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#Twictée : la dictée est entrée dans l’ère digitale !

Econocom 27 Mar 2015

Connaissez-vous les twittclasses, dans lesquelles les enseignants utilisent le réseau social de « microblogging » Twitter comme outil pédagogique et pratiquent la twictée, dictée interactive en moins de 140 caractères ? Cette méthode ne vise pas seulement à familiariser tous les enfants avec des outils digitaux mais permet de mieux s’appuyer sur les usages individuels des jeunes générations pour susciter plus d’envie d’apprendre, et de les faire progresser rapidement grâce à une réflexion collaborative sur leur orthographe.

 Twictée et tablettes à l'école numérique

 

 

La twictée, comment ça marche ?

 

La twictée commence comme une dictée traditionnelle. Le professeur dicte une phrase de moins de 140 caractères (le format d’un tweet), qu’il a préparée avec ses collègues des autres twittclasses. Les écoliers l’écrivent sur leurs cahiers puis sont répartis en petits groupes pour se concerter sur l’orthographe de chaque mot. Ces groupes sont ensuite chargés de retranscrire leur phrase sur la tablette ou l’ordinateur de la classe, et de l’envoyer en message privé Twitter à leur twittclasse partenaire. C’est cette seconde twittclasse qui procède à la correction, qu’elle publie sous forme de #twoutils : des justifications orthographiques rédigées sous forme de tweets.

 

Twictée : les #twoutils

Tablettes à l'école

 

C’est un professeur des écoles, Régis Forgione, et un enseignant spécialisé, Fabien Hobart, qui ont eu l’idée de la twictée. Si associer les élèves à leur propre évaluation présente un intérêt pédagogique certain, ces micro-dictées contribuent également à former les enfants à l’usage des outils digitaux puisqu’ils doivent dompter « retweets » et « hashtags », et maîtriser claviers tactiles ou tableaux numériques interactifs. C’est également l’occasion pour eux de réfléchir à leur identité numérique et à la question des données personnelles. Certaines classes, comme celle d’Alexandre Acou, choisissent d’ailleurs de rédiger et de signer des chartes de publication.

 

Charte de publication de la classe d'Alexandre Acou

 

La twictée transforme les pratiques pédagogiques en diversifiant les situations d’apprentissage. L’utilisation de Twitter et des outils numériques permettent de développer chez les enfants une relation au savoir plus interactive et plus stimulante.

 

> A lire aussi : Pierrick Petillon : « Les tablettes à l’école transforment totalement la place de l’enseignant dans la classe »

 

Coulisses d'une twictée

 

Christelle Prudon, enseignante dans une twittclasse de CM1 du Val-de-Marne, se ravit de l’enthousiasme de ses élèves :

« Ils crient « hourra ! » dès que j’annonce une twictée. Ils sont acteurs de leur apprentissage. Et quand ils se font retweeter par une autre classe, alors là, ils adorent.  »

Apprentissage de l’orthographe, qui ne rime plus avec labeur, et solidarité vécue avec enthousiasme par le travail collaboratif : la twictée est pleine de promesses pour aujourd’hui ! Mais cet exercice, et la méthode pédagogique 2.0 sur lequel il s’appuie, requiert des outils adaptés – à minima des tablettes ou ordinateurs mis à disposition des élèves. L’équipement des écoles ne doit donc pas être considéré comme un sujet « d’outillage », accessoire, et les obstacles qui se dressent sur sa route doivent être levés.

 

L’innovation de la twittclasse révèle le visage Digital Maker des enseignants et de tout le personnel pédagogique impliqué, acteurs d’un changement qui ne peut attendre demain. Pour mener ce combat républicain d’égalité des chances, pilier de l’Education nationale,

faisons connaître leurs initiatives ! Le mouvement Digital for all now est (aussi) à leur service.

 

 

> Pour aller plus loin :
En Seine-Saint-Denis, le numérique a investi les collèges pour un « choc éducatif »
L’école est morte, vive l’école : reportage au lycée général et technologique Sainte Marie

 

Crédit photo : Darren Barefoot – Twitter Birds, Close Up (Flickr.com / Licence CC BY-NC 2.0)

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