Digital for all now

Pascal Nessim : une vitrine des temps modernes pour ramener le client dans le magasin

Pascal Nessim 30 Sep 2014

Les clients boudent depuis quelques années les magasins. Et pour cause, pourquoi faire le déplacement quand tous les produits sont disponibles en quelques clics sur Internet ? Les marques doivent donc faire preuve d’imagination pour faire de la visite sur un point de vente une expérience unique. Alors, pourquoi la vitrine d’une boutique ne vous interpellerait pas dans la rue pour vous faire découvrir ses trésors ? C’est le pari (gagné) que s’était lancé Repetto, la célèbre marque de chaussons de danse et que nous raconte Pascal Nessim, directeur associé de l’agence Marcel et responsable du projet.

Des outils simples pour captiver les piétons…

« Internet bouscule la relation avec le client, qui se rend de moins en moins dans les espaces de vente, explique-t-il. Charge aux marques de trouver le moyen de les attirer dans leurs boutiques comme avec une vitrine interactive par exemple! L’objectif est de captiver le passant devant le point de vente, jusqu’à le motiver à y entrer. »

Et nul besoin de s’encombrer de nombreux outils pour faire au retail sa révolution. Pascal Nessim l’affirme : « le dispositif de cette vitrine interactive est très élémentaire« . Un rétroprojecteur diffuse sur un écran géant cinq scénettes de ballet. En faisant des mouvements devant la vitrine, le passant peut passer d’une vidéo à l’autre en les faisant défiler. Simple d’utilisation, le dispositif n’a pas manqué de faire mouche auprès des piétons surpris.

« Pour une marque, c’est l’occasion de présenter un univers et des produits de manière vivante avec du son, de la vidéo et des interactions. Ça change la donne. » Un dispositif simple, donc, pour une présentation dynamique !

 

L’innovation au service de l’image de marque

« L’enjeu pour une maison comme Repetto était de s’inscrire dans la modernité ». Et si un frein peut exister dans un tel projet, c’est bien celui d’utiliser les nouvelles technologies sans trahir son fond de marque « traditionnel », en l’occurrence le ballet classique.

Discrétion, simplicité de mise en marche du dispositif et pédagogie sont donc de rigueur lors de la mise en place en place d’un tel dispositif en magasin. Car il faut montrer que ces nouveaux outils ne dénaturent pas la marque traditionnelle, « mais tout le personnel est très réceptif » affirme Pascal Nessim.

Un coup de projecteur tout à fait appréciable pour Repetto, qui a rapidement pu constater les retombées de ce projet novateur.

 

Une hausse de la fréquentation de la boutique

Mais comment mettre en place un tel projet et faire d’une boutique un point culminant d’attention ? Pascal Nessim l’explique, pour un dispositif aussi innovant « il a d’abord fallu choisir le moment le plus opportun. »
L’installation de cette vitrine interactive s’était donc inscrite dans un contexte particulier pour la marque de ballerines : la Fashion Week, d’abord, semaine où Paris devient le centre de toutes les attentions de l’univers de la mode, et un lieu de passage incontournable pour toutes les figures du milieu. La sortie dans les salles de cinéma du film Black Swan, ensuite, qui a remis le ballet classique sous le feu des projecteurs. Et enfin, l’apparition des capteurs de reconnaissance de mouvement pour les consoles de jeux vidéo.

 

« Tous ces éléments ont facilité l’opération et rendu le public plus réceptif à cette nouvelle forme de retail » affirme le responsable du projet. Et d’ajouter : « c’était à ce moment là, la première fois qu’une marque détournait l’usage de la Kinect pour un projet retail. Il y a eu énormément de retombées en termes d’image pour la marque. On en a parlé dans le monde entier. »

La boutique a même observé un pic de fréquentation considérable pendant la semaine de l’opération.

« C’était une façon de créer l’événement pour stimuler les conversations autour de la marque ».

Double objectif atteint donc : attirer l’attention des piétons sur le magasin, puis attirer celle du grand public sur la marque.

Quand une innovation en appelle d’autres

Cette vitrine interactive a marqué l’histoire du retail et a ouvert la voie à de nouvelles possibilités pour les commerces.

« Ça a été un point de départ, mais aujourd’hui, le numérique modifie tous les points de vente et les marques doivent s’y adapter » poursuit Pascal Nessim. « Si elles peuvent avoir quelques craintes, elles ont la capacité de s’adapter au numérique et d’en utiliser tout le potentiel pour captiver les clients et leur proposer de nouvelles expériences, de nouveaux services. »

Dans les magasins de vêtements par exemple, les parcours clients peuvent désormais être différenciés pour s’adapter à chacun :

« il est possible de se déplacer dans une boutique, d’essayer des articles mais de demander via le site e-commerce de se faire livrer directement chez soi. A l’inverse il est également possible de sélectionner des articles sur un site e-commerce d’une marque et de se déplacer en magasin pour les essayer et repartir avec sa sélection. Une autre grande tendance est l’interactivité avec par exemple, le miroir « intelligent » qui propose d’autres vêtements aux clients lorsqu’il en essaye en cabine. »

Et pour ceux qui craindraient que les clients ne soient pas prêts à de telles innovations, Pascal Nessim se veut rassurant :

« C’est ça le Digital For All Now : il n’y a plus de segmentation, le numérique concerne tout le monde et plus uniquement une frange de technophiles. Il s’est totalement démocratisé. Il ne reste plus pour les marques qu’à s’adapter pour créer de nouvelles manières de consommer. »

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