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Le Village by CA : découverte d’un lieu qui fait naître l’innovation !

Econocom 25 Avr 2016

C’est rue de la Boétie à Paris, en plein quartier des affaires, qu’est installé Le Village by CA, la pépinière de start-up innovantes du Crédit Agricole. Inauguré en octobre 2014, il accueille aujourd’hui plus d’une centaine de jeunes pousses sur plus de 4 500 m2.  Son objectif ? Favoriser l’émergence de projets innovants et donner naissance à de véritables pépites…  Et ça marche ! En un an, les start-up du Village ont levé près de 35 millions d’euros. Une dizaine d’entre-elles, comme Early Birds, un service de marketing prédictif omnicanal, ou Sharepay, une carte de paiement permettant de débiter des comptes différents, figurent même au classement Challenge 2016 des 100 start-up dans lesquelles investir.

 

Nous avons rencontré Fabrice Marsella, le « maire », sur la place du Village, véritable centre névralgique, ouvert 24h/24 et 7j/7, où les synergies se créent dans une ambiance à la fois conviviale et productive. Visite guidée.

 

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La place du Village

Le Village, c’est une véritable communauté, qui regroupe près d’une centaine de start-up pour des cycles d’accélération d’une durée de 23 mois. Pour les accompagner dans leur développement commercial et les aider à grandir, tous les outils opérationnels indispensables à leur croissance sont mis à leur disposition.

 

Exemple avec la levée de fonds, une phase essentielle dans la vie d’une jeune pousse. Au Village, les entrepreneurs peuvent être mis en contact avec des business angels qui, non seulement les aident à mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette étape cruciale, mais partagent aussi avec eux les bonnes pratiques qui les aideront à augmenter leurs chances de succès. Les créateurs de start-up peuvent également échanger avec des experts-comptables, des avocats et, bien sûr, des entreprises ayant déjà passé ce cap. « Le monde des start-up est communautaire et donc propice au retour d’expérience », explique Fabrice Marsella.

 

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Les entreprises incubées peuvent aussi s’entraîner à répéter leur pitch dans le vaste auditorium du Village. « Lorsqu’elle souhaite lever des fonds, une start-up dispose de 5 minutes pour convaincre, précise le maire du Village. Par conséquent, pour être le plus percutant possible, il vaut mieux être entraîné! »

 

De l’agriculture à l’agroalimentaire, en passant par l’énergie, la santé et bien sûr la FinTech et l’AssurtTech, tous les secteurs sont représentés. Et les profils des jeunes pousses sont variés. Si toutes ont entre 6 et 36 mois d’existence, certaines sont en train de « pivoter » pour s’adapter à la réalité du marché tandis que d’autres ont déjà des clients. « Nous allons bientôt accueillir une start-up qui est déjà passée par le NUMA et Paris&Co, indique Fabrice Marsella. Elle arrive au moment où nous allons pouvoir l’accélérer et lui trouver du business et partenariat. »

 

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Dans tous les cas, les start-up qui rejoignent le Village doivent être suffisamment matures pour pouvoir dialoguer avec les grands groupes. Car la mise en relation des jeunes pousses avec un tissu de PME et de grandes entreprises en recherche d’innovation est l’un des enjeux principaux du lieu. « Un grand groupe met à peu près deux ans pour se décider, tandis qu’une start-up met en général deux ans pour se développer. Ce sont des délais qui ne permettent pas toujours de faire les croisements nécessaires, analyse Fabrice Marsella. Notre ambition, c’est de rendre ces cycles compatibles et de créer les hybridations permettant aux uns et aux autres d’être inspiré, de se développer et de créer de nouvelles offres. »

 

 

« L’innovation nait du croisement de différents regards » 

Aux côtés du Crédit Agricole, plusieurs grands partenaires participent au projet, certains dans le domaine technologique, comme Microsoft, IBM ou Hewlett Packard et d’autres dans des secteurs très différents come Sanofi, Sodexo ou encore Engie. Leur point commun ? Une volonté de se rapprocher de structures innovantes et de s’ouvrir à l’écosystème.

 

Tous ont désigné un « référent Village » qui vient régulièrement – une ou deux fois par semaine – à la rencontre des jeunes pousses. Autre point important : chaque partenaire participe à la sélection des start-up bénéficiant du programme. En effet, pour le maire du Village : « C’est le croisement des différents regards qui permet d’aller détecter des pépites sur tous les secteurs. »

 

L’accompagnement financier n’est pas systématique et dépend des enjeux des différents partenaires. Chacun parraine cependant une ou plusieurs start-up, en ouvrant par exemple son comité de direction pour permettre aux jeunes entrepreneurs de pitcher devant les bons interlocuteurs, toujours dans une perspective d’accélération.

