Digital for all now

Daniel Jarjoura : « Les entreprises doivent s’ouvrir aux start-ups et à leur capacité d’innovation pour s’en sortir »

Daniel Jarjoura 18 Déc 2014

Ingénieur informatique de formation, Daniel Jarjoura a travaillé pendant 6 ans dans une entreprise de Telecom aux Etats-Unis, en tant qu’« intrapreneur » en charge de développer des produits innovants. De retour dans l’Hexagone fin 2012, il décide de mettre ses connaissances et son expérience à profit en créant Start-up42, un incubateur de start-ups.

 

« De retour à Paris, j’ai réalisé que les start-ups françaises étaient rarement l’initiative d’ingénieurs, contrairement aux Etats-Unis. J’ai voulu créer un endroit capable de changer les choses. Start-up42 permet de développer son projet en 4 mois sans prise de capital. »

 

Rencontre avec un digital maker qui veut donner une nouvelle dimension à l’entrepreneuriat français.

 

Pouvez-vous nous résumer Start-up42 en quelques chiffres ?

Depuis deux ans, nous avons accueilli 29 start-ups, qui ont cumulé un chiffre d’affaires d’1,5 million d’euros. Ce sont aussi plus de 600 000 euros de fonds levés et enfin plus de 60 emplois directs créés.

 

 

Pour vous, que signifie être un digital maker aujourd’hui ?

Je pense que c’est être une sorte d’évangéliste. Aux Etats-Unis, on dit que « le logiciel dévore le monde ». J’en suis intimement convaincu. Un digital maker a cette responsabilité de l’expliquer au monde, de répandre cette bonne parole. Plutôt que de combattre le logiciel, il faut l’intégrer.

 

 

Pourquoi est-il si important d’accompagner les start-ups aujourd’hui ?

Je ne considère pas que mon travail soit de les accompagner mais de les challenger. Je suis convaincu que les start-ups françaises ne manquent pas d’argent ou de talent pour être plus forte, mais elles ont un déficit d’ambition.

 

Dans la Silicon Valley, on est à l’autre extrême. Si l’entrepreneur n’a pas l’ambition de contrôler l’univers, on considère qu’il n’avancera pas. C’est un discours qui peut se révéler être un frein. L’humilité française permet d’avancer pas à pas.

 

Une autre partie de mon travail est de proposer tous les outils qui sont disponibles aujourd’hui pour permettre aux entrepreneurs de se développer plus rapidement : crédits, logiciels, solutions de stockage gratuit, formation, mise en relation etc. La course à l’innovation est très rapide, il faut donc agir vite.

 

Quel rapport entretiennent la France et l’innovation selon vous ?

Il n’est pas difficile d’innover en France. Nous avons une bonne capacité à transformer une innovation en technologie, mais c’est un peu plus difficile de transformer une innovation en projet commercial solide. Le frein ici, ce sont les mentalités. Les citoyens ont besoin de modèles d’innovateurs qui ont réussi, qui racontent et partagent leur succès.

 

Qu’est-ce que les entreprises doivent apprendre des entrepreneurs aujourd’hui ?

Les entreprises doivent apprendre que tout est possible ! Elles doivent ouvrir leurs horizons et apprendre à dépasser les difficultés intrinsèques à leur environnement. Il faut avant tout qu’elles adoptent l’attitude des jeunes entrepreneurs qui ont peu de blocages. Ils se lancent, ils osent ! Ils commencent les choses avant même de se demander si c’est possible ou pas.

 

Les entreprises ont aussi besoin de se rapprocher des start-ups pour s’ouvrir. Souvent, elles restent rigides et estiment que l’innovation ne peut sortir que des laboratoires de R&D. Aujourd’hui on ne peut plus passer à côté si l’on veut s’en sortir. C’est un échange win-win.

 

Pour vous, qu’est-ce que le Digital for all now ?

Je pense que le « Digital for all now », c’est que tout le monde doit s’approprier le fait que « le logiciel dévore le monde ». Le numérique investit la moindre parcelle de nos vies jusqu’aux vêtements désormais. Il est essentiel de sensibiliser la population à ces questions car nombreux sont ceux qui ne voient pas la vague.

 

Crédits photo : Spirit of innovation par Daniel Foster, licence CC by 2.0

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