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Didier Siran – Avec le numérique, les élèves sont contents de venir en classe !

Econocom 24 Nov 2015

Le collège et lycée d’enseignement général Saint Joseph, à Gap, compte un effectif d’une cinquantaine d’enseignants et d’un peu plus de 820 élèves. Sa particularité ? Depuis 2009, élèves et professeurs sont équipés d’outils numériques. Oubliés les cahiers et les manuels papier, ici, le cartable est numérique… Et élèves et professeurs ne souhaitent pas revenir en arrière ! Entretien avec Didier Siran, chef de l’établissement.

 

 

LE NUMERIQUE POUR ACCELERER LE GOÛT D’APPRENDRE

 

Comment a été initié ce projet de cartable numérique ?

 

En 2009, nous avons commencé à équiper les élèves d’ordinateurs. Un peu plus tard, nous avons basculé sur tablettes tactiles. Aujourd’hui, tous les élèves et tous les professeurs sont dotés d’une tablette, un dispositif complété par un tableau blanc interactif dans chaque classe.

 

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Chaque soir, les élèves repartent avec leur matériel. Ils le gardent également avec eux pendant le week-end et les vacances intermédiaires, mais nous le rendent pendant les vacances d’été puisque c’est la période pendant laquelle nous assurons la maintenance.

 

« Derrière ce projet, il y a un véritable objectif de formation. Nous voulons donner aux élèves le goût d’apprendre et accélérer les processus d’apprentissage. L’idée, c’était aussi de faire coller l’établissement avec son temps et de ne pas se priver d’un outil qui ne peut être qu’un atout.»

 

 

Comment financez-vous ces tablettes ?

 

Les ordinateurs portables, puis les tablettes, ont été financés par les familles. L’établissement a pris en charge l’infrastructure WiFi, les tableaux blancs interactifs dans chaque classe et l’équipement des enseignants avec les tablettes et les outils qui viennent les compléter. Chaque année, les enseignants font une liste d’outils pédagogiques que nous pouvons ensuite mettre à leur disposition sur leur tablette : cahier de texte de classe, outils permettant de faire des trombinoscopes ou de gérer ses propres cours ou encore abonnements à des sites collaboratifs et à des banques de données d’exercices. Ensuite, dès qu’un enseignant trouve quelque chose d’intéressant, il le soumet au coordinateur informatique qui regarde si c’est pertinent avant d’en faire l’acquisition.

 

 

TERMINE LE PAPIER, AVEC LA TABLETTE, LES ELEVES PASSENT AU 100% NUMERIQUE

 

Qu’est-ce que les tablettes ont changé dans l’établissement ?

 

Nous n’avons plus de livres papier. En classe, soit le prof projette son livre sur le tableau blanc interactif, soit l’élève consulte le manuel sur sa tablette. Nous avons fait l’acquisition d’applications permettant de créer des cahiers sur lesquels les élèves écrivent avec un stylet. Nous avons donc un grand nombre d’élèves qui n’ont plus de cahiers papier mais prennent des notes directement sur la tablette.

 

Nous avons également mis en place un système de serveurs sur lesquels les élèves peuvent déposer leur travail et où les profs peuvent envoyer des documents au format PDF. Toute la communication enseignant/élèves a changé et passe désormais par des documents utilisables directement sur tablettes.

 

Si nous n’avons pas de problèmes pour trouver des manuels numériques, nous avons des difficultés à les déployer : chaque éditeur a ses propres protocoles de déploiement et de protection. Au quotidien, le fait que les éditeurs ne se soient pas mis d’accord est vraiment une difficulté majeure. Par ailleurs, les éditeurs ne tiennent pas les délais des rentrées scolaires : les manuels ne sont que très rarement prêts à date, ils arrivent parfois trois ou quatre mois après. C’est un problème récurrent.

 

 

Comment les tablettes ont-elles été acceptées par les enseignants et par les élèves ?

 

« Les enseignants disent tous qu’ils ne reviendraient pas en arrière. »

 

Les freins sont plutôt liés aux dysfonctionnements au quotidien. Il y a toujours des aléas liés au WiFi, au partage de connexion… Mais quand l’outil fonctionne, on a 100% d’adhésion !

