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#OpenInno : comment capter l’innovation hors de l’entreprise ?

Econocom 1 Juin 2016

Avec le numérique, tout va plus vite. Pour faire face à des concurrents toujours plus disruptifs, les grands comptes doivent repenser leur cycle d’innovation. Pour cela, ils peuvent s’appuyer sur l’agilité et la capacité d’innovation des start-up.

 

Comment mettre en œuvre une politique d’open innovation et concilier l’approche managériale de l’entreprise avec la démarche entrepreneuriale de la start-up ? Quels sont les leviers d’acculturation pour l’interne ? Ce sont quelques-unes des questions qui ont été débattues à l’Acsel, think tank de la transformation digitale, le 18 mai 2016. Nous y étions.

 

Parmi les intervenants venus partager leur expérience :

 

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L’open innovation, oui, mais comment ?

 

Les grands comptes, pas structurés pour l’open innovation ? C’est en tout cas l’avis d’Yves Lacheret (groupe Accor) :

 

« Contrairement à l’industrie qui a, depuis toujours, l’habitude de réinvestir une partie de son chiffre d’affaires dans la recherche, dans les métiers liés au service, comme le tourisme ou le retail, on ne réinjecte pas de budget… Soit parce que les marges sont trop faibles, soit parce que ça ne fait pas partie de la culture d’entreprise. Et, comme par hasard, ce sont justement ces secteurs qui, aujourd’hui, sont les plus disruptés. »

 

Pourtant, ne pas agir, c’est « prendre un risque sur son cœur de métier », rappelle Hugues Hansen (Start’inPost). Alors, comment s’ouvrir à l’innovation ? Sylvain Theveniaud (Allianz) indique avoir bénéficié d’une grande marge de manœuvre pour mettre en place son programme d’accélération. Et ça marche : un an après le lancement, 11 start-up ont bénéficié d’un accompagnement de six mois et 2 partenariats ont déjà été noués.

 

A La Poste, le programme se découpe en deux parties : 3 mois de phase de test avec une business unit La Poste et 9 mois d’accompagnement personnalisé, parfois doublé d’un investissement en cas de levée de fonds. Dans ce cas, la prise de part se fait au nom de Start’inPost, ce qui évite de passer par les processus, plus lourds juridiquement, du groupe. Les start-up sont accueillies au fil de l’eau, après une sélection sur dossier et une évaluation de la motivation et de la « compatibilité humaine ». Lancé il y a deux ans, l’accélérateur a permis la mise en place de 23 expérimentations.

 

 

« Beaucoup de rencontres et d’opportunités »

 

« L’accélérateur permet de créer beaucoup de rencontres et d’opportunités, explique Sylvain Theveniaud d’Allianz. Mais il y a aussi beaucoup d’approches directes. Tous les 6 mois, nous accueillons de nouvelles start-up. Nous avons par exemple fait entrer une start-up qui travaille sur la blockchain, pour faire bouger en interne sur le sujet. »

 

« Travailler avec des start-up, c’est aussi contribuer à l’acculturation de l’interne », ajoute Merete Buljo (Natixis Eurotitres) :

 

« L’objectif, c’est que les collaborateurs développent les réflexes de l’open innovation et diffusent cette culture dans l’entreprise. »

 

Les obstacles ? Ils sont évoqués par Hugues Hansen :

 

« La difficulté la plus commune, c’est la start-up qui vient nous voir trop tôt, avec un produit trop jeune pour le lancer ou même le proposer en mode pilote. Viennent ensuite les problèmes liés à une mauvaise analyse du marché et de la concurrence en France et à l’international et à un business model bancal. »

 

Parfois, une incompréhension peut naître du fait que les start-up ont une vision déformée des grands groupes, notamment en matière de digital, comme l’indique Sylvain Theveniaud :

 

« Les start-up qui arrivent avec une “révolution digitale” sont décontenancées quand elles se retrouvent face à des spécialistes qui connaissent mieux le sujet qu’elles. Il y a une vraie expertise des grands groupes sur les métiers et l’écosystème. »

 

« Partager, acculturer et evangéliser ! »

 

« Pour anticiper l’avenir, il faut être capable de faire de l’innovation disruptive », affirme Hughes Hansen. Et, pour cela, selon Merete Buljo, « il faut fonctionner en mode réseau. C’est très important pour le retour d’expérience cross-industrie » :

 

« Ceux qui réussissent aujourd’hui sont ceux qui sont capables d’imaginer quelque chose qui est véritablement en rupture. Il faut sortir de son bureau et aller voir les autres : passer du temps en dehors de l’entreprise, revenir avec de nouvelles inspirations et, ensuite, partager, acculturer et évangéliser ! »

 

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