Digital for all now

Sébastien Enderlé : « Le Cloud, c’est consommer l’informatique à la demande »

Sébastien Enderlé 12 Jan 2015

« Le cloud », ou cloud computing, cette technique qui consiste à utiliser des serveurs et capacités de stockage externes dans le réseau pour traiter ou conserver l’information : tout le monde en parle, notamment dans la presse spécialisée. Mais, concrètement, de quoi s’agit-il ? Sébastien Enderle, PDG d’ASP Serveur (acquis en 2014 par Digital Dimension, nouvelle filiale du groupe Econocom, créée il y a tout juste un an) et digital maker au quotidien, nous explique pourquoi et comment « le cloud » fait passer un cap aux organisations. Entretien.

 

Qu’est-ce qu’un digital maker aujourd’hui, selon vous ?
C’est avant tout être un acteur à part entière de la transformation digitale : faciliter l’accès au digital et aux solutions de mobilité aux entreprises performantes… pour qu’elles continuent à l’être !

 

Quel est le potentiel du cloud dans les organisations aujourd’hui ?

 

Le premier avantage : une économie structurelle très forte, estimée à près de 40% sur les postes de dépense IT des entreprises d’après Gartner et d’autres instituts d’études.

 

Le second point avantageux, c’est le passage d’un mode CAPEX à un mode OPEX, c’est-à-dire un mode d’investissement en locatif pour l’entreprise, ce qui est beaucoup plus intéressant pour elle [NDLR – Dans le langage comptable, OPEX correspond aux dépenses d’exploitation, CAPEX aux dépenses d’investissement] !

 

« Le troisième avantage, c’est l’agilité : il devient possible pour une entreprise de réduire ou d’augmenter le périmètre IT, en adaptant les coûts afférents. Par exemple, une entreprise qui travaille essentiellement en site marchand va voir son activité décupler pendant la période des fêtes : elle a donc, à ce moment précis, besoin de beaucoup de ressources. Consommer l’informatique à la demande, selon ses besoins : le cloud rend cela possible aujourd’hui. »

 

Malgré ce potentiel, notre baromètre du numérique 2014 révèle que 46,3% des entreprises de l’industrie n’ont aucun projet prévu en matière de cloud. Comment initier le changement selon vous ?

 

Beaucoup d’analyses montrent en effet que les entreprises françaises sont assez frileuses à ce sujet. Souvent, elles ne croient pas en la maturité de la technologie, peut-être à cause d’un problème de normes, ou plutôt de manque de normes, qui pose des questions sécuritaires.

 

Un aspect psychologique joue aussi comme frein : les entreprises aiment avoir tout chez elles, car cela leur donne l’impression de mieux maîtriser leur parc informatique, ce qui est souvent… faux.

 

Comme vous le soulignez, la question de la sécurité inquiète beaucoup. Comment rassurer la population ?

 

Il faut évangéliser : informer et, ensuite, développer des moyens à même de démontrer, via des organisations indépendantes ou des normes de sécurité, que l’on peut retrouver plus de sécurité dans le cloud que dans tout autre dispositif.

 

« Des intrusions dans un data center comme le nôtre, c’est bien simple : il y en a…zéro. »

 

Par exemple, beaucoup d’entreprises externalisent chez nous et passent à des taux de 99,99% de sécurité ! Nous faisons réaliser cette mesure par des organismes indépendants, nous évaluons aussi annuellement le taux d’intrusions réussies dans nos systèmes. Et des intrusions dans un data center comme le nôtre, c’est bien simple : il y en a…zéro.

 

Sur la disponibilité, élément essentiel lié à la sécurité, il faut savoir que nos serveurs sont accessibles à 99,998% – c’est un autre élément important de notre service.

 

Quels dispositifs sont les plus efficaces pour protéger les données dans le cloud ?

 

Sans hésiter, je dirais l’information ! Souvent, c’est le facteur humain qui est le plus problématique sur les questions de sécurité car, aujourd’hui, n’importe quel opérateur cloud a forcément de nombreux systèmes de sécurité physiques : une isolation logique, anti DdoS (attaques informatiques ayant pour but de rendre indisponible un service ou d’empêcher son utilisation), des firewalls, et des systèmes de prévention d’intrusions. Ce qu’il faut avant tout, c’est sensibiliser les équipes.

 

Les exemples de fuites ne manquent pas, comment s’y prend-on pour sensibiliser efficacement ?

 

Il faut déjà ne pas oublier que l’externalisation informatique est un métier et que ça ne s’improvise pas. Nos employés ont été formés à cette profession et le sont encore ! Donc nous proposons, avant toute installation, une phase de conseil en amont. On évangélise, on explicite les choses, avant d’entrer ensuite en mode projet, où des ingénieurs consultants aident à la conduite du changement lors de la première phase d’exploitation.

« Nous proposons, avant toute installation, une phase de conseil en amont. On évangélise, on explicite les choses, avant d’entrer ensuite en mode projet. »

L’accompagnement est aussi très important. Nos équipes peuvent être sollicitées en permanence, nos clients peuvent ainsi avoir accès à des ingénieurs spécialisés qui vont les conseiller sur les évolutions, les problématiques futures et leur faire des propositions adaptées.

 

Pour pouvoir profiter au maximum des promesses du digital et du cloud, il faut être équipé dès le plus jeune âge. Quelle importance les écoles doivent-elles donner au matériel aujourd’hui ?

 

Je pense d’abord qu’il est fondamental qu’il y ait un apprentissage et des niveaux d’équipements décents, et cela dépend pour partie des académies. Il faut en tout cas miser sur l’équipement quand on sait l’avance prise par d’autres pays en la matière. Heureusement en France, les écoles d’ingénieurs, nous travaillons d’ailleurs avec certaines d’entre elles, sont bien équipées et très au fait de ce qui se pratique.

 

Pour vous, qu’est-ce que le « digital for all now » ?

 

Ce serait : « comprenez que l’avenir de la performance de votre entreprise, c’est le cloud », comprenez qu’il faut absolument aller vers ces technologies car elles permettent un gain en performance économique et un gain en performance tout court, les deux étant stratégiques !

 

 

Pour approfondir – Le baromètre du numérique 2014 :
•    Synthèse, analyse et infographie
•    Infographie directement

 

Crédits photo : Tal ETouch (Flickr, licence CC by 2.0)

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