 

Les élèves sont eux aussi ravis d’avoir ces tablettes et en font un usage qui est très pertinent. Si c’est le professeur principal qui se charge de la formation des élèves, nous avons déployé des moyens puisque nous avons trois informaticiens à plein temps. Au total, le projet a nécessité trois embauches. Ces informaticiens sont aussi là pour former les élèves en début de sixième et de seconde.

 

Il a également fallu former les enseignants. C’est là que l’accompagnement d’Apple et d’Econocom a été primordial. Chaque enseignant a bénéficié de trois jours complets de formation : prise en main de la tablette, découverte des outils numériques et formation sur iBooks Author, une application qui permet d’écrire soi-même ses propres manuels scolaires.

 

 

DES PARENTS D’ELEVES QU’IL A FALLU RASSURER

 

Et côté parents d’élèves ?

 

Nous les avons très vite rassurés en demandant à nos informaticiens de mettre en place un certain nombre de filtres de sécurisation internes à l’établissement.

 

« La plus grosse inquiétude des familles vient plutôt du côté permissif d’Internet, ils ont très peur que les élèves aillent sur des sites “interdits”. A partir du moment où nous garantissons la sécurité et rassurons les parents, les réticences sont levées. »

 

Tout est filtré, y compris les mots-clés que les élèves rentrent sur les tablettes. Nous avons un logiciel de suivi des connexions en temps réel ainsi qu’un système d’alertes qui nous permet de savoir si un élève fait autre chose que travailler pendant la journée. Nous avons un outil assez sophistiqué de surveillance, c’est indispensable pour rassurer les familles.

 

Au niveau pédagogique, quel bilan pouvez-vous tirer ?

 

Sur les apprentissages à proprement parler, c’est très difficile de faire la part des choses et de savoir si les élèves apprennent mieux ou si les résultats sont meilleurs parce qu’il y a du numérique.

 

« Ce qu’on sait, c’est qu’un certain nombre d’élèves prennent du plaisir à aller en classe et que cela ne peut qu’avoir qu’une influence positive sur les apprentissages. Le numérique permet à l’élève de raccrocher avec un outil moderne, familier et ludique. De ce côté-là, le bénéfice est important. »

 

Les enseignants trouvent que le numérique permet d’accélérer les apprentissages : ils vont plus vite et peuvent faire plus de pédagogie différenciée que dans un cours traditionnel. Il y a un côté travail de groupe et collaboration qui leur plaît beaucoup.

 

 

LES ENSEIGNANTS ECRIVENT FACILEMENT DES MANUELS PERSONNALISES

 

Depuis deux ans, plusieurs de nos enseignants ont réalisé leurs propres manuels avec les outils mis à disposition par Apple. Trois ouvrages écrits dans l’établissement ont déjà totalement remplacé les manuels des éditeurs. Par exemple, l’un de nos professeurs d’histoire a écrit un livre de seconde et l’a ensuite partagé avec ses deux autres collègues : tous nos élèves de seconde ont désormais un livre d’histoire « maison ».

 

 

Tous les enseignants sont en train de se lancer progressivement et chacun veut maintenant faire son livre, puisque cela permet de travailler avec un outil personnalisé.

 

 

LE PLUS IMPORTANT ? LA FORMATION DES ENSEIGNANTS

 

Quels conseils pourriez-vous donner à un établissement qui souhaite déployer des outils numériques ?

 

Il faut commencer par la formation des enseignants. Equiper d’abord les professeurs leur permet de se familiariser avec l’outil. On ne peut pas équiper les élèves sans avoir suscité l’envie dans le corps enseignant.

 

Le deuxième conseil, c’est d’aller visiter les établissements où les outils numériques ont déjà été déployés. Enfin, il faut avoir la capacité à créer un ou deux emplois car, au quotidien, c’est un suivi permanent. Quand ça ne fonctionne pas pour un élève ou un professeur, il faut de la réactivité et du personnel dédié. Et ça, c’est vraiment une des clés de la réussite.

 

 

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Crédit photo : Brad Flickinger / Flickr.com / Licence CC BY 2.0

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