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Travail mobile en France : comment résoudre le casse-tête chinois ?

Econocom 30 Oct 2014

La mobilité du travail est une tendance structurante de l’économie mondiale. Mais en France, la réalité tarde à prendre forme. Les entreprises mettent-elles les bons outils à disposition de leurs salariés pour qu’ils puissent efficacement travailler à distance, et en toute sécurité ? Quel est le meilleur terminal pour exercer ses fonctions loin de ses bureaux, parfois dans des conditions extérieures particulières ? Le salon Mobility For Business, qui se tenait à La Défense (au CNIT) les 15 et 16 octobre dernier a rassemblé les acteurs du marché, qui ont répondu à ces questions essentielles. Dans leur ligne de mire : des clés pour la croissance via la productivité.

 

La France est à la traîne dans l’organisation de la mobilité dans le travail : le constat était partagé par tous les acteurs rassemblés autour des tables rondes organisées à la Défense. Les chiffres cités par Nicolas Amestoy, Directeur de Schöle Marketing, à propos du travail à distance sont frappants : le « télétravail institutionnel, réalisé en accord avec la société, sur une ½ journée ou une journée, ne concerne que 13% des salariés, contre une moyenne de 30% dans les autres pays européens. »

 

Hors du bureau, point de boulot ? Le « présentéisme » serait-il un mal spécifiquement français, alors que l’évolution prévue du marché du travail va vers la normalisation de la mobilité (on estime que, actuellement, déjà quelque 25% des salariés français sont « mobiles » ou « nomades » de par leur activité) ? Notre pays serait-il particulièrement enclin à considérer qu’un salarié éloigné de son « poste de travail » serait moins efficace, moins concentré sur sa mission ou travaillerai en dilettante ?
Olivier Louis, CEO de Yatoo, ne croit pas à un archaïsme des mentalités françaises, il pointe plutôt du doigt le manque d’outils adaptés. Car, en effet, transporter le bureau hors du… bureau se révèle une tâche complexe :

 

« Lorsque l’on a besoin de travailler en dehors de son bureau, la première démarche est de savoir prendre son ordinateur et les outils dedans. Or il est compliqué d’emporter l’entreprise avec soi. »

 

Les esprits sont prêts, c’est la mise en œuvre qui est complexe

Que doivent donc fournir les entreprises à leurs salariés pour qu’ils puissent tirer tous les bénéfices du travail en mobilité ? Claude de Soussa, Directeur des systèmes d’information chez CBRE et membre du Club Décision DSI, qui travaille notamment avec des groupes immobiliers et leurs commerciaux (nomades dans l’exercice de leurs fonctions), insiste sur l’importance de la réactivité et de la maturité des équipements :

 

« Les systèmes d’information sont challengés par les nouveaux usages : on souhaite retrouver n’importe quelle information, n’importe quand sur n’importe quel appareil. L’innovation vient des utilisateurs. À nous de leur proposer un usage pour travailler dans l’environnement adéquat en s’interrogeant sur les applis, les appareils, et les technologies nécessaires. Et rapidement. L’utilisateur est en attente de solutions, il faut être réactif et lui donner des outils matures qui lui permettent de mener à bien son activité avec ces données. »

 

Le mot est passé : pour bien exercer leur travail loin de leurs bases, les salariés doivent bénéficier de l’équipement adéquat. La démocratisation des terminaux numériques est aujourd’hui telle que ce n’est pas (plus) un problème. Pour Olivier Louis, l’outil idéal existe même déjà : c’est la tablette PC.

 

« Elle est parfaitement adaptée au travail au bureau ou en mobilité, chez soi avec clavier ou en mode tablettes. En tant que travailleur, j’ai là tous les outils en mains, sans aucun besoin de réseau pour être efficace. »

« A chacun selon ses besoins » : tablette PC pour tous !

