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Véronique di Benedetto : « Au cœur de la crise, les entreprises qui s’en sortent sont celles qui ont entamé leur transformation digitale »

Econocom 17 Nov 2014

Le jeudi 6 novembre dernier, un parterre de chefs d’entreprises s’est amassé dans la nef sous la place de la Bourse à Paris. Un rassemblement à l’initiative de GE Capital, filiale du groupe américano-canadien General Electric basé à Fairfield dans le Connecticut. L’objectif : mettre en valeur les raisons de croire à un nouvel élan économique en France.

Positivisme et opportunités étaient donc les mots d’ordre de la matinée, malgré l’environnement économique morose en France .

« L’entreprise est compétitive, l’économie française ne l’est pas ! » scandait l’économiste Marc Touati.

Et les occasions sont bel et bien là.

Les crises : des phases d’opportunités à saisir

« Les crises sont toujours des phases d’opportunités, affirme ainsi l’économiste. Celui qui regardera vers l’avenir et innovera ne sera pas forcément gagnant à court terme mais il sera sur la bonne voie. Nous avons malheureusement récolté le fruit de système des Subprimes américains où l’on faisait miroiter de faibles risques pour de forts gains. Aujourd’hui on dit que la crise devrait être derrière nous et on voit que la croissance mondiale hors inflation frise les 3,5%. Sauf pour la Zone Euro . Alors que fait-on? »

Pour Véronique Di Benedetto, Directrice Déléguée d’Econocom en France, c’est sur la valeur ajoutée et la compétitivité apportées par le numérique qu’il faut parier pour assurer un renouveau des modèles et de l’offre, vecteurs d’une croissance vive et durable :

« Le système a changé et nous sommes désormais dans une économie de « l’expérience »centrée sur le client . Il faut s’en réjouir et tenir compte de quelques points clés. Le client n’accepte plus de payer cher pour un produit sans valeur ajoutée. Il veut quelque chose d’unique, de facile ( intuitif) et de personnalisé. Il souhaite vivre une expérience qui lui est propre. A nous de la lui fournir. Pour y arriver l’entreprise doit accélérer la collaboration entre tous les savoir faire internes, les clients et tout son écosystème. L’économie devient collaborative et l’entreprise étendue, en particulier grâce aux réseaux sociaux. C’est un levier formidable d’innovation et les nouvelles technologies y contribuent largement. »

Preuve à l’appui pour celle qui plaide pour le digital pour tous, maintenant :

« Voyez par exemple, les mobinautes regardent jusqu’à 150 fois par jour leur smartphone. Mais seulement 15% des entreprises ont développé une application mobile. Pourtant les entreprises qui investissent dans leur transformation digitale accusent des taux de croissance 3 à 6 fois plus importants que les autres.Cette mutation est possible pour toutes les entreprises. Le numérique est un vecteur de compétitivité et de différenciation indéniable. »

 

Tirer les grandes leçons des petites start-up innovantes

Le digital serait-il alors un développement incontournable pour les entreprises ? Ce qui est évident, c’est que celles qui ont mis en œuvre leur transformation tirent désormais mieux leur épingle du jeu, pendant que d’autres se trouvent parfois en péril face à l’émergence de nouveaux acteurs nés avec le digital.

« Au lieu de s’adresser aux entreprises qui proposent un service donné, le consommateur a de plus en plus tendance à s’adresser directement au service, insiste Véronique di Benedetto. C’est le risque de la desintermédiation. Regardez Airbnb qui desintermédie le secteur hôtelier, Uber avec les taxis, et même l’éducation sera touchée avec par exemple les MOOC de la Khan Academy [Ndlr : enseignements de qualités via des conférences, des cours magistraux, etc, diffusés par voie numérique]. Les entreprises doivent en tirer les leçons et se réinventer pour repenser leur offre. Toutes les entreprises demain seront techno et business. »

Des exemples qui ont fait mouche ces dernières années, mais le modèle peut-il s’appliquer à toutes les entreprises ?

Pour Marc Touati, tout est une question d’état d’esprit :

« Pensez produits et services, pas l’un ou l’autre, les deux. Ce savoir-faire, il faut le faire savoir. Investissez dans la R&D, innovez ! »

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