques. Il est important que les membres du gouvernement, les cabinets ministériels mais aussi les administrations et en particulier les acheteurs publics soient familiarisés, acculturés au langage des start-ups, qui stimulent une nouvelle économie en plein essor et qu’il faut accompagner. »

 

Les JeuDigitaux marquent donc une volonté politique forte en faveur de la « République Numérique », lancée par le gouvernement en septembre dernier et prévoyant une enveloppe de 15 millions d’euros pour renforcer l’attractivité des start-up françaises à l’international. Pour l’occasion, Axelle Lemaire avait ainsi déclaré au journal Les Echos que la « French Tech » devait servir « le développement et la diffusion des technologies et des usages numériques » afin d’en faire « un atout économique et une source de progrès social, au service des valeurs de la République. »

Axelle Lemaire

 

« C’est la France qui va nous permettre de conquérir le monde »

C’est à l’Institut du sport, de l’expertise et de la performance (plus connu sous son acronyme : INSEP) que se tenait la deuxième édition des JeuDigitaux. L’occasion pour huit start-up du domaine sportif de présenter leur projet. L’audience était si nombreuse que les chaises manquaient : du drône autonome d’Hexo+ (qui a réussi l’exploit de récolter 1.306.920$ sur la plateforme de financement participatif KickStarter) au dispositif de second écran dans les stades de Vogo Sport, en passant par le suivi des données des spectateurs dans les enceintes sportives d’Open Field, les pitchs avaient tout pour séduire.

 

Au-delà de la séduction initiale, comment passer du virtuel au réel, comment réussir sur de vrais marchés ? Bon nombre de start-uppers ont souligné l’importance de l’écosystème entrepreneurial français dans la réussite de leurs projets. Antoine Level, d’Hexo+ :

 

« Pour nous il n’y a pas de question, c’est la France qui va nous permettre de conquérir le monde. Nous venons de Grenoble et nous disposons d’un écosystème qui nous pousse énormément et qui nous a permis de nous développer. Je pense que nous avons une exception française qui nous porte. Les ingénieurs de l’Hexagone ont cette capacité à comprendre et appréhender des problèmes techniques différents et d’arriver à trouver des solutions. »

 

 

Le défi : rebondir. « Être en contact avec les bons acteurs pour assurer notre développement »

Un constat que partage Julien Lavault, co-fondateur de la start-up Fysiki :

 

« Aujourd’hui en France, on a la chance d’avoir toutes les aides qu’il faut pour lancer notre start-up, des organismes qui nous accompagnent et nous financent. On a beaucoup d’atouts pour créer, le défi désormais c’est plutôt de rebondir : être en contact avec les bons acteurs pour assurer notre développement, faire nos preuves et nous développer à l’international. »

 

Prendre racine en France pour mieux s’exporter à l’étranger ensuite, l’ambition était affichée par tous les intervenants qui se sont succédés sur scène. Thierry Braillard, secrétaire d’Etat chargé des sports, le partage :

 

« Les start-ups qui ont été présentées en matière sportive sont très fortes d’un point de vue national mais surtout, elles se projettent d’un point de vue international. Quand on voit, comme aujourd’hui aux JeuDigitaux, ce que les Français sont capables de créer, on peut être fiers d’être Français. »

 

jeudigitaux2

Structurer un écosystème pour une innovation ouverte

« Le meilleur endroit pour développer sa start-up est un écosystème multiple avec de bonnes universités, des PME, des grands groupes, des endroits où l’on peut expérimenter et mettre en valeur les premières applications, affirme Christophe Carniel, de la société Vogo Sport. Et c’est l’objectif même des JeuDigitaux. »

Une volonté politique forte, donc, qui permet de faire émerger des « pépites nationales » et de stimuler une innovation ouverte :

 

« Il n’y a pas de lieu idéal pour développer son projet, si ce n’est qu’il faut faire partie d’un écosystème, nous affirmait ainsi Axelle Lemaire. Il faut des start-up qui savent travailler avec des grands groupes, des administrations locales, les collectivités en particulier, les élus locaux, les laboratoires de recherche, les écoles. C’est un écosystème qui permet une innovation ouverte et la circulation des idées, des échanges, des rencontres. C’est ce qui fait naître les innovations, les entreprises et stimule la croissance. »

 

Gageons que cette perspective a de quoi exalter les plus chauvins tout en charmant les acteurs étrangers !

Vous aussi prenez la parole et partagez avec nous votre histoire de Digital Maker !