Digital for all now

#MWC2015 : « J’ai vu un petit stand Google derrière un gros stand Sigfox »

Econocom 9 Mar 2015

Le Mobile Word Congress de Barcelone (MWC), le salon mondial du mobile. Bien plus qu’un évènement permettant aux équipementiers de présenter leurs dernières innovations, le MWC2015 attire de nombreuses DSI et directions marketing. En effet, aujourd’hui, le mobile n’est plus un sujet qui concerne uniquement les opérateurs et les fabricants, c’est devenu un véritable moteur de la transformation digitale des entreprises – pour le meilleur de leurs performances.

 

Internet des objets, géolocalisation indoor ou encore paiement sans contact… De nombreux digital makers français se sont donné rendez-vous en Espagne pour irriguer tous les secteurs d’activité, du retail à l’industrie.

 

 

Sigfox, le frenchie qui fournit du réseau aux objets connectés

Au total, ce sont 184 entreprises françaises qui sont présentes au Mobile World Congress : des géants comme Orange, Altos ou Criteo mais aussi des start-ups émergentes. La plupart sont fédérées sous le pavillon de la French Tech… Ce qui permet à Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique venue en soutien, d’ironiser :

« J’ai vu un petit stand Google derrière un gros stand Sigfox. »

Il faut dire que depuis quelques mois, le nom de cet opérateur bas débit spécialisé dans l’Internet des objets (#IoT) est sur toutes les lèvres. Sur les milliards d’objets à connecter existants (compteurs d’eau, alarmes incendie, capteurs environnementaux…), la grande majorité a de très bas besoins en termes de débit et Sigfox est l’un des premiers à investir le marché.

« Alors que tout le monde travaille sur du haut débit pour faire passer du multimédia, nous avons pris le positionnement inverse : on transmet des données de quelques octets seulement mais d’une façon qu’il est impossible de reproduire avec d’autres technologies. »

Interviewé sur le salon, Ludovic Le Moan, PDG de cette start-up toulousaine, a le sens de la formule :

« Sigfox, c’est le un peu le Twitter des télécoms. »

Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva et présidente du conseil d’administration de Sigfox précise :

« Notre réseau permet d’envoyer à bas débit des messages courts mais qui veulent dire beaucoup de choses ! Les followers seront peut-être les objets eux-mêmes. Nous entrons dans l’ère où nous connecterons les humains avec les objets et les objets entre eux. Nous faisons le pari du temps en proposant une solution low-cost, ce qui va faire décoller le marché beaucoup plus vite. C’est une approche assez révolutionnaire. »

 

Toulouse et la région midi-pyrénées à la conquête de Barcelone

Sigfox n’est pas le seul sudiste cherchant à envahir le salon espagnol. Madeeli, toute nouvelle agence du développement économique, de l’export et de l’innovation en Midi-Pyrénées, a envoyé ses forces vives sur place. Le discours de son président, Martin Malvy, ancien ministre et président de la région Midi-Pyrénées, est clair :

« Si on veut développer nos entreprises, il faut à la fois innover et conquérir de nouveaux marchés. »

Ainsi, Rezopep, réseau de pépinières d’entreprise animé par Madeeli, accompagne quelques-unes de ses start-ups au MWC2015. Parmi ses jeunes pousses, Gaiddon Software qui présente une application qui fait entrer le digital dans le secteur de l’immobilier en valorisant l’implantation d’un projet immobilier au sein d’une maquette numérique 3D interactive notamment accessible sur les tablettes. Fabien Gaiddon, CEO et fondateur de la start-up précise :

« Notre solution est 4 à 5 fois plus abordable que les offres proposées par la concurrence. En effet, l’ensemble du processus a été industrialisé en interne ce qui permet de proposer une application peu onéreuse, clés en main. Les promoteurs n’ont rien à configurer, tout est prêt à l’utilisation, leurs commerciaux peuvent partir sur le terrain avec un outil moderne de prospection. »

Déjà présente sur le secteur de l’analyse et du traitement d’image, l’entreprise pousse donc encore plus loin les innovations permises par la modélisation des données du bâtiment ou BIM (Building Information Modeling).

