Digital for all now

Repousser les murs de l’hôpital… à coups de tablettes !

Econocom 29 Août 2014

A Compiègne, médecins et infirmières libérales utilisent depuis 2013 des tablettes pour éviter aux patients des déplacements à l’hôpital et gagner en efficacité. Un dispositif de téléconsultation que nous rapporte Infirmier.com dans un article du 28 juillet, et qui promet de renouveler l’organisation du milieu hospitalier.

 

Comment permettre aux médecins de gagner du temps en s’épargnant des petites consultations qui pourraient être traitées à distance ? C’est la question que s’est posée la Picardie en 2013, lorsqu’elle a mis en place un programme expérimental de consultation à distance en dermatologie.

Comme l’explique Infirmier.com : « dotés d’une tablette tactile, les infirmiers libéraux du compiégnois – qui assure les soins à domiciles des patients – ont la possibilité de prendre des clichés d’une plaie leur posant problème (ulcère de jambe, escarre…) pour demander une expertise auprès d’un médecin spécialiste du Centre Hospitalier de Compiègne ; l’objectif est d’éviter au patient de se déplacer en consultation et d’adapter si besoin sa prise en charge. »

 

Quand le digital repousse les murs de l’hôpital

Ainsi équipés, les professionnels de la santé peuvent communiquer plus facilement et travailler de concert, même à distance. Pour Franck Perez, vice-président de l’URPS infirmiers de la région, les bénéfices de l’expérience ne s’arrêtent pas là :

« Il s’agit d’un pivot technique dans l’instant avec un gain de temps indéniable. C’est aussi pour nous une forme d’expertise car on est toujours avec le médecin. […] Pour les patients, c’est rassurant et ils sont très partants », a-t-il confié à Infirmier.com.

C’est donc toute la structure hospitalière qui s’en trouve chamboulée : les infirmiers à domicile sont plus polyvalents, et le personnel hospitalier intervient plus vite tout en pouvant se concentrer plus longuement sur les pathologies lourdes présentes sur place :
« C’est une vraie réflexion organisationnelle », soutient ainsi Lidye Canipel, secrétaire générale de l’Association Nationale de Télémédecine (Antel), qui ne manque pas de préciser qu’il s’agit d’ « un transfert de compétences et non d’une délégation de tâches ».

Car si le patient est soigné à domicile par un infirmer, celui-ci reste assisté par un expert à distance en cas de besoin. L’avantage ? « Le médecin va voir son rôle d’expert renforcé au détriment de la bobologie ».

 

A quand la télémédecine pour tous les hôpitaux ?

En 2013, 331 dispositifs de télémédecine étaient recensés dans le champ hospitalier français. Un chiffre étonnamment bas au regard des réponses qu’apporte la pratique pour désengorger des hôpitaux parfois sur-sollicités mais aussi les faire « gagner en efficience ».

Car des tablettes pour les infirmiers libéraux et des outils de visioconférence pour les médecins, c’est aussi une façon d’améliorer la coopération entre les différents professionnels de santé. Et c’est le patient qui gagne sur tous les tableaux : mieux soigné, il est aussi mieux suivi. C’est donc en facilitant la collaboration entre les différents acteurs de santé via des outils numériques performants que l’infirmier libéral peut remplir son « rôle de coordination entre le médecin généraliste et le médecin référent à l’hôpital », selon les termes de Stéphane Routier.

Pour que la médecine vive avec son temps, dans l’intérêt du patient comme du personnel soignant, l’hôpital ne peut donc pas se passer du meilleur matériel et de la mobilisation de chacun.

 

Credits Photo : NEC-Medical-51, Photo by NEC Corporation of America with Creative Commons license

Vous aussi prenez la parole et partagez avec nous votre histoire de Digital Maker !