Digital for all now

Digitalisation du secteur public : 6 leviers pour des milliards d’économies

Econocom 16 Jan 2015

Les bénéfices de la digitalisation du secteur public se chiffreraient chaque année en milliards voire en trillions de dollars à l’échelle mondiale, selon une étude McKinsey. Le cabinet de conseil identifie les obstacles à cette transformation et il s’appuie sur les « best practices » des pays qui l’ont engagée avec succès.
Les économies engendrées par la digitalisation du secteur public s’élèveraient, au niveau mondial, à des milliards de dollars par an : baisse des coûts et amélioration de la performance opérationnelle, meilleure gestion de la fraude, hausse de la productivité, le tout participant à l’efficience de l’ensemble du système. Des pistes difficilement négligeables alors que l’époque tend au renforcement des contraintes budgétaires.

 

Le service public en ligne : un faible coût et d’immenses bénéfices

Plus de 130 pays proposent des services publics en ligne, répondant à la demande citoyenne d’une information facilement accessible, à coût faible ou nul. Des progrès sensibles sont accomplis : notamment dans l’accès de ces services aux populations rurales, leur rôle joué dans l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées, leur ouverture à ceux dont le travail et le mode de vie sont atypiques par rapport aux horaires « de bureau » traditionnelles.
Un exemple : l’Estonie, dont les 1,3 million d’habitants peuvent utiliser des cartes d’identité électroniques pour voter, payer leurs impôts, et accéder à plus de 160 services en ligne, des prestations de chômage à l’enregistrement de la propriété.
Cependant, la majorité des gouvernements sont loin de tirer le meilleur parti de la digitalisation. Au-delà des services en ligne, McKinsey recommande d’envisager la transformation en profondeur,  jusqu’au mode de fonctionnement interne des organes gouvernementaux.

 

Digital for all now dans le secteur public : les défis

La digitalisation du secteur public est confrontée à des défis spécifiques. Notamment celui des problèmes de gestion supplémentaires liés à des délais de réalisation plus longs. Surtout, la continuité stratégique est très délicate à assurer puisque les majorités politiques changent.
L’organisation du secteur induit parfois la dispersion des données entre les ministères, eux-mêmes répondant à une taxonomie et à des exigences hétérogènes : il sera ainsi plus compliqué d’y investir à grande échelle et de générer des économies d’échelles suffisantes. De même, l’absence de centralisation des infrastructures informatiques à l’échelle nationale est un frein à l’établissement d’un système transparent et fluide pour l’utilisateur.
Enfin, la complexité des tâches demandées par les projets numériques à grande échelle nécessite un niveau de spécialisation et d’expertise pour lesquels le service public ne peut rivaliser avec les offres proposées par le secteur privé. En conséquence, de nombreux efforts en direction du « e-gouvernement » sont encore loin de porter leurs fruits.

 

 

Les 6 leviers essentiels de la digitalisation

Un certain nombre d’initiatives gouvernementales réussies montrent pourtant qu’en intégrant les meilleurs pratiques du secteur privé dans un contexte public, une numérisation en profondeur est possible. McKinsey identifie ainsi six leviers pour une digitalisation réussie :
1.    Engager l’ensemble des acteurs publics, autour d’objectifs précis
2.    Assurer la coordination des investissements informatiques à l’échelle gouvernementale
3.    Repenser les processus, en considérant l’utilisateur final comme « le client » à satisfaire
4.    Identifier et développer les talents
5.    Recourir au Big Data et à l’analyse des données pour améliorer la prise de décision
6.    Protéger les infrastructures critiques et les données confidentielles

 

En activant ces six leviers, les gouvernements réaliseraient des milliards d’euros d’économies. Pour motiver les sceptiques, McKinsey souligne la réussite du lancement de www.gov.uk en 2012 : selon les estimations du gouvernement britannique, ce site aurait, dès sa première année d’existence, permis de réduire le montant des dépenses publiques de près de 54 millions d’euros (42 millions de livres) !
Crédits photo : (Doug / Flickr, Licence CC by 2.0)

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