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#EntreprisesDigitales : la data, un territoire encore inexploré ?

Econocom 23 Nov 2016

La data apparaît comme l’un des enjeux phares de la révolution digitale. Où en sont les entreprises françaises en 2016 ? Les données sont-elles collectées ? Stockées ? Sécurisées ? Ces questions, et beaucoup d’autres, ont été posées à plus de 400 décideurs issus de plus de 329 grandes entreprises de France, dans le cadre de la seconde édition du baromètre des pratiques digitales des grandes entreprises, publié le 4 octobre 2016 par Econocom, Sia Partners et l’Ifop.

 

 

La sécurité, premiere dimension data investie par les entreprises

 

87% des grandes entreprises se considèrent assez ou très avancées sur le sujet de la sécurité des données. Les acteurs de la bancassurance sont les meilleurs élèves en la matière, puisque 57% d’entre eux estiment que leur entreprise est très avancée sur la sécurité des données.

 

Au total, 83% des entreprises ont mis en place une charte de protection des données clients et elles sont 67% à réaliser régulièrement des tests de sécurité contre les intrusions internes. Le stockage des données se fait sur site (63%) plutôt que dans le cloud (37%). Seules 5% des entreprises interrogées affirment stocker leurs données uniquement dans le cloud. Dans le secteur de la bancassurance, très concerné par les problématiques de sécurité, aucun acteur n’a choisi le cloud comme seule solution de stockage, et seuls 14% y stockent une partie de leurs données.

 

« La sécurité des données est souvent brandie comme un prétexte pour repousser les solutions cloud », nous expliquait Grégory Haïk, président de la commission sécurité d’EuroCloud France, en mai 2016, avant d’exposer ses arguments : « Ce n’est pas une approche rationnelle du sujet. Que les données soient dans le nuage ou in-situ, les axes d’analyse en matière de sécurité sont les mêmes : moyens techniques de protection, compétence des équipes d’exploitation, organisation et responsabilités. »

 

-> A lire : Faut-il se méfier du cloud ? Entretien avec Grégory Haïk d’EuroCloud France

 

Les autres dimensions de la donnée restent globalement limitées. Ainsi, seule 1 entreprise sur 10 se dit très avancée sur la collecte, le traitement et l’analyse des données.

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Les données internes, issues d’outils CRM, de sites web et d’applications ou encore d’objets connectés, constituent la principale matière première collectée par les entreprises (81%). Toutefois, 77% des entreprises recueillent également des data externes : données publiques (50%), données issues de partenariats avec leur écosystème (45%) ou provenant des réseaux sociaux (41%). En outre, 1 entreprise sur 3 fait appel à des tiers spécialisés comme Weborama ou BlueKai… une part qui s’élève à 50% chez les acteurs de l’ingénierie/conseil.

 

 

Un usage de la donnée limité à la connaissance client

 

Le CRM étant la principale source de données (41%), la connaissance client est l’un des rares domaines d’utilisation de la data (67%) au sein des entreprises, suivi par la gestion des ressources humaines (42%), comme c’est par exemple le cas à la SNCF.

 

D’autres terrains d’exploitation restent encore hors de portée de la majorité des entreprises, notamment quand ils touchent à la prédiction. Ainsi, seules 25% des entreprises effectuent de la maintenance prédictive à partir des données client et marché, tandis que 23% s’essayent à l’analyse prédictive des comportements.

 

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Certains secteurs se montrent néanmoins plus avancés. L’énergie et l’ingénierie/conseil ont investi le champ de la maintenance prédictive (respectivement 62% et 55%), tandis que dans la bancassurance, près d’1 entreprise sur 2 utilise la data pour faire de l’analyse prédictive.

 

Des freins liés à la complexité du sujet

 

Les freins à la collecte et l’exploitation des données sont principalement liés à la complexité du sujet – qu’elle soit d’ordre technique (52% manquent d’outils), organisationnelle (51% manquent d’agilité) ou humaine (51% manquent de compétences en interne). Les questions de sécurité ne semblent en revanche pas constituer un obstacle (citées par seulement 23% des entreprises).

 

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Au final, près de la moitié des entreprises estiment que la data n’est pas une priorité. Pourtant, les cas d’usage enthousiasmants ne manquent pas. En août 2016, nous évoquions l’exemple de l’aéroport de Reykjavík. L’utilisation de la donnée – collectée par des capteurs qui se connectent aux smartphones des visiteurs – permet d’analyser les flux de voyageurs et de les transformer en informations à valeur ajoutée pour améliorer ainsi les services proposés. « Avec ces données, nous avons pu constater des congestions et mieux les comprendre. Elles nous ont aidés à identifier un problème récurrent de rotation de postes qui se faisaient un peu trop tard », expliquait Guðmundur Gautason, responsable du projet.

 

« La data est le carburant de l’économie numérique. Sa valeur croît avec l’utilisation. Elle entraîne un changement de paradigme », déclarait Axelle Lemaire en mars 2015, lors de l’ouverture de la 4e édition du salon Big Data Paris. Les possibilités offertes par l’exploitation de la donnée sont immenses, il suffit de relire l’article que nous avons publié sur le géant américain Walmart, véritable champion de la data, pour s’en convaincre. Comme le déclarait déjà la secrétaire d’Etat chargée du numérique il y a plus d’un an : « Il faut faire éclore ce potentiel », et faire entrer cet aspect du digital dans les entreprises et les organisations « NOW ! »

 

-> A lire aussi : En matière de collecte, d’exploitation et de sécurité des données, votre entreprise est-elle plutôt avant-gardiste, sécuritaire, audacieuse ou indifférente ? Découvrez les quatre grands profils de « data players » identifiés par Econocom, Sia Partners et l’Ifop.

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