Digital for all now

Digital ou numérique ? Numérique ou digital ?

Econocom 20 Fév 2015

Doit-on dire digital ou numérique ? Sur les réseaux sociaux, le débat fait rage et les apprentis linguistes s’enflamment. Partisans du digital ou chevaliers du numérique, qui a raison et qui a tort ?

 

 

Parler de digital = mettre le doigt là où ça fait mal ?

Si l’on en croit les recommandations de l’Académie Française, il faudrait préférer numérique à digital. Mais doit-on vraiment s’en tenir à ce que nous disent ceux qui voudraient nous faire envoyer des courriels et des mèls ?

 

Parmi les principaux arguments des pourfendeurs du digital, le plus fréquent est celui qui veut que le terme vienne du latin digitum (doigt) et qu’il ait pour première acception relatif au doigt.

Digital ou numérique ?

L’utilisation de digital dans le sens de numérique est un anglicisme. Chez nos voisins, l’application du mot à un ordinateur est attestée depuis 1945.

 

En France, son utilisation relèverait d’une extension de digital display, l’affichage à 7 segments que l’on trouve encore sur de vieux modèles de radios-réveils ou d’autoradios. Le succès de ce type d’écrans à digits (chiffres, en anglais) a fait que l’on a continué à parler d’affichage digital même lorsque nous sommes passés à des matrices de points (dot matrix display).

 

Le dépôt des noms de certaines techniques, comme la compression audio Dolby Digital des laboratoires Dolby ou le système de codage audio Digital Theater System (DTS), a également beaucoup contribué au passage du mot digital dans le langage courant.

 

 

Numérique, le favori des défenseurs du « bon français »

A l’origine, numérique, du latin numerus, signifie représentation par nombres. Ainsi, on oppose le calcul numérique au calcul algébrique reposant sur des variables. En informatique, on a d’abord utilisé ce terme pour qualifier le fonctionnement binaire (des 1 et des 0) des premiers ordinateurs.

 

Comme digital, numérique a évolué au gré de ses usages. Son utilisation en informatique a perduré quand les ordinateurs ont cessé d’être des machines à calculer numériquement et quand les algorithmes et les symboles ont remplacé les nombres.

 

Il faut dire que, simultanément, les télécoms ont commencé à convertir des signaux électriques en données numériques (c’est-à-dire sous forme de nombres). D’où l’électronique numérique et plus spécifiquement la photographie numérique, le son numérique, la vidéo numérique… Dans ce domaine, l’emploi du terme numérique a l’avantage de permettre la distinction avec les procédés analogiques utilisés précédemment.

 

Par ailleurs, on parle souvent d’ère numérique, de révolution numérique ou de culture numérique. Il s’agit d’un glissement sémantique. En effet, ces expressions ne peuvent pas être réduites à des aspects purement techniques de circulation de données encodées : elles sont souvent utilisées pour évoquer des transformations sociétales n’ayant qu’un rapport assez éloigné avec la nature numérique des données.

 

 

La culture numérique, pas plus légitime que la culture digitale ?

Numérique restera sans doute longtemps le terme préféré de ceux qui font de la mercatique et non du marketing, participent à des réunions de remue-méninges et pas de brainstorming ou cochent les cases de leur pense-bête plutôt que celles de leur check-list.

 

Mais, dans les faits, digital est tellement utilisé, notamment dans le secteur de la communication, grand pourvoyeur d’anglicismes, qu’il fait aujourd’hui partie du langage courant et recouvre plus ou moins les mêmes champs que numérique, les deux termes ayant finalement des définitions assez larges.

 

N’en déplaise aux puristes du « bien parler », le sens des mots fluctue avec le temps et le français a toujours emprunté aux langues étrangères. La linguistique actuelle est plus descriptive que prescriptive : au-delà de la stricte étymologie, c’est l’usage qui fait foi. Alors, du moment où il n’y a pas de soucis de compréhension, le choix d’un terme ou d’un autre est davantage une question de goût que de règles à respecter.

« Le chiffre versus la main. »

Sur le blog du modérateurAnthony Mathé, docteur en sciences du langage et en sciences de la communication, propose néanmoins une nuance à cette cacophonie polysémique : le numérique renvoie plutôt à la technologie, celle qui est manipulée par les ingénieurs, tandis que le digital touche aux pratiques des utilisateurs. Prenons par exemple les mots numérisation et digitalisation. Le premier implique un changement de support des données tandis que le second évoque plutôt la communication via des supports dématérialisés… C’est d’ailleurs pour cela que dans l’univers du marketing, on parle surtout d’expérience digitale et pas d’expérience numérique.

« Avec digital, on passe de l’autre côté de l’écran. »

Quand nous parlons de Digital for all now, c’est parce nous souhaitons mettre l’expérience utilisateur (UX) au cœur des projets et des innovations, que cet utilisateur soit un salarié, un client ou un prospect. Car, au final, c’est la satisfaction de ses besoins qui va permettre aux entreprises d’obtenir de meilleurs résultats et de décupler leurs performances.

 

Crédit photo : ed_needs_a_bicycle – Question mark, Ipswich, 21 January 2012 (Flickr.com, license CC BY-NC-SA 2.0)

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