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Qui sera le prochain Zuckerberg ? La réponse est (peut-être) dans la data

Econocom 15 Juil 2015

Peut-on faire le portrait-robot de l’entrepreneur à succès ? Si l’on pense à Mark Zuckerberg, Steve Jobs ou Bill Gates, on imagine un jeune homme de moins de 30 ans préférant les tongs aux cravates et ayant abandonné des études d’informatique pour se lancer dans un projet innovant et ambitieux… Mais l’on se trompe !

Les données recueillies par la Haas, la Business School de Berkeley, et relayées par le New York Times indiquent que les start-upeurs américains attirant l’intérêt des capital-risqueurs ont plutôt la quarantaine, l’équivalent d’un Master et plus de 15 ans d’expérience derrière eux…

Bien décidé à faire la guerre aux stéréotypes et à détecter les profils « jackpot », Bloomberg Beta, le fonds d’investissement tech du groupe Bloomberg, s’est associé aux chercheurs de la Haas pour imaginer Future Founders, un programme reposant sur un algorithme prédictif qui permet de dénicher ceux qui chevaucheront les licornes de demain !

 

 

Le futur Zuckerberg n’est pas celui que l’on croit

 

La quarantaine ou davantage, un bac + 5 et une quinzaine d’années d’expérience. Ce n’est pas le profil que l’on voit le plus souvent pitcher face à des business angels… Et pourtant ! D’après l’algorithme développé par la Haas et Bloomberg Beta, c’est à peu de choses près le portrait-robot de l’entrepreneur qui, potentiellement, va un jour créer une entreprise suscitant l’intérêt des investisseurs. Par conséquent, en recherchant principalement des profils à la Mark Zuckerberg ou Bill Gates, ces derniers passent sans doute à côté de belles opportunités…. C’est en tout cas le constat qu’a fait Roy Bahat, l’homme à la tête de Bloomberg Beta :

«  Nous avons à l’esprit ce mythe qui veut que le créateur de start-up soit un homme blanc d’une petite vingtaine d’années qui a abandonné les études d’informatique qu’il a commencé dans une école ou une université prestigieuse. Pourtant, seul un très petit nombre de données viennent confirmer cette idée… La vérité, c’est que nous pourrions très bien avoir tort ! »

 

 

L’analytics pour détecter les profils les plus prometteurs

 

Décrocher le gros lot… C’est finalement l’objectif du programme imaginé par Bloomberg Beta et la Haas. Grâce à des datas issues de l’agence de recrutement People.co et de la plateforme d’investissement AngelList, Future Founders peut prédire qui, dans le secteur technologique, est le plus susceptible de lancer une société financée par un capital-risque. Le fonds peut ainsi contacter ces entrepreneurs potentiels avant même qu’ils n’aient concrétisé –  ou même envisagé – le lancement de leur start-up !

Ce programme unique en son genre permet d’élargir la diversité du « vivier » dans lequel piochent les investisseurs. Par exemple, alors qu’à l’heure actuelle, dans la Silicon Valley, à peine 12% des start-upeurs sont des start-upeuses, 1 profil détecté sur 5 est celui d’une femme. Autre idée reçue bousculée : tous les éventuels créateurs d’entreprise tech ne sont pas forcément des cracks en informatique. En fait, seule la moitié (53%) d’entre eux a déjà une expérience dans les technologies.

Moins surprenant : beaucoup ont déjà travaillé dans des start-ups supportées par des fonds d’investissement… ou chez Google ! Le géant californien est en effet un véritable réservoir de futurs start-upeurs. Une information à relativiser toutefois, puisque les profils qui sont restés longtemps dans un même poste salarié ont peu de chances de monter un jour une entreprise. A l’inverse, ceux qui ont déjà essayé de lancer une start-up par le passé sont plus susceptibles de réussir au second essai.

350 profils ont été identifiés l’an dernier dans la baie de San Francisco et à New York, les deux zones d’implantation de Bloomberg Beta. Tous ont reçu un mail du fonds commençant par quelques mots évocateurs… que certains ont d’ailleurs assimilés à un « scam » :

 

« Vous avez été choisi… comme étant l’une des personnes de l’industrie technologique susceptible de créer une entreprise. »

 

Difficile cependant de juger de l’efficacité du programme. Au final, sur les 350 « élus », 8 ont lancé leur entreprise et 3 ont réussi à lever des fonds, mais Bloomberg Beta n’a investi que dans une seule start-up (soit 0,29 %).

Pour Roy Bahat, ce n’est pas un problème : il estime que ce travail d’analyse a permis d’identifier des talents qui auraient difficilement pu être repérés autrement et qui pourront peut-être rejoindre les start-ups dans lesquelles le groupe a investi… Il a donc choisi de renouveler l’expérience !

 

 

Crédit photo : Marco Bellucci – Question mark / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

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