 

Cet outil existe depuis des années mais son usage professionnel était jusqu’à présent réservé aux cadres. Pierre-Antoine Robineau, Category Manager, chef de produit mobilité professionnelle chez HP raconte :

 

« En 2010, les tablettes tactiles ont débarqué mais essentiellement par le haut de l’entreprise, les cols blancs (exécutifs, managers, cadres). Ce fut un outil compagnon du PC classique, un super assistant plus pratique car plus rapide, plus moderne et, surtout, plus mobile. Depuis 2013, les tablettes ne se limitent plus à ces cols blancs, elles viennent en remplacement pour concentrer l’usage via un produit deux en un : la tablette PC. Les cols bleus se retrouvent ainsi équipés et l’on observe alors une transformation des processus métiers. Les corps de métiers se demandent comment ils vont pouvoir utiliser les nouveaux terminaux et tout ce qui va autour, comme l’univers applicatif, pour rendre leur métier plus productif et plus efficace. Donc on doit revoir nos conceptions et nos gammes de terminaux. »

 

Adaptée à la plupart des métiers, la tablette-PC nécessite forcément un complément pour certaines tâches comme appeler, prendre des notes rapidement, faire des relevés linéaires, consulter des notices… Une simple tablette, avec ou sans stylet selon le degré de précision souhaité, et/ou – évidemment – un téléphone, font alors l’affaire. Pour les métiers dits de mobilité outdoor, avec des employés confrontés aux pluies, au froid, à la poussière, le casse-tête du choix du terminal est réel.

 

Utilisateurs, directions métiers, DSI, acheteurs, clients : le match

 

Avant, les terminaux durcis paraissaient l’outil idéal. Aujourd’hui, les smartphones deviennent des concurrents sérieux. David Pronier, Régional manager Southern Europe chez Motion Computing, met un bémol à l’effet de mode « tout smartphone » :

« Il y a 17 ans, les terminaux durcis pesaient près de trois kilos, étaient plutôt vilains, avec une capacité de stockage ridicule et des communications non intégrées. Alors qu’aujourd’hui le magnésium remplace l’acier, les formes ne sont plus les mêmes, les technologies ont largement évolué. »

« Mais les clients peuvent opter pour un smartphone grand public », rétorque Arnaud Lançon, Directeur Associé en charges de solutions mobiles chez KNK.
Alors, que choisir ? Et qui va choisir ? Le débat est là, la difficulté étant de satisfaire les utilisateurs, les directions métiers et les DSI et les acheteurs. Avec en point de mire la productivité. Pour Philippe Teissier, Directeur marketing chez Plantronics, la solution réside dans l’ergonomie et le placement de l’utilisateur au centre des réflexions.

 

« Il faut avoir dans la comité de pilotage des représentants de l’utilisateur qui vont émettre des avis sur les aspects ergonomiques de l’outil. Lorsque l’on mesure le retour sur investissement d’un projet d’équipement en terminaux, on constate que si ça ne marche pas, ce n’est pas à cause d’un problème technique ou de choix technologique mais du fait que l’ergonomie de la solution proposée à l’utilisateur ne correspondait pas à ses attentes. Du coup, il n’adhère pas au projet et continue de fonctionner comme il le faisait auparavant. » Les entreprises doivent mettre en œuvre, en accord avec les utilisateurs futurs, une « approche de type maquettage-prototypage » poursuit Philippe Teissier.

 

Les infrastructures, un temps d’avance sur les mentalités ?

 

Agir en amont est donc nécessaire mais pas suffisant. Une fois le terminal et ses technologies choisis, comment l’utiliser ? Que mettre dedans ? Et comment s’en servir quand le réseau Internet ne tourne pas rond ?
Les études montrent que les applications métiers arrivent en queue de wagon sur un terminal derrière les mails, l’agenda, les contacts, ou les réseaux sociaux. L’entreprise est – légitimement – soucieuse de disposer d’une sécurité maximale des données circulant à l’extérieur de ses bureaux, ce qui ralentit forcément le processus de mutation vers un travail plus mobile. Au même titre que la couverture réseau, inégale aux quatre coins de la France ?

Pour Claude Soussa, ce sujet n’en est plus un :

 

« Les réseaux sont matures. Le Wifi est présent presque partout. Sans parler du Lifi, le wifi par la lumière, qui se développe. Les utilisateurs comme les techniciens de maintenance ou les chefs de chantier bénéficient donc de toutes les applications sur tous leurs appareils. »

 

S’il est difficile aujourd’hui de mesurer l’impact de la 4G et le Cloud sur le travail en mobilité, Nicolas Amestoy affirme que ces technologies « vont évidemment se démocratiser. Il faudra cependant davantage de souplesse dans le monde de travail, notamment vis-à-vis du télétravail, pour que la situation évolue significativement. »

 

Agilité mentale comme technologique : une piste-clé pour que les promesses du digital se réalisent pour tous dès aujourd’hui.

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