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Big Data Paris 2015 : « La data est le carburant de l’économie numérique »

Econocom 13 Mar 2015

Les données irriguent aujourd’hui l’économie et la société. Les acteurs majeurs du secteur se sont retrouvé pour la 4ème édition de Big Data Paris, un salon qui révèle les principales tendances d’un marché devenu incontournable.

 

« La data est le carburant de l’économie numérique. Sa valeur croît avec l’utilisation. Elle entraîne un changement de paradigme. Il faut avoir le courage de revoir la façon d’envisager les produits et services. »

Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, a ouvert Big Data Paris avec un discours  encourageant les organisations à développer les usages des mégadonnées :

« La valeur de l’économie aujourd’hui, et encore plus demain, réside dans la donnée, qualifiée souvent d’or noir, de pétrole du XXIème siècle. Mais la comparaison n’est pas complètement adaptée : l’exploitation du pétrole au XXe siècle a été le fait de sociétés souvent en situation de monopole, il faudra un modèle différent pour la data. »

 

Les entreprises ne peuvent plus passer à côté du Big data

Le sujet du Big Data fait parler de lui depuis plusieurs années déjà. Mais tout est encore à construire d’après Elias Baltassis, directeur data & analytics du Boston Consulting Group, qui intervenait lors d’une conférence pendant le salon :

« Nous sommes dans un domaine qui commence à mûrir, des questions fondamentales se posent. »

L’an passé, cet habitué du salon s’inquiétait déjà du retard pris par l’usage du Big Data dans les organisations de l’hexagone :

« En matière de Big Data, la France a du retard par rapport aux pays anglo-saxons, notamment les Etats-Unis. C’est en partie dû à la mentalité des dirigeants : pour l’instant, le Big Data est une question beaucoup plus technique qu’une question managériale et organisationnelle. »

En 2015, le coordinateur du plan « Big Data » de la Nouvelle France industrielle, Marc Chemin, se veut moins alarmiste – les usages progressent :

« Les entreprises françaises sont aujourd’hui dans l’action. Certes, en ordre dispersé. Mais rappelons que l’année dernière, elles n’étaient encore qu’en phase de découverte du phénomène. »

Cet enthousiasme est toutefois à modérer. Si de nombreuses entreprises ont identifié les usages pratiques de l’analyse des mégadonnées, elles ont tendance à séparer les approches techniques et business : l’une est centrée sur les infrastructures et l’autre sur la datascience, ou conversion des données en connaissance.  Pour Didier Gaultier, directeur de l’offre « connaissance client » chez Business  & Décision, ce manque de convergence freine la réflexion globale sur les projets :

« Il n’est pas possible de définir la méthodologie sans tenir compte de l’infrastructure, des outils et des données à disposition. »

 

Big data et objets connectés, une alliance prospère

Néanmoins, les projets Big Data commencent à se développer un peu partout, des multinationales aux PME et ce, dans tous les secteurs d’activité. Ce qui inspire à Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité chez Microsoft France, une formule significative :

« Les données deviennent la nouvelle devise. »

Pour ce spécialiste du machine learning, l’Internet des objets (#IoT : Internet of Things) est indissociable du Big Data. Lors de sa « keynote », il est ainsi revenu sur l’importance de la structuration des données :

« La promesse de l’intelligence ambiante n’est tenable que si les objets connectés parlent tous le même langage. »

En effet, à l’heure actuelle, il n’existe pas de standard officiel défini pour faire interagir les objets entre eux : les données peuvent être émises sous divers formats.

 

Table ronde sur le salon Big Data Paris

Thomas Serval, Cofondateur de KOLIBREE, Hugues Severa d’Aviva, Mathias Herberts de Citizen Data et Pascal Brosset de Schneider Electric lors de la table ronde consacrée aux objets connectés.

 

Plusieurs start-ups spécialisées dans l’IoT étaient également présentes sur le salon. C’était le cas par exemple de Cityzen Data, que son fondateur Mathias Herberts décrit ainsi :

« Aujourd’hui, nous sommes entourés par des données de toutes sortes, dans tous les secteurs et dans la vie de tous les jours. Et la technologie, plus fiable que l’humain, permet de les prendre en compte et de les mesurer. Mais un problème commence à se poser de plus en plus : il nous manque les outils pour stocker ces données massives et pour les analyser. L’objectif de Cityzen Data est de trouver des solutions à cela. Nous mettons à disposition des entreprises de gros clouds qui collectent les données principalement fournies par des objets connectés et nous proposons des façons de les traiter par la suite. »

Un défi majeur de l’exploitation du big data aujourd’hui : savoir extraire la valeur ajoutée d’un volume important de données. Pour Pascal Brosset, directeur de l’innovation chez Schneider Electric, c’est même LE sujet :

« Le problème n’est pas de fabriquer des objets connectés mais de savoir ce qu’en font les utilisateurs et faire parler la data. »

 

La data pour analyser les comportements clients

Pour « faire parler la data », il faut des algorithmes bien sûr, mais pas uniquement. Benoît Bourdé, d’Exalead, a insisté sur la qualité des données – vue par le prisme de la relation client :

« Il faut de bonnes données, mais surtout des données liées les unes aux autres. La phase 1, c’est la « photo » en fin de mois. Il faut ensuite ajouter des données provenant d’Internet ou d’autres données exogènes à l’entreprise puis compléter avec les séquences, c’est-à-dire le comportement du client dans le temps. »

Selon ce spécialiste des applications innovantes, l’analyse d’un gros volume de données qualitatives permet de mesurer la satisfaction des clients afin d’affiner la stratégie commerciale de l’entreprise. Bien sûr, ce type d’indicateurs peut également s’étendre à la prospection : en examinant minutieusement le comportement des clients actuels, il est en effet possible de prédire si les prospects adhéreront à un service ou achèteront un produit. Un ROI assuré donc… si la méthodologie est adaptée.

 

Sur le salon, conférenciers et visiteurs sont d’accord : les possibilités offertes par le Big Data sont immenses et nous sommes seulement au commencement d’une révolution qui pourrait bien bouleverser le fonctionnement de nos entreprises. Comme le disait Axelle Lemaire en ouverture de l’évènement :

« Il faut juste faire éclore ce potentiel »

Une invitation à diffuser le mouvement Digital For All Now, en somme.

 

 

Crédit photo : Philippe – La Défense (Paris) – Night Shots – CNIT et tour SFR / Flickr.com / Licence CC BY-NC-SA 2.0)

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