 

Pour les start-up, côtoyer des grands groupes, permet de bénéficier d’un terrain de jeu et d’expérimentation qui leur permet de booster leur développement.  Mais, au-delà de la collaboration avec les jeunes pousses, pour le Crédit Agricole, le Village est aussi l’opportunité de créer des think tanks avec des grandes entreprises avec lesquelles ils n’avaient pas de contact auparavant. « La Fédération du Crédit Agricole est installée dans la même rue que Sanofi depuis des années, explique Fabrice Marsella. Mais, avant la création du Village, nous n’avions jamais dialogué. »

 

 

« La transition digitale, c’est aussi s’acculturer à un monde qui évolue »

Les exemples de collaborations fructueuses ne manquent pas. Le premier porte sur le crowdfunding. Si le Crédit Agricole a d’abord suivi le phénomène de loin, il ne s’y est vraiment intéressé que quand il a accueilli au sein du Village Miimosa, une plateforme visant à financer des projets du monde agricole. Aujourd’hui, les deux entreprises se sont associées pour proposer une nouvelle offre innovante.

 

« Le Village est un outil qui permet de faire bouger les lignes et d’aller sur des terrains de jeux différents de ce que nous avons l’habitude de faire. »

 

Autre exemple avec Data&Data, une start-up qui identifie en temps réel les contrefaçons de luxe sur les médias sociaux. « A priori, rien à avoir avec nos problématiques, indique Fabrice Marsella. Mais Data&Data est en train de se développer dans les domaines de la santé et des vins et spiritueux, des secteurs qui sont très importants pour nousNous réfléchissons donc ensemble à la façon d’avancer sur ces sujets. »

 

L’innovation apportée par la collaboration avec les start-up ne porte pas uniquement sur les offres, elle touche aussi aux process du groupe. La solution de Coxibiz, qui fait du recrutement par challenge pour évaluer les candidats sur leurs compétences, est ainsi testée auprès des RH du Crédit Agricole.  Quant à Mobile-Spot, un expert en géolocalisation indoor qui équipe déjà les allées du Printemps Haussmann, il permet aux salariés du Crédit Agricole de Saint-Quentin-en-Yvelines, et bientôt à ceux de Montrouge, de pouvoir se repérer facilement dans un campus immense.

 

« Le Village est un lieu d’expérimentation de nouvelles organisations. Nous tendons à un modèle horizontal où chacun est susceptible de contribuer à l’aventure, dans un esprit d’intrapreneuriat. »

 

Enfin, Video Telling, spécialiste des vidéos explicatives courtes et animées, a réalisé la vidéo de présentation du Village avant même que le projet ne prenne vie. « A l’époque, nous exprimions peut-être moins bien le concept qu’aujourd’hui puisque nous ne l’avions pas encore vécu, se souvient Fabrice Marsella. Mais quand je la regarde maintenant, je me dis que c’est une vraie vidéo d’anticipation. » Aujourd’hui, Video Telling travaille avec tous les grands partenaires du Village mais aussi avec de nombreuses jeunes pousses présentes sur place… Et est passée d’un effectif de deux personnes à près d’une dizaine.

 

 

« tout est fait pour raccourcir les circuits et concentrer les évènements intéressants »

Le Village, ce sont aussi 800 évènements par an. Ils sont initiés aussi bien par les start-up, pour un lancement de produit par exemple, car le lieu est idéal pour une conférence de presse, mais aussi par les partenaires. Ainsi, tous les deux mois, Engie organise les « Matinales de l’Innovation » présentées par Erik Orsenna. « La dernière édition réunissait Axelle Lemaire et Gilles Babinet, commente Fabrice Marsella. Pour les start-up qui étaient sur place, c’était l’effervescence ! »

 

Les « habitants » qui ne pouvaient pas être présents lors de l’évènement ont pu écouter l’émission en live ou en podcast sur Radio Village Innovation, un média qui se fait l’écho de la vie du Village mais qui s’ouvre également sur l’extérieur à travers des news, des magazines, des reportages ou des interviews.

 

Le Village de la rue de la Boétie disposera bientôt d’expansions un peu partout en France. En effet, une vingtaine de villages sortiront de terre d’ici 2017, à Lille, Bordeaux, Toulouse, ou Montpellier. « Des chefs d’entreprise, il y en a un peu partout en France, explique Fabrice Marsella. Un entrepreneur toulousain n’a pas forcément envie de venir créer son entreprise à Paris. »

 

Le Village offre déjà une vingtaine de bureaux de passage partout dans le monde, et deux cent mètres carrés au cœur de Manhattan viennent compléter le dispositif. L’idée étant que les habitants d’un Village puissent se rendre dans n’importe quel autre Village de France ou dans n’importe quel bureau de passage à l’international. Pour le maire, c’est la « force du modèle et l’avantage d’appartenir à un grand groupe. »

 

Que se passe-t-il quand s’achèvent les 23 mois du cycle d’accélération des start-up du Village ? Une nouvelle forme de relation se noue. Le Village propose une association des anciens, ouverte à toutes les start-up qui le souhaitent et qui permet aux fondateurs de continuer à profiter de la place du Village. A travers cette association, les entrepreneurs peuvent également diner régulièrement avec des cadres dirigeants ou louer certains des espaces à tarif préférentiel.

 

Et, pour prendre la relève, les jeunes pousses se bousculent. En 18 mois, le Village a reçu plus de 1 000 candidatures.  « Il y a une vraie demande, se félicite Fabrice Marsella. Le Village est bien ancré dans l’écosystème start-up, c’est devenu un label qualité ».

 

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