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#IoT : Au FabLab de Vinci, l’hybridation des talents fait naître l’innovation

Econocom 2 Fév 2016

Situé en plein cœur de la Défense, le Pôle Léonard de Vinci regroupe une école supérieure d’ingénieurs (ESILV), une école de management (EMLV), l’Institut de l’Internet et du Multimédia (IIM) et la Devschool, destinée aux futurs développeurs.

En novembre 2014, le Pôle a inauguré son FabLab, un espace ouvert où les étudiants peuvent imaginer, concevoir et prototyper des services et objets connectés.

Gaël Chareyron, enseignant-chercheur au département informatique de l’ESILV et Flavien Courbier, responsable du département design interactif, tous deux managers du FabLab, nous font découvrir ce lieu d’échange et de partage.

 

Quand et pourquoi avez-vous créé ce FabLab ?

 

Gaël Chareyron : La demande est venue à la fois des élèves et des enseignants. L’idée de départ, c’était de créer un lieu de coworking, un espace qui permettent aux élèves des différentes écoles d’échanger et de partager leurs connaissances. A l’origine, nous avons pensé à l’impression 3D, un sujet qui plaît beaucoup aux étudiants, puis nous avons ajouté une couche d’électronique et d’objets connectés.

 

« Le FabLab donne accès à du matériel, mais le plus important, c’est vraiment que le lieu permette aux étudiants des différents cursus de parler entre eux, de se comprendre, d’échanger… Finalement, c’est ça qui les aide le plus à concevoir de nouveaux objets. »

 

Nous avons des élèves de première année qui se sont lancés dans la fabrication de drones. Ce n’est pas quelque chose que leur a demandé à l’école, mais ce lieu d’échange les a incités à innover.

 

Cette année, nous avons monté une association qui gère le FabLab et permet aux étudiants de se former, puisque l’utilisation de certains matériels reste complexe. Nous faisons également des sessions avec des élèves de terminale ou même des entreprises qui viennent nous voir parce qu’elles ont besoin de faire rapidement un prototype, par exemple.

 

 

Le prototypage d’objets connectés à la portée de chacun

 

Quelles sont les technologies disponibles au FabLab ?

 

Historiquement, avec l’école d’ingénieurs, nous avions déjà des machines-outils, des tours à commandes numériques, des perceuses… Tout ce qui sert au travail du métal.

La première version du FabLab a été créée en novembre 2014 avec l’investissement dans des imprimantes 3D et dans du matériel électronique. Au départ, le FabLab occupait environ 300m2. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de matériel et nous atteignons les 1 000m2.

201601206 LittleBits
Composants littleBits

 

Pour le parcours objets connectés, nous avons des choses qui permettent de prototyper rapidement et qui ne nécessitent pas nécessairement de connaissances trop poussées. Les Littlebits, par exemple, sont des composants électroniques qui se présentent sous la forme de petits modules pouvant s’emboîter comme des Lego. Ils ont des couleurs différentes selon leurs fonctions : actionneurs, capteurs, alimentations… et permettent de concevoir des objets sans compétences particulières en électronique. Nous disposons aussi de collections de puces RFID, de balises iBeacons, de cartes Arduino – des microcontrôleurs qui peuvent être programmés grâce à différents composants –  et de tout ce qui permet de monter des circuits intégrés. Par ailleurs, nous avons également du matériel lié à la réalité virtuelle avec notamment un scanner 3D, et un casque Oculus Rift.

 

 

 

Les étudiants ont-ils déjà des projets en tête quand ils viennent vous voir ?

 

Certains ont discuté avec d’autres étudiants des projets qu’ils ont réalisés au FabLab, d’autres viennent avec des idées qu’ils ont trouvées sur Internet. D’anciens élèves reviennent dans le cadre de projet de création d’entreprise pour voir ce que l’on peut faire avec eux, par exemple la création de services liés à des objets connectés. Nous avons aussi des élèves qui viennent avec des idées très spécifiques comme l’association de cosplay de l’école qui se fabrique des masques grâce à nos imprimantes 3D !

 

 

Hybrider les talents pour faire naître l’innovation

 

Au final, nous voyons vraiment tous types de projets. Dans la majeure « objets connectés » enseignée à l’école, les étudiants ont des cours sur la santé, le bâtiment intelligent… Ça oriente donc un peu leur réflexion. Là, par exemple, nous avons des élèves qui travaillent sur une salière connectée, donc plutôt sur une thématique santé.

 

Plusieurs fois par an, nous avons des semaines transverses durant lesquelles les étudiants des trois écoles se retrouvent pendant une semaine pour travailler ensemble. L’idée, c’est d’hybrider les talents… Et, souvent, les problématiques tournent autour des objets connectés.

 

« Aujourd’hui, les technologies permettent à des élèves qui ne sont pas ingénieurs de faire des prototypes. Après, si on veut miniaturiser ou répondre à d’autres contraintes, on a besoin de profils plus techniques. »

 

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Hackaton sur le mobilier connecté

 

 

Flavien Courbier : En octobre 2015, nous avons lancé un hackathon sur le mobilier connecté. Nous avions noué un partenariat avec Squair Factory, une entreprise qui propose des meubles connectés et, pendant une semaine, les étudiants ont travaillé sur le sujet. Par la suite, leurs créations ont été industrialisées. D’autres étudiants ont créé, en partenariat avec Cisco, un petit bracelet qui permet d’appeler au secours en cas de malaise ou de situation d’insécurité. Ils songent aujourd’hui à faire incuber le projet.

 

« Les étudiants se sont vraiment appropriés le fait que les objets physiques peuvent aussi communiquer. »

Se concentrer sur l’usage

 

Quels conseils pourriez-vous donner à un étudiant qui souhaiterait lancer un projet lié à l’IoT ?

 

Flavien Courbier : Le moteur de l’innovation, c’est souvent de s’insurger contre quelque chose qui ne marche pas ou de déceler quelque chose qui manque. Aujourd’hui, les objets connectés répondent à des problématiques qui énervent les gens !

 

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Gaël Chareyron : J’ajouterais qu’il ne faut pas trop se poser de questions sur la technique. Il y aura toujours quelqu’un pour travailler sur la technique. L’important, c’est l’usage et le bénéfice que ça va réellement apporter.

 

Crédit photo : ©Hélène Savvidis \ Objets connectés FabLab Pôle Léonard de Vinci

 

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