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Salons Santé Autonomie : Big Data, Business Intelligence, Serious Games… Bienvenue dans l’hôpital 2.0

Econocom 1 Juin 2015

Salons Sante Autonomie

C’est sur ces mots de la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes que se sont ouverts les salons Santé Autonomie, à Paris, les 19, 20 et 21 mai derniers. Objectif de l’évènement : réunir les professionnels de la santé autour de plusieurs problématiques. Parmi les différents focus métiers, Health-ITExpo, un espace dédié à la transformation des usages liée au digital. Hôpital numérique, big data, sécurité des données… La révolution digitale est en marche et offre aux établissements de santé de véritables opportunités pour optimiser leur gestion et améliorer le parcours patient. Tour d’horizon avec des acteurs rencontrés sur place.

 

Salons Santé Autonomie

LA DATA, au cœur de la transition vers l’hôpital numérique

Les hôpitaux génèrent énormément de données, des données liées à la santé, évidement, mais aussi des données financières ou administratives. Le premier défi des DSI des établissements de santé est donc souvent d’homogénéiser le format de ces datas de manière à pouvoir les exploiter par la suite.

Pour cela, l’apprentissage automatique (machine learning) et l’informatique décisionnelle (business intelligence) pénètrent les couloirs des hôpitaux. Dans un contexte d’optimisation des coûts et de recherche de compétitivité, les établissements de santé sont de plus en plus nombreux à mettre en place des plateformes décisionnelles, c’est-à-dire des logiciels permettant de structurer et d’organiser les données et de mettre en place des indicateurs de suivi qui peuvent aider à faire les meilleurs choix stratégiques et organisationnels.

C’est le cas par exemple de l’hôpital Saint-Joseph à Paris qui, grâce à un outil d’analyse des données, a réduit le temps d’attente de ses services d’urgences et optimisé le taux d’occupation de ses lits.  Christine Berthelier, Contrôleur de gestion à Saint-Joseph explique :

« L’hôpital n’est que partiellement prévisible. Il est très difficile de prévoir le nombre de patients, l’activité, les différentes pathologies. C’est pour ça que nous avons besoin d’indicateurs de suivi pour prendre les bonnes décisions. Cela peut aussi bien concerner la gestion que l’optimisation du parcours de soin du patient. L’objectif final est toujours d’améliorer le service rendu. »

Si l’hôpital Saint-Joseph a été équipé par Microsoft, les géants de l’informatique ne sont pas les seuls sur le marché. A Lyon, PSIH conçoit et développe des logiciels et modules de pilotage permettant d’analyser les données en direct. Plusieurs établissements de santé ont connecté BI Query, un outil de requêtage ad hoc destiné à les aider à améliorer leur gouvernance grâce à des tableaux de bord faciles à prendre en main.

 

BI Query de PSIH

BI Query de PSIH

 

Mais l’informatique décisionnelle peut aussi aller beaucoup plus loin. On parle ainsi parfois de « watsonisation de la santé », du nom du programme d’intelligence artificielle d’IBM. Plusieurs projets ont déjà été entamés comme à l’hôpital Bumrungrad de Bangkok ou à la Mayo Clinic où Watson vient faciliter l’orientation des patients vers des essais cliniques. Interrogé par DSIH, Pascal Sempé, directeur Business développement chez IBM France s’est exprimé sur la place que pourraient prendre ce type d’outils d’aide à la décision :

« L’arrivée de Watson va probablement modifier la place traditionnellement accordée aux experts. Quoiqu’il en soit, les médecins auront la capacité d’accéder à beaucoup plus d’informations. Watson va augmenter leur capacité d’analyse et les aider à mieux appréhender les champs du possible. »

 

Lutter contre les risques informatiques

Avec la question des données vient celle de leur protection. Selon la revue du MIT, la sécurisation des données hospitalières sera sans doute le combat de 2015. A l’heure où les cyber-attaques sont en recrudescence, il est nécessaire que les personnels de l’hôpital prennent conscience des risques potentiels.

 

Salons Santé Autonomie

Atelier Cyber-attaques, le mal informatique du 21ème siècle avec Anne Dorange et Serge Priso, du groupe Econocom

 

 

Les actes malveillants peuvent prendre plusieurs formes : vol de données, phishing, backdoor, attaque par brute force, spyware ou abus de privilèges. Ils ont pour conséquence la perturbation des systèmes d’information, l’extraction (de données ou d’argent) ou la manipulation avec l’ajout ou la suppression d’informations clés.

 

Pour Cédric Cartau, Responsable Sécurité Système d’Information (RSSI) du CHU de Nantes, interviewé par Technologies & Innovations hospitalières, l’enjeu majeur de la cyber-sécurité concerne l’intégrité de la donnée, dans un système d’information protégé contre les attaques et dysfonctionnements. En milieu hospitalier, une information erronée peut en effet avoir des conséquences dramatiques : administration d’une mauvaise dose de médicament à un patient ou panne système ayant des conséquences sur la sécurité des malades.

« A ce jour, le coût de la sécurité informatique est estimé à environ 7% du budget SI d’un établissement. Bien sûr, ce chiffre peut varier considérablement en fonction de l’âge et de la maturité du SI, mais aussi de la sensibilisation des acteurs de la décision. »

 

Serious games : l’hôpital s’amuse

Sur une note plus légère, on trouvait également à Health-ITExpo plusieurs studios de création de jeux vidéo. Voilà en effet plusieurs années que les serious games, ces jeux vidéo à vocation pédagogique, ont pénétré l’univers de la santé. Nous avons pu rencontrer le studio CCCP qui présentait une de ses dernières réalisations, le Secret de l’Amarante.

Le secret de l'Amarante

Cette BD interactive qui s’adresse aux patients et à leur famille a été imaginée pour prévenir les maladies nosocomiales. On y suit Zoé, une petite fille venue rendre visite à son grand-père. Guidée par une aide-soignante, Alice, elle découvre en même temps que le joueur plusieurs conseils visant à éviter les risques d’infection. Le jeu est actuellement déployé au CHRU de Lille, un hôpital équipé de terminaux multimédia depuis plusieurs années.

 

Un peu plus loin, la start-up Dowino présentait GlucoZor, un jeu réalisé pour le prestataire de santé DinnoSanté et l’AJD, l’Aide aux Jeunes Diabétiques. Il s’agit ici de s’occuper d’un petit dinosaure souffrant de diabète en le nourrissant, le divertissant et en surveillant son taux de glycémie. Destinée aux enfants, l’application vise à les informer, les accompagner et les responsabiliser. Promu auprès des médecins qui peuvent ainsi le conseiller à leurs jeunes patients, le jeu est disponible gratuitement sur Google Play où il rencontre déjà un certain succès.

 

 

#Digitalforallnow à l’hôpital ? Le mouvement est déjà en marche !  Pas de doute,  l’hôpital est entré dans la course du numérique pour tous : avec l’essor sans précédent des technologies numériques, les établissements de santé peuvent développer des systèmes d’information toujours plus performants et proposer à leurs patients un parcours plus fluide dans lequel ils sont mieux pris en charge, mieux informés… et même divertis !

 

Pour aller plus loin : 

Santé, le meilleur des mondes avec les Big Data

Repousser les murs de l’hôpital… à coups de tablettes !

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