Autre start-up toulousaine, Pole Star est présente un peu partout dans le salon. Les organisateurs ont fait appel à ce spécialiste de la géolocalisation indoor pour placer des capteurs qui permettent aux visiteurs de s’orienter dans les quelques 94 000 mètres carrés du parc des expositions. En 2013, interrogé par Forbes, Christian Carle, CEO et fondateur de Pole Star évoquait déjà les applications concrètes de sa solution de localisation en intérieur dans le secteur du retail :

« La géolocalisation indoor apporte de réels avantages pour les clients en les aidant à naviguer à l’intérieur des bâtiments, tandis que les entreprises ont l’opportunité de booster leurs ventes et d’améliorer la relation client. »

Avec Pole Star, les commerçants peuvent  cibler les clients lorsqu’ils approchent de leur boutique, en leur envoyant par exemple une promotion sur leur smartphone. Une façon de faire entrer le #Digitalforallnow dans les centres commerciaux, bien sûr, mais aussi dans les gares et les aéroports (plans interactifs, calcul d’itinéraire, signalétique multilingues…)  ou encore les musées et parcs à thèmes (guide multimédia, analyse de flux, contrôle d’accès…) :

« Contrairement aux start-ups qui sont toujours en phase de pilotes, nous avons couvert plus de 5 millions de mètres carrés dans 16 pays avec une précision 3D métrique. »

 

CopSonic et le paiement sans contact

Parmi les autres stars midi-pyrénéennes, Secom-Pixeliris et sa technologie de paiement sans contact innovante, CopSonic. Seule start-up française présente au dernier G20 en Australie, elle travaille sur l’échange sécurisé de données entre terminaux mobiles. Basé sur les ultrasons, CopSonic révolutionne l’univers du paiement mobile : le transfert se fait par les haut-parleurs et micros des smartphones ou tablettes, ainsi, il n’est plus nécessaire d’installer une application et les problèmes de compatibilité entre terminaux sont évités.

Pour Emmanuel Ruiz, directeur général de CopSonic, les usages potentiels sont nombreux puisque le téléphone devient un porte-monnaie électronique pour l’utilisateur ou un terminal de paiement pour le commerçant :

« L’émetteur qui doit envoyer de l’argent au récepteur appelle un service, compose un montant sur son téléphone et entre le numéro du destinataire. Ce dernier reçoit un appel, il faut ensuite rapprocher les deux appareils pour effectuer la transaction. Un son unique est généré lors de chaque utilisation et garantie la proximité du payeur et du payé. »

A l’heure où le paiement sans contact peine à s’imposer dans l’hexagone, il est en plein essor dans les pays émergents, Amérique du Sud et Afrique Sub-saharienne notamment, où une grande partie de la population n’a pas de compte bancaire :

« Nous avons aujourd’hui priorisé deux secteurs d’activité : le paiement mobile dans les pays émergents et la cyber-sécurité pour résoudre des problèmes quotidiens comme par exemple s’affranchir des logins/mots de passe. »

Grâce au signal ultrasonique de  CopSonic, les banques et services web nécessitant des accès sécurisés peuvent en effet simplifier leurs systèmes d’authentification et éviter les tentatives de hack ou de phishing. Une véritable innovation dans ces secteurs où la sécurité des données est plus critique que partout ailleurs.

 

 

Au MWC2015, plus que les seuls acteurs des télécoms, ce sont tous les secteurs d’activité qui se réunissent pour se renseigner, chercher de nouveaux partenaires ou même intervenir… Preuve que les entreprises commencent à intégrer le #Digitalforallnow et envisagent le mobile, non plus comme un simple canal de diffusion mais bel et bien comme un vecteur incontournable de mutation numérique, qui transforme aussi bien leurs relations client que leurs modes d’organisation.

 

Crédit photo : BTV Barcelona Televisió – Mobile World Capital Barcelona stand (Flickr.com, licence CC BY-NC-SA 2.0)

Vous aussi prenez la parole et partagez avec nous votre histoire de Digital Maker !