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La résistance au changement, frein majeur à la digitalisation

Econocom 7 Nov 2016

Quelles sont les résistances à la transformation numérique ? C’est une des questions que SIA Partners, Econocom et l’Ifop a posé aux 400 décideurs qui ont participé à l’édition 2016 du baromètre des pratiques digitales des grandes entreprises, publié le 4 octobre 2016.

 

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C’est la résistance au changement qui se hisse en haut du podium : 20% des professionnels interrogés admettent qu’il s’agit du premier frein à la digitalisation de leur entreprise (contre 15% en 2015). Seuls les télécom/média semblent épargnés par cette inertie organisationnelle (9%) et évoquent principalement un manque de ressources financières (25%).

« En 2016, les principaux freins cités sont directement liés à la mise en œuvre opérationnelle des projets dans les entreprises », explique Bruno Grossi, Directeur Exécutif d’Econocom. Ainsi, le manque d’agilité de l’entreprise ou du SI se hisse de la 6e à 2e position, la capacité à évaluer concrètement le ROI des projets entre dans le top 3 des freins. Quant au manque de ressources financières, il est immédiatement cité en 4e position.

 

 

contrer la résistance au changement : les bonnes pratiques des CDO

 

Au fil des mois, sur Digital for all now, nous avons interrogé de nombreux digital makers : CDO (Chief Digital Officer), directeur de l’innovation ou responsable digital de grandes entreprises et recueilli leurs méthodes pour vaincre l’immobilisme.

 

Pour Patrick Hoffstetter, CDO du groupe Renault, « il faut embarquer l’ensemble des salariés dans la transformation numérique ». Pour cela, le géant de l’automobile a mis en place un réseau social interne et a monté une équipe dédiée à l’accélération de l’évangélisation des collaborateurs. Mais, précise Patrick Hoffstetter, entraîner 120 000 salariés ne se fait pas du jour au lendemain : « Ce que nous voyons, quels que soient les entreprises et les secteurs d’activité, c’est l’importance du “change management”, c’est-à-dire, au-delà de la seule pédagogie, faire que les habitudes quotidiennes changent, et que, de la direction générale jusqu’à l’employé lambda, tout le monde s’imprègne de cette culture digitale… Ce n’est pas simple car, dans le digital, il y a une toute une dimension qui peut être perçue comme très anxiogène, une dimension de rupture, de vitesse inhabituelle créant le sentiment d’être toujours dépassé par les évènements. »

 

Evangéliser pour contrer la résistance au changement ? Le point de vue est partagé par Pierre-Philippe Cormeraie, directeur de l’innovation chez BPCE, qui, en septembre 2015, nous expliquait : « L’aspect acculturation est important puisqu’il faut que chacun se rende compte que ces opportunités digitales sont de nouveaux outils pour exercer encore mieux son cœur de métier. »

 

Chez SEB, « il n’est pas difficile de convaincre [les] collaborateurs que le digital est important », rapportait Nicolai Gérard, Digital Acceleration Officer du groupe. « Le défi relève plutôt de notre capacité à tous d’adapter notre culture, nos process, aux enjeux du digital et en particulier à l’enjeu de vitesse et d’agilité. Le terme “Test & Learn” est devenu un cliché dans toute discussion sur le digital. Et pourtant, c’est un vrai défi. Peu d’entreprises ont dans leur ADN cette idée de tester des pilotes, en quelques mois, voire quelques semaines, pour éventuellement abandonner l’idée si elle n’est pas porteuse. Oser essayer et risquer l’échec, c’est la clé ! »

 

Une démarche qui rejoint celle d’Etienne Bourdon, Chief Digital Officer du groupe APRIL : « L’évangélisation ne se fait pas avec des slides et des incitations, mais grâce à des projets et des démonstrations concrètes. »

 

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