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Numérique à l’Ecole, la Seine-Saint-Denis en première ligne (2/2) : Pascal Ribaud

Pascal Ribaud 20 Août 2014

Deuxième budget du gouvernement en 2014, l’Education constitue un enjeu majeur en constant renouvellement et un « creuset des valeurs républicaines » essentiel, nous assure Pascal Ribaud, directeur de l’Education et de la Jeunesse en Seine-Saint-Denis depuis quatre ans. A la tête d’une équipe de 1700 collaborateurs, cet ancien agronome, agriculteur et proviseur s’efforce chaque jour mettre en œuvre la révolution numérique au cœur du département le plus défavorisé de France. Mais comment faire pour adapter les solutions numériques à chacun et gommer les écarts de façon efficace et pertinente ? Pascal Ribaud nous parle de son expérience.

 

Le numérique, bras armé de l’égalité des chances

Pascal Ribaud explique d’emblée :

« La Seine-Saint-Denis ? C’est le département le plus jeune de la métropole, celui où il y a le plus de familles monoparentales et où le taux de familles sous le seuil de pauvreté mondial est le plus fort en France. 48% des familles sont allophones et 28% des parents de nos élèves sont francophones. Pour résumer, la Seine-Saint-Denis, c’est quarante communes mais c’est le monde dans le monde »

Fort de sa connaissance du territoire, le Directeur de l’Education et de la Jeunesse de Seine-Saint-Denis a aussi pour atout près de 15 ans d’expérience en tant que directeur d’un établissement scolaire. Une expérience indispensable pour affronter les défis pédagogiques d’un département pas comme les autres :

« Les élèves sont déjà dans des situations socio-économiques difficiles donc nous ne voulons pas leur infliger de double peine : ainsi, en donnant les moyens les plus corrects possibles pour réussir à l’école, on veut en faire un lieu où le handicap ne se reproduit pas par deux fois. »

Le numérique, un moyen comme un autre d’incarner la promesse d’égalité des chances dont l’Ecole se veut porteuse ? Bien plus que cela, soutient Pascal Ribaud.

 

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Le « tout numérique » pour redémarrer l’ascenseur social

« Quand je suis arrivé en Seine-Saint-Denis [en 2010 ndlr], on avait un ordinateur pour 8 élèves au collège. Aujourd’hui, avec 120 collèges et 70 000 élèves, on en a très exactement un PC ou équivalent pour 5,4 élèves et d’ici 2015, ce sera : 1 ordinateur ou équivalent pour 4 élèves, 125 collèges dont 12 considérés comme « tout numérique ».

Tout numérique ? « Cela veut dire : des collèges dotés d’un niveau d’équipement très important : très haut débit avec un accès minimum de 50 méga, entre 15 et 30 machines par classe, un vidéoprojecteur interactif dans toutes les salles d’enseignement, … ». L’ambition, à travers ce programme, est tout simplement de répondre à l’évidence qui s’impose à nous explique Pascal Ribaud :

« L’outil numérique devient un outil comme un autre. L’ordinateur est un support technique qui est de notre génération. On est à une époque où les technologies sont de plus en plus indispensables. L’école, qui prépare à l’avenir, a donc besoin de ces outils numériques comme n’importe quel autre secteur et nous avons bien pour objectif, aux côtés de la communauté éducative, de donner à tous les jeunes de  notre département, les moyens de devenir des citoyens responsables »

Mais pour réussir à accomplir son objectif de mise en place du numérique pour tous dans un secteur public aussi particulier que celui de l’Education, comment parvenir à rendre l’évidence tangible ?

 

La compétence technique, socle de l’ambition numérique pour l’éducation

« La première chose, c’est qu’il faut avoir des collaborateurs de très haut niveau » soutient Pascal Ribaud. Car dans un secteur en permanente évolution, « c’est la valeur de notre analyse technique qui compte et il faut avoir une veille de grande qualité, en même temps qu’un suivi permanent des soucis rencontrés ». C’est ce travail qui permet ensuite de présenter « une vision stratégique sur 10, 20, 30 ans de l’école du troisième millénaire» qui soit pertinente aux yeux des élus.

Car avec plusieurs millions d’euros consacrés à l’éducation par le département, le choix des partenaires et des équipements adéquats est loin d’être anodin.

Le principal souci, c’est bien que les enseignants s’adaptent en fonction des besoins des élèves et qu’ils aient reçu la formation adéquate et un accompagnement suffisant.  A cet effet, Pascal Ribaud a participé à l’équipement de deux collèges avec du matériel de pointe : imprimante 3D mais aussi vidéoprojecteur interactif, tablettes… « Nous faisons le pari que des usages numériques pédagogiques participent pleinement à l’apprentissage des savoirs, des connaissances, tout en éveillant la curiosité, afin que les élèves apprennent avec plaisir. »

Car enclencher la révolution numérique dans les esprits c’est une chose, mais l’incarner physiquement et pour tous en est une autre… Une mission dont Pascal Ribaud se saisit, au jour le jour, pour les collèges du département le plus jeune de France qui représente l’avenir de notre pays.

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